Avertir le modérateur

26/06/2007

UMP : qu'ils y viennent, les ambitieux…

medium_sarko_ump.jpg

 

Ah, ça non, alors.

Si vous croyez que ça va se passer comme ça.

Si vous pensez que je suis assez bête pour laisser un jeune loup aux dents longues se servir de l'appareil du parti pour me chier dans les bottes et se forger une légitimité contre moi.

Que je suis assez con pour laisser un autre ambitieux de talent appliquer ma stratégie de renversement des barons par le suffrage des militants.

 

Si oui… ben… vous vous fourrez le doigt dans l'oeil bien profond.

Pensez donc : trente-trois ans que je fais de la politique, depuis mon adhésion à l'UDR en 1974.

Autant d'années à apprendre, à observer, à me préparer et à fourbir mes armes.

Un sacré bail, hein ?

Oui.

Alors, faut pas me la raconter : un parti, je sais à quoi ça sert.

J'ai été à bonne école.

En 76, j'ai vu Chirac flinguer VGE et faire du RPR qu'il venait de créer l'outil de ses ambitions présidentielles.

D'une efficacité diabolique : en un rien de temps, le renard a noyé les vieux gaullistes sous un raz-de-marée de jeunes militants chiraquiens.

Une première leçon.

medium_sarkochirac.jpg

Mais pas assez profitable pour m'empêcher, une quinzaine d'années plus tard, de me rallier à Balladur.

La déculottée qu'on s'est pris…

Un branlée mémorable.

Juste parce qu'on n'avait pas de vrai parti derrière nous.

medium_sarkoballa.jpg

Là, j'ai définitivement compris.

 

Après, j'ai juste attendu que vienne mon heure.

Neuf ans, ça a duré.

Neuf putains d'années pour que Chirac commette enfin l'erreur qu'il avait en son temps fait payer si cher à ses adversaires.

L'imbécile !

Comment a-t-il pu me laisser prendre l'UMP ?

Un parti presque neuf, rien que pour moi.

En un an, j'en ai fait ma machine personnelle, avec des militants nouveaux et dévoués, des fédérations aux ordres et un réseau d'une incroyable efficacité.

Le reste était écrit : une autoroute.

Mieux, un vrai parcours de santé, de la présidence de l'UMP à la présidence tout court.

Au pas de course que j'ai franchi les étapes.

medium_sarko_cours.2.jpg

 

Et maintenant que ça y est, maintenant que j'y suis enfin, il faudrait que je prenne le risque de voir un autre suivre le même parcours ?

Pour que dans cinq ou dix ans, à la première présidentielle venue, il vienne me faire chier en s'appuyant sur la légitimité du parti ?

C'est simple : c'est hors de question.

Niet.

 

Alors, je me suis un peu trituré la cervelle pour dénicher la meilleure façon de me mettre à l'abri.

Et j'ai fini par trouver : puisque le danger vient de la présidence de l'UMP et bien…

… supprimons-la.

Pas bête, hein ?

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, la décision a été prise lundi.

Désormais l'UMP passe "d'un système présidentiel, d'un président élu par tous les militants, à un système parlementaire [avec] un conseil national qui est le Parlement, un secrétariat général qui est l'exécutif", a résumé Raffarin.

Je ne vois vraiment pas qui pourrait bien m'emmerder, maintenant.

Ce que mon pote Gaudin a confirmé : "Nous considérons que, moralement, le président  [de l'UMP] reste Nicolas Sarkozy et, par conséquent, nous pensons qu'il n'est pas utile d'élire à nouveau un triumvirat (président, vice-président et secrétaire général) comme les statuts l'exigent."

Et le même d'ajouter : "Nous y reviendrons peut-être un jour."

Ouais, "un jour"…

Mais faites-moi confiance : c'est pas demain la veille.

 

Commentaires

"Même si c'est le président de la République actuel qui est candidat au renouvellement de sa fonction, il devra se soumettre au vote des adhérents de l'UMP pour avoir l'investiture de l'UMP", a déclaré Patrick Devedjian.

Serait-ce la faille ? Je prends le pari que Nicolas Sarkozy ne fera qu'un mandat. Les Français sont à bout et il ne fera pas illusion longtemps.

Écrit par : Pierre G. | 26/06/2007

Je ne suis pas convaincu pour l'investiture de l'UMP : cet homme a donné à la droite l'ivresse de la toute puissance, je doute que ses militants fassent autre chose que le plébisciter à la première occasion venue.

Et j'aimerais être aussi confiant que vous quant au réveil des Français. Mais il me semble que Sarkozy a trop de rideaux de fumée à agiter, trop de boucs émissaires à désigner, trop de réseaux et soutiens à faire jouer pour risquer quoi que ce soit dans les cinq prochaines années.

Mais peut-être ne suis-je qu'un indécrottable pessimiste. Dans ce cas, je vous devrai une bière.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 27/06/2007

Effectivement vous l'êtes... Et je me réjouis déjà de sentir la mousse sur mes lèvres !

Plus sérieusement, le plébiscite ne fonctionne qu'un temps. Je crois (ou désire croire) que c'est le président de la dernière chance. Il me semble que nous sommes parvenus au bout d'une dynamique, voire à une certaine limite de la démocratie. L'insatisfaction est palpable depuis trop d'années pour que la marmite n'explose pas un jour ou l'autre.

Il est bien évident que M. Nicolas Sarkozy dispose d'un réseau bien établi dont il pourra user longuement. Il s'en drape avec un semblant de dignité. Mais un rideau, ça se déchire, et relativement facilement, surtout dans ce milieu où la scène politique est plus celle du théâtre de boulevard que du drame.

Représentation des Français ? Allons bon ! Il s'agit surtout de la représentation des politiciens eux-mêmes qui se mettent en scène comme des bouffons et effectuent des pirouettes, tantôt à droite, tantôt à gauche, pour amuser le public. Mais voyez-vous, un public, ça se lasse...

Mais peut-être ne suis-je qu'un indémodable optimiste. Dans ce cas, je vous devrai... un lait fraise !

Écrit par : Pierre G. | 27/06/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu