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25/06/2007

France Télécom : le financement du paquet fiscal, c'est simple comme un coup de fil !

medium_soldes.jpg

 

Quand je pense que certains ne lui faisaient pas confiance.

Que des esprits particulièrement tordus n'hésitaient pas à mettre en doute sa sincérité.

Boudiou, les salopards !

Les fumiers !

Les sales gauchistes !

 

Rien que d'y songer, ça me fout les nerfs.

C'est bien simple: tout tremblant de rage contenu, je suis.

Pourtant, regardez-là bien :

medium_lagarde.jpg

 

N'inspire-t-elle pas une confiance irraisonnée, cette dame classée en 2006 trentième femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes ?

Non ?

Bon, soyez pas médisants…

 

Reprenons.

La ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi l'avait claironné sur tous les tons.

Pas plus tard que samedi, même : promis, juré, craché, la maîtrise d'un déficit français mis à mal par le paquet fiscal passerait par "la hausse du produit intérieur brut (PIB) et des recettes fiscales tirées par la croissance" et par "une politique de strict contrôle des dépenses publiques couplée à des réformes inédites de modernisation de l'Etat".

 

Compris ?

Hausse du PIB grâce à la croissance.

Recettes fiscales grâce à la croissance.

Contrôle des dépenses publiques grâce à la croissance grâce au sens de l'économie des ministres sarkozystes.

Le tout permettant en théorie de financer un joli paquet (cadeau) fiscal d'au minimum 11 milliards d'euros, promis par le suprême souffleur de clairon à tous ceux qui n'en avaient pas vraiment besoin.

 

Euh… oui, mais bon…

Ça, c'était samedi matin.

Parce que, comment dire…

Les choses ont un peu changé depuis.

 

Samedi après-midi, les crânes d'oeuf de Bercy ont fait chauffer les calculettes, histoire de vérifier une dernière fois leurs additions-soustractions.

Et ils ont commencé à s'inquiéter grave.

Tant et si bien qu'ils ont fini par aller voir la ministre :

 

"Christine, y a comme un blème, là. On a fait et refait tous les calculs : ça colle pas."

"Comment ça, ça colle pas ? ", a fait la femme que tous les cabinets d'avocats d'affaires américains nous envient.

"Ben oui, le truc que t'as dit : paquet fiscal, financement, déficit, tout ça… Ça colle pas."

"C'est pas possible. Et la croissance ? Vous avez pensé à la croissance ? ", a commencé à stresser la donzelle.

"Oui. Même avec une putain de croissance, ça colle pas."

 

Au bout d'un moment, Christine Lagarde a dû se rendre à l'évidence : ça collait pas.  

D'où un léger vent de panique.

En gros : ça commençait à salement refouler la peur et la sueur dans les couloirs de Bercy.

medium_peur_panique.jpg

 

Les craintes se sont heureusement dissipées quand un petit malin a suggéré de tailler un peu dans le patrimoine de l'Etat.

Oh, pas grand-chose : juste 5 % du capital de France Télécom.

Soit un léger matelas de 2,7 à 3,8 milliards d'euros, histoire de voir venir en toute sérénité. Des fois que la croissance et le contrôle des dépenses suffisent pas tout à fait à financer le paquet fiscal…

 

Ça rassure, hein ?

Quand je vous disais qu'on peut lui faire confiance, à Christine.

 

PS : Vous connaissez la meilleure ?

Selon Le Figaro, journal si peu à droite que l'on se dit qu'on peut lui faire confiance pour ne pas surévaluer le coût d'une telle mesure, l'allégement des droits de succession coûtera au minimum à l'Etat 1,2 milliards d'euros en 2008, puis deux milliards supplémentaires en 2009.

Soit 3,2 milliards pour les deux ans à venir.

Surprise : c'est en gros ce que va rapporter la vente de 5 % du capital de France Télécom.

C'est con, hein ?

Penser que la cession de ces actifs va servir à financer la suppression d'un impôt de solidarité payé par seulement 10 % de la population, ça me fout les glandes…

Mais les glandes…

Commentaires

Mais, c'est un grand classique de la gestion "responsable" de droite. Magistralement initiée par Thatcher en GB, poursuivie par ses successeurs et, en dernier par Blair (personne ne lui fera l'injure de penser qu'il est de gauche).
Avec le résultat que l'on sait: la GB n'est pas dans une situation sociale enviable et pourtant, elle bénéficie de la rente pétrolière de la mer du Nord (contrairement à la France, le pétrole lui rapporte plutôt que de lui coûter). Mais cette rente va progressivement s'éteindre et la GB va s'enfoncer dans une crise grave. À l'inverse, la Norvège, a soigneusement capitalisé une grande partie de la rente pétrolière, pour l'avenir, mais la Norvège a un gouvernement de centre-gauche, ceci expliquant peut-être cela.

On commence par diminuer les impôts directs, qui, en principe, sont plus lourds pour les nantis que pour les pauvres.
Pour équilibrer, on dispose de plusieurs techniques. La première, on augmente les impôts indirects (TVA par exemple) qui frappent de façon identiques riches et pauvre, c'est à dire en fait pénalisent le plus démunis (qui dépensent la totalité de leurs maigres revenus et sont donc frappés en totalité).
Puis on diminue les prestations, par exemple, pour l'instruction, avec, comme corolaire, une diminution de la qualité. Par grave, c'est infiniment moins cher pour un nanti de payer l'écolage d'une bonne école privée que des impôts. Pour les pauvres, pas grave de nouveau, s'ils ont une mauvaise instruction, ce n'est que tout bénéfice, ils n'auront pas l'idée de réfléchir et de se mettre à revendiquer et à voter n'importe quoi, par exemple voter pour un "partageux".
On peut aussi vendre les bijoux de famille, les autoroutes, l'industrie gazière (vous allez voir que cela va nous revenir aussi sec), France Télécom, etc.

Et, petit à petit, au fil du temps, on obtient le résultat souhaité: les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvre. Voir l'exemple éloquent de la GB.

Et qui dira: Merci M. Sarkozy: Bouygues, Lagardère, Dassault et Cie.

Écrit par : Julot | 27/06/2007

Mais, c'est un grand classique de la gestion "responsable" de droite. Magistralement initiée par Thatcher en GB, poursuivie par ses successeurs et, en dernier par Blair (personne ne lui fera l'injure de penser qu'il est de gauche).
Avec le résultat que l'on sait: la GB n'est pas dans une situation sociale enviable et pourtant, elle bénéficie de la rente pétrolière de la mer du Nord (contrairement à la France, le pétrole lui rapporte plutôt que de lui coûter). Mais cette rente va progressivement s'éteindre et la GB va s'enfoncer dans une crise grave. À l'inverse, la Norvège, a soigneusement capitalisé une grande partie de la rente pétrolière, pour l'avenir, mais la Norvège a un gouvernement de centre-gauche, ceci expliquant peut-être cela.

On commence par diminuer les impôts directs, qui, en principe, sont plus lourds pour les nantis que pour les pauvres.
Pour équilibrer, on dispose de plusieurs techniques. La première, on augmente les impôts indirects (TVA par exemple) qui frappent de façon identiques riches et pauvre, c'est à dire en fait pénalisent le plus démunis (qui dépensent la totalité de leurs maigres revenus et sont donc frappés en totalité).
Puis on diminue les prestations, par exemple, pour l'instruction, avec, comme corolaire, une diminution de la qualité. Par grave, c'est infiniment moins cher pour un nanti de payer l'écolage d'une bonne école privée que des impôts. Pour les pauvres, pas grave de nouveau, s'ils ont une mauvaise instruction, ce n'est que tout bénéfice, ils n'auront pas l'idée de réfléchir et de se mettre à revendiquer et à voter n'importe quoi, par exemple voter pour un "partageux".
On peut aussi vendre les bijoux de famille, les autoroutes, l'industrie gazière (vous allez voir que cela va nous revenir aussi sec), France Télécom, etc.

Et, petit à petit, au fil du temps, on obtient le résultat souhaité: les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvre. Voir l'exemple éloquent de la GB.

Et qui dira: Merci M. Sarkozy: Bouygues, Lagardère, Dassault et Cie.

Écrit par : Julot | 27/06/2007

C'est pour ça qu'il ne faut pas trop augmenter le SMIC et surtout ne pas le porter à 1500 euros.
Des fois qu'on soit obligé de vendre notre premier porte avions avant même d'avoir le second !

Écrit par : Claudius | 27/06/2007

Supposez un petit pays
oh! juste un petit pays, pas un grand
mais quand même avec des riches, des pauvres et même des très riches
c'est pas juste se dit le (la) ministre de l'économie,
on va changer tout cela et faire que tout soit juste.
Par exemple on va faire le même salaire pour tous
ça c'est juste !
Mais comment récompenser ceux qui avant avaient la richesse et le pouvoir ?
idée géniale, on va faire bouger les prix en fonction des gens
celui qui était pauvre va gagner 1500€ et tout le monde pareil le riche aussi
le pauvre va payer la baguette autour de 75 centimes l'ex-plus pauvre de tous
celui qui va au travail chaque matin, comme ça il va être content
pour rééquilibrer un peu les choses, car les ex-riches grognent et les autres aussi
on va leur faire payer la baguette moins cher, proportionnellement a leur richesse passée .
Comme ça c'est juste non !
exemple mon patron a 5000€ va la payer moitié
et l'ex-milliardaire va la payer un milliard de fois moins cher que moi
comme ça, le respect des gens est rétabli non ?
difficile pour rendre la monnaie mais on va trouver un truc
alors là, tout le monde grogne et est dans la rue contre ce système idiot et trop injuste
et le (la) ministre se voit obligé de rétablir notre bon vieux système
qui finalement n'est pas aussi injuste............................................a voir !
jan

Écrit par : jan | 27/06/2007

Y a juste un hic dans le raisonnement ci dessus :
pourquoi récompenser ceux qui avant avaient la richesse et le pouvoir avant ?
recompenser de quoi ?

Écrit par : Nicolas | 28/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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