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03/07/2007

Minc répond aux lecteurs et journalistes qui demandent son départ : "Je ne bougerai pas d'ici et je vous emmerde !"

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Il faut le reconnaître : l'animal est couillu.

Et a fait preuve, depuis deux mois que la crise couve au Monde, d'un culot assez incroyable.

Mais là…

Là…

Disons-le tout net : même à l'aune de l'ensemble de son oeuvre de louche affairiste et d'homme de hautes influences (parfaitement résumée par cet article de Libération), Alain Jacques Richard Minc vient de se surpasser.

 

La performance s'apprécie au regard du contexte, celui d'une crise ouverte au Monde depuis le 28 juin.

Soit depuis qu'Alain Minc, inamovible président du conseil de surveillance du groupe, a été mis en échec, n'obtenant que 10 voix en faveur de sa réélection quand il lui en fallait 11.

Désavoué par la rédaction, quasi unanime à signer la pétition qui a circulé contre lui, le bougre ne s'est pas laissé démonter.

Au contraire.

C'est même un joli doigt d'honneur qu'Alain Minc vient d'envoyer à tous ceux qui réclamaient sa tête.

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En gros, le président du conseil de surveillance du Monde a brillamment réédité le coup du serment du jeu de Paumes, la légitimité en moins.

Dans l'esprit, cela donne : "Allez dire à nos lecteurs et journalistes que je suis ici par ma propre volonté et que je ne quitterai ma place que par la force des baïonnettes pour aucune raison ! "

Dans la version longue, on obtient une interview parue aujourd'hui dans les colonnes du Monde et sobrement intitulée Je n'accepte pas un oukase.

 

Un texte qui ne s'apprécie que si l'on possède quelques clés de lecture. 

Donc :

En Minc dans le texte, un "oukase" est une façon de nommer un scrutin démocratique à l'issue duquel il devrait abandonner son poste de président.

En Minc dans le texte, le respect des statuts ne s'apprécie pas au regard des textes. Ça serait trop facile… Nul besoin d'obtenir les 11 voix prévues puisqu'il "y a un an, les indemnités de départ du directeur général (…) ont été votées par dix voix contre neuf et une abstention. Personne n'a contesté ce vote. Pourquoi vouloir changer la jurisprudence sauf à avoir des arrière-pensées ? " Oui, pourquoi ?

En Minc dans le texte, quitter son poste après 13 années d'exercice se dit céder "à un changement unilatéral des lignes de pouvoirs ". Autant dire que cela ne se fait pas.

En Minc dans le texte, des milliers de lecteurs prenant la plume pour apporter leur soutien aux journalistes et demander le départ de celui qui est pour beaucoup dans la perte de légitimité du titre ne comptent pas. Tout juste se balayent-ils d'un expéditif : " Soyons sérieux. Le jour où les désabonnements pèseront sur les comptes du Monde, on en reparlera." Je serais abonné, ça me plairait pas des masses…

En Minc dans le texte, une présidence du conseil devient un règne à vie. Sans limite de mandat, bien entendu : "Les statuts n'en prévoient pas. J'avais dit que j'étais prêt à envisager des évolutions raisonnables pour qu'il y ait un président de la génération de ceux qui vont diriger le journal. En revanche, je n'accepte pas un oukase."

 

En Wikipedia dans le texte, un oukase est "un mot venant du russe pour signifier un décret-loi prononcé par le tsar".

Lequel tsar régnait pour la vie.

Sauf…

Sauf en cas de révolution.

Là, les tsars la ramenaient en général moins.

Ils sont chauds, les journaleux du Monde ?

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