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29/06/2007

Devedjian, Copé, Noachovitch : Dailymotion fait le travail du PS… Plus pour longtemps ?

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A l'UMP, on doit commencer à en avoir ras-les-couilles de Dailymotion.

Parce que là, ça commence quand même à faire beaucoup de braves tombés au champ d'honneur de la parole décomplexée saisie sur le vif.

Largement assez pour que les bourrins de la droite commencent à comprendre combien le partage des vidéos en ligne, ainsi que leur diffusion virale sur le net, peut leur être préjudiciable.

 

Reprenons :

Sylvie Noachovitch a son meilleur ? Si l'on se limite à ses dix prestations les plus populaires disponibles sur Dailymotion, l'excitée christique peut se targuer de 192 000 visionnages. Pas mal.

Et beaucoup mieux que Jean-François Copé : l'enregistrement où il assimile les militants de gauche à des "cloportes" n'a été vu que 11 700 fois. Gageons que sa carrière n'est pas finie…

De toute façon, Sylvie et Jean-François ne sont que des rigolos face au succès d'audience qui s'annonce. Avec 65 600 visionnages en moins de 13 heures sur Dailymotion, répartis sur trois vidéos, le secrétaire général de l'UMP a déjà fait fort. Et fera sans doute mieux, beaucoup mieux, puisque l'enregistrement est relayé par une grande majorité des médias en ligne. La "salope" est vengée, le hit s'annonce immense. Merci Patrick.

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Enfin, à tout seigneur tout honneur : sur le seul Dailymotion, la recherche "Sarkozy G8" obtient en résultat des dizaines de fois la même vidéo d'un président qui perd les pédales. Vu par des millions de personnes sur Dailymotion, l'enregistrement a fait un carton dans le monde entier.

 

Bref : de vidéo en vidéo, Dailymotion est en passe de s'imposer comme un opposant mille fois plus efficace à la toute puissance des médiocres de l'UMP que le PS n'a jamais réussi à l'être.

Chouette, me direz-vous.

Oui : chouette.

 

Sauf qu'il ne faut pas se leurrer.

Le président du parti unique ne va peut-être pas laisser dégommer ainsi tour à tour tous ses lieutenants.

Ni accepter très longtemps de voir ses gesticulations éclipsées par les sorties malvenues de responsables politiques incapables de ne pas montrer leur vrai visage devant les caméras.

 

Ce qu'il va faire ?

Imaginons qu'il applique la stratégie qui lui a si bien réussi pour la télé et la presse écrite.

Imaginons qu'il étende son influence et son réseau sur quelques sites-clés du net pour pouvoir limiter la casse quand l'occasion se présente.

Imaginons qu'il essaye de placer quelques hommes à lui parmi les instances dirigeantes des sites de partage de vidéos, comme il a propulsé Laurent Solly numéro 2 de TF1.

Imaginons même que ce soit sur le point d'être le cas à Dailymotion.

Oui, imaginons.

Juste comme ça.

 

Sauf que…

C'est déjà le cas à Dailymotion.

La nouvelle est tombée il y a quelques jours : en un audacieux tour de passe-passe, le gouvernement annonçait en même temps le transfert de Sévérin Naudet, jusqu'à alors directeur des contenus de Dailymotion, au sein du pôle communication de François Fillon et celui de Martin Rogard, responsable multimédia au département de l’Information du ministère de la Culture, à la direction de Dailymotion.

C'est pas bien joué, ça ?

 

Comme l'euphémise le site Brave Patrie, l'un des seuls à avoir relayé l'information : "Si ce mouvement laisse prévoir de la part de Matignon de belles campagnes d’e-mailing (…), c’est surtout sur Dailymotion - et à terme sur tout le net.fr - qu’on peut s’attendre à voir une approche, heu, novatrice."

Pas sûr que les bourrins de l'UMP aient besoin bien longtemps d'apprendre à tenir leur langue, finalement…

28/06/2007

"Un rêve d'enfant" : Le Figaro.fr se lance dans la téléréalité

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Chouette.

Une nouvelle émission de téléréalité : c'est vrai que ça manquait.

 

Le concept de la petite dernière ?

Oh, tout simple.

Soit un homme jeune, riche et plutôt séduisant, sélectionné parmi des dizaines de candidats.

Confronté à un environnement nouveau et étranger, le bougre est suivi pas à pas par les caméras.

 

Ça vous rappelle quelque chose ?

Normal, c'est pas vraiment neuf comme idée.

C'est le concept de Loft Story et de ses avatars successifs, dont le dernier, lancé voilà tout juste une semaine, met en scène "des jeunes gens coupés du monde", selon TF1.

Ça tombe bien : là aussi, l'action ne se déroule pas n'importe où. 

Tout se passe, comme sur la première chaîne, dans "une maison high tech et chaleureuse".

Enfin, pas si "chaleureuse" que ça : des deux premiers épisodes déjà diffusés, l'on retiendra surtout les explications du candidat sur les "couloirs (qui) n'en finissent pas".

C'est vraiment "très grand", explique le jeune homme à la caméra.

 

Mais bon, il faut pardonner ce petit manque de peps.

L'émission n'en est qu'à ses débuts et le jeune candidat pas à son meilleur.

Le brave garçon a le tract, "comme en 6e, les jours de rentrée de classe".

C'est son "rêve d'enfant qui se réalise".

Et il serait même tout perdu sans l'aide d'un ami plus expérimenté et habitué à se trouver sous le feu des caméras, venu l'aider à passer ces premiers jours difficiles.

Sa famille est là aussi et il la retrouve à la brasserie Le Bourbon sur le plateau entre deux séances "primes".

"On est très fier de lui, c'est son rêve depuis toujours", dit maman.

"C'est émouvant, on est très fier de lui", ajoute papa.

 

Bref : rien de transcendant.

Pour tout dire, c'est plutôt soporifique.

Et vous vous dites logiquement qu'il n'y a là pas de quoi fouetter une mouche, ni monter sur ses grands chevaux ?

D'accord.

Sauf que l'émission en question ne passe pas sur TF1 ni sur M6.

Non : c'est la saga politique des vacances, lancée par Le Figaro.fr.

Un été à l'assemblée suivra, à raison d'un épisode par semaine, les premiers pas de Franck Riester, adjoint au maire de Coulommiers, dauphin de Guy Drut et tout juste élu député de Seine-et-Marne.

Le moins que l'on puisse dire est que l'heureux candidat retenu par les casteurs du Figaro a la gueule de l'emploi : ce jeune homme de 33 ans, héritier d'une fortune familiale basée sur la concession automobile, est le benjamin du groupe UMP à l'assemblée, a un profil de gendre idéal et affiche nonchalament une tête qui ne devrait pas déplaire aux caméras.

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Bref, ça s'annonce passionnant.

Du vrai journalisme politique.

Incisif.

Tranchant.

Insolent.

Et à même d'amener la ménagère de moins de 50 ans à se poser les vraies questions sur son rapport à la chose démocratique.

 

Nous, en tout cas, on est déjà accro.

Et on attend avec impatience les prochains épisodes : "Franck fait un tour à la buvette de l'assemblée" et "Franck se perd dans les toilettes du Palais Bourbon". 

"Que du bonheur ! ", comme dirait l'autre pingouin.

 

26/06/2007

UMP : qu'ils y viennent, les ambitieux…

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Ah, ça non, alors.

Si vous croyez que ça va se passer comme ça.

Si vous pensez que je suis assez bête pour laisser un jeune loup aux dents longues se servir de l'appareil du parti pour me chier dans les bottes et se forger une légitimité contre moi.

Que je suis assez con pour laisser un autre ambitieux de talent appliquer ma stratégie de renversement des barons par le suffrage des militants.

 

Si oui… ben… vous vous fourrez le doigt dans l'oeil bien profond.

Pensez donc : trente-trois ans que je fais de la politique, depuis mon adhésion à l'UDR en 1974.

Autant d'années à apprendre, à observer, à me préparer et à fourbir mes armes.

Un sacré bail, hein ?

Oui.

Alors, faut pas me la raconter : un parti, je sais à quoi ça sert.

J'ai été à bonne école.

En 76, j'ai vu Chirac flinguer VGE et faire du RPR qu'il venait de créer l'outil de ses ambitions présidentielles.

D'une efficacité diabolique : en un rien de temps, le renard a noyé les vieux gaullistes sous un raz-de-marée de jeunes militants chiraquiens.

Une première leçon.

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Mais pas assez profitable pour m'empêcher, une quinzaine d'années plus tard, de me rallier à Balladur.

La déculottée qu'on s'est pris…

Un branlée mémorable.

Juste parce qu'on n'avait pas de vrai parti derrière nous.

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Là, j'ai définitivement compris.

 

Après, j'ai juste attendu que vienne mon heure.

Neuf ans, ça a duré.

Neuf putains d'années pour que Chirac commette enfin l'erreur qu'il avait en son temps fait payer si cher à ses adversaires.

L'imbécile !

Comment a-t-il pu me laisser prendre l'UMP ?

Un parti presque neuf, rien que pour moi.

En un an, j'en ai fait ma machine personnelle, avec des militants nouveaux et dévoués, des fédérations aux ordres et un réseau d'une incroyable efficacité.

Le reste était écrit : une autoroute.

Mieux, un vrai parcours de santé, de la présidence de l'UMP à la présidence tout court.

Au pas de course que j'ai franchi les étapes.

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Et maintenant que ça y est, maintenant que j'y suis enfin, il faudrait que je prenne le risque de voir un autre suivre le même parcours ?

Pour que dans cinq ou dix ans, à la première présidentielle venue, il vienne me faire chier en s'appuyant sur la légitimité du parti ?

C'est simple : c'est hors de question.

Niet.

 

Alors, je me suis un peu trituré la cervelle pour dénicher la meilleure façon de me mettre à l'abri.

Et j'ai fini par trouver : puisque le danger vient de la présidence de l'UMP et bien…

… supprimons-la.

Pas bête, hein ?

 

Aussitôt dit, aussitôt fait, la décision a été prise lundi.

Désormais l'UMP passe "d'un système présidentiel, d'un président élu par tous les militants, à un système parlementaire [avec] un conseil national qui est le Parlement, un secrétariat général qui est l'exécutif", a résumé Raffarin.

Je ne vois vraiment pas qui pourrait bien m'emmerder, maintenant.

Ce que mon pote Gaudin a confirmé : "Nous considérons que, moralement, le président  [de l'UMP] reste Nicolas Sarkozy et, par conséquent, nous pensons qu'il n'est pas utile d'élire à nouveau un triumvirat (président, vice-président et secrétaire général) comme les statuts l'exigent."

Et le même d'ajouter : "Nous y reviendrons peut-être un jour."

Ouais, "un jour"…

Mais faites-moi confiance : c'est pas demain la veille.

 

25/06/2007

France Télécom : le financement du paquet fiscal, c'est simple comme un coup de fil !

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Quand je pense que certains ne lui faisaient pas confiance.

Que des esprits particulièrement tordus n'hésitaient pas à mettre en doute sa sincérité.

Boudiou, les salopards !

Les fumiers !

Les sales gauchistes !

 

Rien que d'y songer, ça me fout les nerfs.

C'est bien simple: tout tremblant de rage contenu, je suis.

Pourtant, regardez-là bien :

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N'inspire-t-elle pas une confiance irraisonnée, cette dame classée en 2006 trentième femme la plus puissante du monde par le magazine Forbes ?

Non ?

Bon, soyez pas médisants…

 

Reprenons.

La ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi l'avait claironné sur tous les tons.

Pas plus tard que samedi, même : promis, juré, craché, la maîtrise d'un déficit français mis à mal par le paquet fiscal passerait par "la hausse du produit intérieur brut (PIB) et des recettes fiscales tirées par la croissance" et par "une politique de strict contrôle des dépenses publiques couplée à des réformes inédites de modernisation de l'Etat".

 

Compris ?

Hausse du PIB grâce à la croissance.

Recettes fiscales grâce à la croissance.

Contrôle des dépenses publiques grâce à la croissance grâce au sens de l'économie des ministres sarkozystes.

Le tout permettant en théorie de financer un joli paquet (cadeau) fiscal d'au minimum 11 milliards d'euros, promis par le suprême souffleur de clairon à tous ceux qui n'en avaient pas vraiment besoin.

 

Euh… oui, mais bon…

Ça, c'était samedi matin.

Parce que, comment dire…

Les choses ont un peu changé depuis.

 

Samedi après-midi, les crânes d'oeuf de Bercy ont fait chauffer les calculettes, histoire de vérifier une dernière fois leurs additions-soustractions.

Et ils ont commencé à s'inquiéter grave.

Tant et si bien qu'ils ont fini par aller voir la ministre :

 

"Christine, y a comme un blème, là. On a fait et refait tous les calculs : ça colle pas."

"Comment ça, ça colle pas ? ", a fait la femme que tous les cabinets d'avocats d'affaires américains nous envient.

"Ben oui, le truc que t'as dit : paquet fiscal, financement, déficit, tout ça… Ça colle pas."

"C'est pas possible. Et la croissance ? Vous avez pensé à la croissance ? ", a commencé à stresser la donzelle.

"Oui. Même avec une putain de croissance, ça colle pas."

 

Au bout d'un moment, Christine Lagarde a dû se rendre à l'évidence : ça collait pas.  

D'où un léger vent de panique.

En gros : ça commençait à salement refouler la peur et la sueur dans les couloirs de Bercy.

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Les craintes se sont heureusement dissipées quand un petit malin a suggéré de tailler un peu dans le patrimoine de l'Etat.

Oh, pas grand-chose : juste 5 % du capital de France Télécom.

Soit un léger matelas de 2,7 à 3,8 milliards d'euros, histoire de voir venir en toute sérénité. Des fois que la croissance et le contrôle des dépenses suffisent pas tout à fait à financer le paquet fiscal…

 

Ça rassure, hein ?

Quand je vous disais qu'on peut lui faire confiance, à Christine.

 

PS : Vous connaissez la meilleure ?

Selon Le Figaro, journal si peu à droite que l'on se dit qu'on peut lui faire confiance pour ne pas surévaluer le coût d'une telle mesure, l'allégement des droits de succession coûtera au minimum à l'Etat 1,2 milliards d'euros en 2008, puis deux milliards supplémentaires en 2009.

Soit 3,2 milliards pour les deux ans à venir.

Surprise : c'est en gros ce que va rapporter la vente de 5 % du capital de France Télécom.

C'est con, hein ?

Penser que la cession de ces actifs va servir à financer la suppression d'un impôt de solidarité payé par seulement 10 % de la population, ça me fout les glandes…

Mais les glandes…

24/06/2007

Laïcité : Sarkozy et Benoît XVI s'envoient des petits mots doux

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Faudrait pas croire qu'il n'est que sportif, notre joggeur en chef.

Qu'il n'est qu'un fonceur sans cervelle, un homme plus habile à tricoter des baskets qu'à se plonger dans les méandres de la condition humaine.

Non. 

Ouhlala : pas du tout, même.

 

La preuve : entre deux joggings, Nicolas Sarkozy aime bien s'isoler un peu.

A l'écart, il délace ses chaussures neuves, s'agenouille et médite à sa lourde tâche de guide du peuple français.

Et quand il lui arrive de douter, pris d'effroi à la pensée de si lourdes responsabilités, l'imperator trouve refuge dans la foi.

Juste un petit tête-à-tête avec Dieu, quoi.

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Rien de neuf sous le soleil : de sa foi, Nicolas Sarkozy n'a jamais fait mystère.

Plutôt le contraire, même.

Dans La Religion, la République, l'espérance, ouvrage paru voilà trois ans, celui qui aimerait "toiletter la loi de séparation de l'église et de l'Etat de 1905" écrivait que "la dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain." Un truc juste bon à exciter ces salopards de bouffeurs de curé.

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Dans le même style, le sergent-major déclarait en avril dernier à Famille Chrétienne que "le christianisme participe de manière essentielle à l'identité nationale".

 

Bref, la foi, la religion, Dieu, la morale, l'identité nationale… tout ça quoi.

 

Mais pas seulement.

Des fois aussi, le caporal-chef prend la plume, histoire d'échanger un peu avec les autres guides de par le monde, seuls à même de comprendre son fardeau.

Rien de très extraordinaire : une carte postale vite fait et voilà.

Pas de quoi en faire tout un plat.

Pour vous dire, la dernière, c'était à Benoît XVI.

Oui, oui : ce modèle incarné de pape éclairé, celui que les mauvaises langues surnomment Panzerdivision pour sa propension innée à instiller de la modernité dans la pratique de la religion.

Le même qui a récemment rappellé l'hostilité de l'Eglise au préservatif, envisage de béatifier Pie XII et va publier incessament sous peu le Motu Proprio, document libéralisant la célébration de la messe en latin sous les applaudissements des excités du culte réac.

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Un démocrate, quoi.

Et entre démocrates, on se comprend…

 

Notre bien-aimé président a donc pris son plus beau bic pour envoyer un petit mot à ce bon Benoît XVI, histoire de répondre au traditionnel message de félicitation de Panzerdivision pour son élection.

Un truc comme ça ?

"Salut Ben. J'espère que ça va bien chez toi. Merci pour ton message, il nous a fait très plaisir, à Cécilia et à moi. Passe donc boire un coup à la maison à l'Elysée à l'occasion, ça sera sympa."

Non, pas tout à fait comme ça.

C'était un peu plus qu'un petit mot, en fait. Plutôt une "lettre substantielle et longue", explique La Croix, qui met en avant son caractère très "rare".

Une attention inhabituelle au regard des traditions diplomatiques en la matière. Et un geste auquel ce bon papounet aurait "été très sensible".

Tu m'étonnes…

 

Bon, vous allez être déçu : pas moyen de la lire, cette lettre, top secret, rauss !

Mais la journaliste de La Croix qui l'a eu sous les yeux assure que la missive évoquait surtout, en sus de la question des otages et du sort des minorités chrétiennes, celle de "la spiritualité en Europe".

 

Ouf.

Voilà qui nous rassure.

On est con : on s'imaginait déjà le tambour-major prenant des engagements inconsidérés sur des thèmes aussi essentiels que la laïcité, le modèle familial ou la mise en avant des valeurs chrétiennes…

Le genre de promesses qui pourraient procurer un violent orgasme à Christine Boutin.

Faut dire que la ministre du Logement et de la Ville en avait déjà eu un fameux quand son mentor présidentiel avait mentionné les racines chrétiennes : "C’est la première fois depuis longtemps qu’un homme politique de premier plan affirme que la religion a valeur de civilisation", avait éructé la militante anti-avortement.

Le genre d'engagements propres aussi à expliquer les gémissements de plaisirs à répétition qu'ont poussé quelques représentants du Vatican depuis l'élection du très saint (petit) père du peuple.

Dont les râles énamourés du cardinal Jean-Louis Tauran. Dans une récente interview au quotidien de la Conférence épiscopale italienne, l'archiviste du Vatican note ainsi benoîtement que "Sarkozy a d’une certaine façon préfiguré la possibilité de retoucher la fameuse loi de 1905, qui a sanctionné la séparation de l’Eglise et de l’Etat, pour rendre possible un financement direct des grandes religions par l’Etat, en rompant un autre tabou de la politique française".

Il déclare aussi, plein d'espoir : "On verra maintenant comment il se comportera en tant que président de la République."

 

Ouais.

Nous aussi, on se demande.

 

On se demande aussi comment le père de la loi de 1905 n'a pas encore renversé son cercueil à force de se retourner dans sa tombe.

Ça va, Emile, tu tiens le coup ?

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23/06/2007

Justice : chouette, le service minimum est déjà en place

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Alors là : respect.

Quelle efficacité !

A peine Nicolas Sarkozy a t-il eu le temps de clarifier sa vision du service minimum, alors que la garde des sceaux n'a pas encore eu celui d'exprimer son souhait d'une "justice qui réponde vite et dans des termes compréhensibles par tous", que déjà les magistrats messins se mettent à la page.

 

C'est le Républicain Lorrain qui raconte l'histoire en ses pages région de l'édition du 22 juin (article non disponible en ligne).

Deux journalistes y décrivent la réaction de quelques magistrats du tribunal correctionnel au mouvement de protestation des avocats du barreau de Metz, en "grève illimitée" pour protester contre la réforme de la carte judiciaire.

Et le moins que l'on puisse dire est que ces juges ne se sont pas embarrassés de scrupules inutiles.

 

Reprenons. 

Jeudi, palais de justice de Metz.

Les avocats du barreau de la capitale mosellane, soutenus par une partie des professionnels de justice et par quelques élus, bloquent l'accès au tribunal.

Pensant naïvement gripper ainsi la machine judiciaire.

Et ?

Et ben non.

Ils ont rien bloqué du tout, en fait.

 

C'est que les juges ont de la ressource.

On leur interdit l'accès au palais de justice ?

Pas grave : ils siègent ailleurs, dans l'une des salles du tribunal des prud'hommes, "à huis-clos et sans robe" .

En cachette, quoi.

Les avocats refusent de plaider ?

Pas grave : deux ados mis en cause, ainsi que quelques prévenus majeurs, s'en passeront.

Des avocats s'indignent-ils après-coup de cette justice "pire qu'un tribunal militaire" ?

Le procureur leur répond qu'il s'agit d'abord "d'assurer la continuité du service public".

C'est pourtant simple, assure le même : "Un cas de force majeur ne doit pas arrêter le cours de la justice".

 

Alors là : bravo.

La grande classe.

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Et la preuve d'une réelle confiance des juges dans la politique gouvernementale.  

Que des magistrats se prêtent ainsi à de tels simulacres de justice doit réchauffer le petit coeur de Rachida Dati, lancée à grande vitesse dans "la politique de fermeté que les Français attendent".

Que les mêmes aient un si joli souci de "la continuité du service public" qu'ils seraient prêts à tenir audience dans un Mac-Do ne peut qu'arracher des sourires attendris au chefaillon suprême, d'abord préoccuppé de la mise en place du service minimum.

N'est-ce pas ?

 

Quant aux avocats en grève, je serais eux, je me méfierais.

D'ici à ce que ces sales gauchistes se retrouvent en cours martiale pour entrave au fonctionnement de la justice, il n'y a qu'un pas.

Un tout petit pas.

Pas de quoi effrayer les magistrats messins.

 

22/06/2007

Vidéo : Ségolène rompt tout lien avec le PS

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Ça fait un moment que ça sentait le roussi.

Entre une campagne présidentielle menée en dépit du bon sens, des déclarations à contre-emploi sur sa vie de couple et sa récente prise de conscience que les idéaux socialistes se mariaient mal avec un air du temps électoral très à droite, on sentait bien que Ségolène n'allait plus faire long feu au PS.

Mais de là à la voir franchir le pas de cette façon…

 

En tout cas, c'est maintenant clair : Ségolène n'est plus socialiste.

L'égérie des bobos a définitivement tranché le cordon l'unissant au parti et à son campagnon.

Mieux, elle a carrément coupé le lien.

Pour ceux qui en douteraient encore :

La vidéo est ici.

 

 

 

 

 

Oui, je sais : la ficelle est un peu grosse.

Si on peut plus s'amuser…

21/06/2007

Ni Pute Ni Soumise : quand la soeur de Sohane dénonçait la "récupération" de Fadéla Amara

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Petit retour en arrière.

C'était le 4 octobre 2002, à Vitry-sur-Seine.

Dans un local à poubelle, Jamal Derrar aspergeait d'essence une jeune fille de 17 ans.

Approchait un briquet.

Et brûlait vive Sohane Benziane.

 

Du déchaînement médiatique qui a suivi, certains ont bien tiré leur épingle du jeu.

A commencer par l'association Ni Pute Ni Soumise, présidée par celle qui vient d'être nommée secrétaire d'état de la Ville sans que son coeur "ne cesse de battre à gauche".

Propulsée ultime rempart contre les violences faites aux femmes dans les banlieues, Fadéla Amara avait alors multiplié interviews, plateaux télés et invitations officielles.

Jusqu'à indisposer la famille de Sohane Benziane, peu à peu prise du désagréable sentiment que la militante associative faisait son sel personnel du fait divers.

Kahina, la soeur de Sohane, l'a notamment regretté lors d'une émission d'Ardisson, s'étonnant qu'une association dont "on n'a jamais entendu parler depuis dix ans" passe au premier plan à l'occasion du "drame".

"Pour moi, c'est de la récupération pure et simple", expliquait la jeune fille sur le plateau.

 

Donc :

Notons juste que la carrière de Fadéla Amara s'est envolée quand celle de Sohane s'est prématurément terminée. 

Qu'un article du magazine Technikart racontait en novembre 2004 comment l'association NPNS mangeait à tous les rateliers politiques. Aussi bien celui du PS, dont elle faisait figure de satellite sur le mode dévoyé de SOS Racisme, que de la droite, avec la proximité affichée par Fadéla, Borloo et Debré.

Et que nombre de militantes de la première heure ont quitté l'association après avoir dénoncé l'ambition dévorante de la nouvelle secrétaire d'état.

 

Vous disiez ?

Une surprise, l'entrée de Fadéla Amara au gouvernement ?

Bof…

ORTF : la ligne de téléphone entre Cognac-Jay et l'Elysée enfin rétablie

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Ben voilà, c'est fait.

Il a fallu quelques semaines.

On commençait même à se demander pourquoi ça traînait tant.

 

Mais France Télécom a fini par réussir à rétablir la ligne directe entre le service de propagande télévisuelle et le comité directeur du Parti unique.

Oui : celle-là même qui reliait les studios de Cognac-Jay à l'Elysée dans les années 60, permettant à Alain Peyrefitte de gentiment réprimander les journalistes un chouia trop critiques.

En 1970, le cordon avait été coupé à l'initiative de ce sale gauchiste de Pompidou, qui faisait le malin en parlant d'une information "libre, indépendante et impartiale".

Le con…

 

Heureusement, la chienlit c'est fini : l'ORTF est de retour.  

Premier épisode hier soir, avec une jolie interview du commandeur en chef par le duo Raymond Marcillac, un brin moins pêchu qu'en 1961, et Denise Fabre, toujours aussi incisive.

Un entretien instructif, évidement : c'est toujours un plaisir d'entendre le décideur suprême dérouler son discours comme à la parade.

 

Mais pas seulement.

 

Ce fut aussi l'occasion pour les spectateurs de la première chaîne de découvrir les coulisses de l'Elysée.

Ben oui : Raymond Marcillac a eu la riche idée de présenter le journal télévisé précédant l'entretien sarkozyste en direct de la résidence du président.

Attention, hein : pas du jardin ou du trottoir d'en face.

Non, carrément du bureau de travail du petit père des peuples.

"Un journal un peu particulier depuis un lieu inhabituel", a commencé Raymond Marcillac.

Tu m'étonnes.

 

 

PS : Daniel Schneidermann aurait fait de ce truc une émission d'anthologie.

Enfin : si Arrêt sur Images avait pas été stoppé d'un coup, en plein vol.

Dommage, hein ?

Pétition ici.   

 

Actualisation : Jean-Michel Apathie se schneidermanniserait-il ? Le voilà qui consacre un long billet sur son bloug à l'incroyable mélange des genres dont a fait preuve TF1.

Heureuse surprise.

Mais l'on se permet de ne pas partager l'optimisme affiché par Jean-Mimi : "Cette soirée, à bien des égards et à mon humble avis, demeurera unique parce qu'elle n'est pas prête d'être reproduite", conclut-il.

C'est marrant, on aurait plutôt dit l'inverse…

 
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