Avertir le modérateur

27/07/2007

Identité nationale : Hortefeux nous les Brice

medium_hortefeux.2.jpg

 

Ernest Renan ?

Un penseur sans horizon et sans talent.

 

Charles Peguy ?

Un scribouillard sans envergure.

 

C'est vrai : les écrits de ces deux penseurs de l'idée de Nation semblent bien fades face à la prose inspirée de Brice Hortefeux.

La preuve dans l'édition d'aujourd'hui de Libération : le ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement y signe une brillante tribune.

Souffle, inspiration, objectivité, vision d'avenir… tout y est.

De quoi faire taire pour longtemps ceux qui reprochent au "porte-flingue de Nicolas Sarkozy" de n'être qu'un démagogue droitier sans envergure.

Reste à espérer que les méchants critiqueurs se le tiendront pour dit… 

 

Bon, vous êtes parés ?

Attentifs ?

Prêts à recevoir une jolie leçon de patriotisme ?

Sans risque d'être dérangés dans votre lecture par l'un de ces Noirs ou Arabes venus nous manger la laine sur le dos et mugir dans nos campagnes ?

Ok, allons-y. 

 

medium_démarrage.jpg

 

Oui : ça part sur les chapeaux de roue.

"Permettez-moi d'exposer à mon tour ma vision de l'identité nationale", débute le ministre avec un charmant côté scolaire qui fleure bon la rédaction du cours moyen.

Laquelle vision se révèle plutôt basique.

En fait, elle se résume en un "constat" : rien ne va plus, ma bonne dame.

"Jusqu'à aujourd'hui, il était assez simple de se sentir Français. Qu'on le veuille ou non, plusieurs vecteurs contribuaient au sentiment d'identité nationale."

Comme disait l'autre, c'était mieux avant. 

Et l'époque bénie où tout était facile est désormais derrière nous.

Et oui : "Qu'on le veuille ou non, une bonne partie de ce qui forgeait la Nation française s'est disloquée".

Disloquée…

Carrément.

medium_écroulement.jpg

 

Mais pas d'inquiétude : Brice sait pourquoi l'identité nationale est ainsi partie en couilles.

C'est la faute à la "suspension du service national".

Tant avoir fait le gugusse sous l'uniforme, en obéissant aux ordres débiles d'un gradé frustré, vous forgeait une conscience nationale…

C'est la faute à la fin du "monopole des chaînes publiques dans le cadre de l'ORTF".

Tant avoir régulièrement maté Cinq colonnes à la Une faisait de vous un Français pure souche…

C'est aussi la faute au principe de libre circulation des marchandises du Traité de Rome, à la mondialisation des échanges, à internet, à la mise en avant de mémoires communautaires… bref, à tous ces trucs du monde moderne qui nous empêchent de vivre comme il y a quatre-vingt ans.

Si c'est pas de la vision…

ORTF, douanes aux frontières, service militaire : c'est ça, la France, Monsieur !

medium_drapeau.jpg

 

Bon, le ministre est pas si con.

Et a senti que l'on pourrait gloser sur ces exemples tirés de l'Almanach-Vermot, que l'on pourrait moquer ces considérations dignes du café du commerce.

Pour l'éviter, il a émaillé sa tribune de quelques phrases incompréhensibles, sans rien à voir avec le schmilblick mais propres à faire intellectuel.

Style : "Puisque désormais l'on peut être Français, entre autres et par exemple, baraguine-t-il, au nom de quoi l'identité nationale serait la seule dont on ne pourrait plus parler ? "

Hein, je vous le demande un peu ?

 

Au fond, tout ce baratin n'a qu'un but : arriver à la justification de l'objectif d'immigration économique mis en avant par le chef du gouvernement.

C'est donc le paragraphe central de la tribune, même s'il n'a aucun rapport avec la pseudo-dialectique sur l'identité nationale qui l'enrobe.

"Nous allons rééquilibrer la part d'immigration économique par rapport à celle de l'immigration familiale puisqu'en agissant ainsi, nous adresserons un message à ceux qui, parmi eux, veulent devenir Français comme à ceux qui le sont déjà : celui du projet plutôt que celui de l'héritage", résume Brice avec grandes difficultés.

Et : "Le devoir de mémoire ne suffit plus, il faut aussi le devoir de servir."

Rien à voir, mais on s'en fiche : emballé, c'est pesé.

 

Au final, personne n'a rien compris, tant Brice Hortefeux a noyé le poisson.

Mais le principal est qu'il ait habillé la volonté de trier le bon grain de l'immigré d'une apparence de réflexion sur l'idée de Nation.

Ne lui reste plus qu'à mentionner quelques écrivains francophones, de Ben Jelloun à Senghor, de Beckett à Cheng.

Qu'à redire que la constitution d'un ministère de l'Immigration et de l'identité nationale n'a rien de vichyssois, non, bien sûr que non.

Et qu'à conclure démagogiquement en dénonçant un débat "qui alimente les tribunes plus qu'elle ne dérange le peuple électeur". 

 

Ça y est : le pensum est fini.

Un joli baratin, terminé sur une note clairvoyante : "Je demande à être jugé sur mes actes plus que condamné sur des mots", point-finalise Brice Hortefeux.

Vu comme le ministre manie la plume, c'est peut-être là la seule phrase honnête de cette tribune…

Commentaires

J'avoue ne pas avoir grand chose à dire à propos de ce cher (?) Brice, il faut dire que l'état de mon cerveau ce matin ne me permet pas une analyse fiable ( même si à priori qqs neurones et une once de bon sens suffisent devant l'évidence de la chose...) !
Bref, tout ça pour simplement saluer Mr Charançon ( avec une cédille au C, sinon bof...) et lui prouver que je tiens mes engagements d'hier soir, en égarant un commentaire sur son formidable blog.....

Écrit par : stephane | 28/07/2007

Vous êtes un homme de parole, très cher.

Et de mémoire aussi : en ce qui me concerne, je ne me rapelle pas grand-chose des libations d'hier. Par contre, j'ai très présent à l'esprit un violent mal de crâne et une non moins violente gueule de bois.

Bref, l'alcool, c'est mal…

Écrit par : Le Charançon Libéré | 28/07/2007

Cette approche cocardière est ridicule face à la vague déferlante de réfugiés africains qui risquent leur vie -et souvent la perdent- au cours d'un voyage en rafiot de plus de 1.500km pour échapper aux conditions invivables de leur pays.

Bien que l'ère coloniale soit terminée en principe, la réalité est différente. Nous en Europe continuons d'exploiter les ressources des pays africains et quand les africains dépossédés de leurs terres et leurs moyens de subsistence ancestraux atteignent nos frontières nous les pénalisons encore.

La solution est à recherche bien en amont, et inclure la restitution des terres arables pour la culture vivrière. Cela éliminerait 95% del'émigration.

Écrit par : Kamo | 30/07/2007

quatre-vingts ans; le ministre n'aurait peut-être pas fait cette erreur ...

Écrit par : whoo | 30/07/2007

le ministère autonome de l'avaleur travail et son ministre en charge : "tonvoisin debureau" le celebre et aimé conologue aurait déclaré,

"je prefere travailler avec des clandestins qu'avec des cons !"


http://www.travailleravecdescons.com
Ministere de l'avaleur travail
travailler moins, gagner plus de facon indecente

Écrit par : tonvoisin | 30/07/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu