Avertir le modérateur

31/07/2007

Infirmières libérées par Cécilia : l'incroyable ingratitude bulgare

medium_yahourt.jpg

 

Quelle déception…

Et dire que je pensais que nous n'avions désormais que des amis en Bulgarie.

Que le pays tout entier était reconnaissant à la France pour son rôle dans la libération des infirmières.

Et que des statues de Cécilia et Nicolas allaient fleurir à tous les coins de rue.

Oui, ben…

Pas du tout, en fait.

 

Disons-le tout net : les Bulgares sont des ingrats.

Tous.

Et un en particulier.

C'est au chef des services de renseignement bulgare que revient sans conteste l'oscar du pire judas.

Car le général Kirtcho Kirov a trouvé le moyen de revenir longuement sur les circonstances de la libération des otages sans s'appesantir spécialement sur le rôle de Cécilia et Nicolas.

medium_acouple.jpg

Oui : incroyable, hein ?

 

Et pourtant, le chef des services de renseignements bulgares a remercié un max de monde pour la remise en liberté des infirmières, ainsi que le souligne une dépêche AFP qui n'a (curieusement) intéressé à peu près aucun média français.

Pour un peu, son interview aurait même tourné à la cérémonie des césars.

Et que j'envoie des fleurs aux services secrets anglais, avec une mention spéciale pour les efforts de Tony Blair.

Et que je remercie les Italiens.

Et que je rende hommage au rôle des Egyptiens, des Marocains et des Algériens

Et que je souligne l'influence des services secrets israéliens.

Et que…

Et que je remercie la moitié du globe, en fait.

Sauf nous…

 

Pire : le général Kirov n'a rien trouvé de mieux que souligner combien les tractations avaient été une affaire de longue haleine.

Dès février 2007, on "savait qu'une solution serait trouvée vers la fin juillet-début août", a raconté le général, avant de faire remonter les premières discussions avec l'ex-directeur des renseignements libyens à 2004.

"Nos praticiens ne sont qu'un grain de poussière dans l'oeil d'un énorme ouragan où se croisent des intérêts gigantesques. Je savais que de grands contrats d'armes et de concessions (d'exploration de pétrole) seraient conclus", a même déclaré le fielleux bulgare, poussant le vice jusqu'à sous-entendre que toute l'histoire ne serait qu'une vaste question de pognon.

 

Autant dire qu'il y a un truc qui cloche.

2004 ?

Février 2007 ?

Avant l'élection du très petit père du peuple ?

Avant que Cécilia ne s'intéresse au sort des infirmières ?

Impossible, ça ne colle pas.

Les médias français l'ont pourtant répété sur tous les tons : la femme de Communicator Premier a joué un rôle décisif.

Un refrain notamment poussé par Liseron Boudoul, "grand reporter à Tf1", présente quand l'avion français et les infirmières sont arrivés à Sofia.

Elle le raconte sur le site de la première chaîne : "La vraie star ce matin, c'est Cécilia Sarkozy au milieu de cinq femmes. Elle les a sauvé. Elle le montre aux caméras du monde. La Commissaire Européenne me dit que cette libération est le symbole humanitaire européen. Claude Guéant, le Secrétaire Général de l'Elysée me l'avoue : c'était dur, dur avec Kadhafi ! Jusqu'au bout on s'est battu."

medium_infirmières.jpg

Alors ?

Il ne regarde pas TF1, le général Kirov ?

Il ne sait pas que la médiation française a été déterminante ?

Il ignore que Cécilia "les a sauvé", ces braves infirmières ?

 

Je vous le dis : tous des ingrats, ces salopards de bulgares.

30/07/2007

Jean-Louis Borloo va mieux : le porte-parole des Bisounours retrouve le feu des caméras

medium_borloo.jpg

 

Il était temps.

A force de ne plus le voir, l'on finissait par s'inquiéter pour lui.

Et l'on craignait que Jean-Louis Borloo, un temps absent de l'ouverture des JT et de la Une des journeaux, ne subisse le même sort que les requins quand ils cessent de nager, mourant faute d'apport d'oxygène aux branchies.

Tant la communication est son oxygène à lui.

 

Mais c'était mal connaître le bonhomme.

Discret après sa gaffe sur la TVA sociale, peinant à se ménager un espace d'expression dans un gouvernement conduit par le maître absolu de toute communication politique, Jean-Louis a fini par réussir à revenir au premier plan.

Pas par hasard.

Non : le ministre de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durable a su mettre à profil un accident de car polonais tombant (…) à point nommé pour retrouver le feu des caméras.

De même qu'il a habilement profité d'une légère pause du très petit père du peuple, englué dans une tournée africaine plus controversée que prévue, et d'une fin de mois de juillet médiatiquement atone pour faire parler de lui.

En un mot : bien joué.

 

Il faut dire aussi que le ministre n'y est pas allé avec le dos de la cuillère.

Et qu'il n'a pas hésité à surjouer le registre du bon copain politique et de l'homme d'état compréhensif.

Dans une interview au Journal du dimanche, Jean-Louis a ainsi proposé aux Français partant en vacances "un pacte en trois points" sur la sécurité routière.

Soit une sorte de "check-up" à effectuer avant de prendre la route.

Et attention : pas de la gnognote.

Mais du lourd.

Du sérieux.

Accrochez-vous bien…

medium_ceinture.jpg

 

Premier point : "Je voudrais que tous les conducteurs disent à leur conjoint: Chéri(e), si on s'arrêtait ? ", a audacieusement avancé le ministre, non pour suggérer une sieste crapuleuse sur les aires d'autoroute mais pour rappeller la nécessité de se reposer toutes les deux heures.

"Deuxième question à se poser avant de prendre le volant: Chéri, les enfants sont-ils attachés ? ", a poursuivi le député de la 21e circonscription du Nord, jamais avare de touchantes attentions.

Enfin : "Troisième: Papa, t'as vérifié les pneus ? ", comme ultime conseil d'un ministre sympa qui semble considérer que les vacanciers sont faits sur le modèle de la famille aimante d'une pub Kinder, avec un couple tendre à l'avant et deux enfants bien élevés à l'arrière.

Y a pas : c'est mignon comme tout.

Et Borloo est vraiment cool…

medium_bisounours.jpg

 

Mais il ne faudrait pas croire que le ministre d'Etat n'agit que dans le domaine de la sécurité routière.

Non : il a tout aussi efficacement pris à bras-le-corps la question environnementale.

Et après un petit laps de temps, nécessaire à celui qui s'est retrouvé promu ministre de l'Ecologie sans rien connaître au sujet pour s'en faire une petite idée, Jean-Louis a trouvé comment sauver la planète.

"Je compte demander à l'Académie française de rédiger, en collaboration avec d'autres institutions culturelles dans le monde entier, une Déclaration des droits de l'homme et du développement durable ", a-t-il expliqué au JDD.

Rien de moins : une "Déclaration des droits de l'homme et du développement durable" !

Et rédigée par l'Académie française.

Boudiou, ça va chier…

Les pollueurs n'ont qu'à bien se tenir.

 

Je ne sais pas pour vous, mais j'ai l'impression que je respire déjà mieux.

Et que la planète, qui commençait à s'inquiéter un brin à force de se faire défoncer de toute part, vient de pousser un énorme "ouf" de soulagement.

Elle ne peut qu'aller mieux, maintenant.

Et remonter la pente.

Suffit de suivre la courbe de popularité de l'expert es baratin et brassage de vent…

 

29/07/2007

Jean-Pierre Grand, une étrange conception de la démocratie

medium_agrand.jpg

 

Il fallait oser…

Réagissant à la mise en examen de Dominique de Villepin et à son placement sous contrôle judiciaire, le député chiraquien Jean-Pierre Grand, dont le Figaro dit qu'il fait partie du carré des derniers fidèles de l'ancien Premier ministre, n'a pas hésité à à en faire des tonnes, évoquant "une nouvelle affaire Dreyfus".

"Au début de l'affaire Dreyfus, a subtilement remarqué le député de l'Hérault, celui-ci avait presque tout monde contre lui." 

Oui : Dreyfus.

Rien de moins.

 

Mais Jean-Pierre Grand a fait mieux qu'invoquer le sort du capitaine Alfred Dreyfus, qui fit quatre ans de bagne à l'Île du Diable parce qu'il avait le double tort d'être juif et honnête, pour évoquer les médiocres réglements de compte entre sarkozystes et chiraquiens.

Emporté par son élan, celui qui avait regretté en décembre 2003 à propos du cas de Georges Frêche que "peu de gens aient le sens de l'État, de la République et du service public" a profité du micro tendu pour démontrer sa haute conception de la politique.

"Nous sommes suffisamment nombreux comme députés à le soutenir pour que l'un d'entre nous fasse le geste politique fort de démissionner afin qu'il puisse siéger à l'Assemblée nationale", a assené l'élu.

Comprendre : une fois à l'Assemblée nationale, Dominique de Villepin bénéficierait de l'immunité parlementaire et échapperait aux poursuites judiciaires.

"Je suis prêt à lui proposer le mien si cela peut être utile à la défense de son honneur et de la démocratie", a poursuivi Jean-Pierre Grand.

Extraordinaire…

Comment il disait déjà ?

Ah oui : "Le sens de l'Etat, de la République et du service public".

28/07/2007

Rémunération des grands patrons : la moralisation avance à grands pas…

medium_dollars.jpg

 

Cocorico ! 

Haut les coeurs, boudiou !

Ça fait un bail que la France n'avait pas été à pareille fête.

Qu'elle n'avait ainsi écrasé toute concurrence, trustant les meilleures places d'un palmarès international.

A tel point que même les plus optimistes finissaient par penser que nous ne sortirions jamais de la sinistrose.

Et bien, si : c'est fait.

Le marasme est conjuré.

Et l'honneur de notre belle patrie regonflé.

 

C'est le magazine américain Fortune qui le révèle, repris par les médias français.

En matière de rémunération, nos grands patrons font la course en tête.

Et pulvérisent littéralement leurs camarades européens.

Le classement est sans appel : sur les 20 patrons européens les mieux payés (salaire fixe, bonus, stock-options et avantages), dix sont français.

Pas mal, non ?

Mieux : les deux plus hautes marches du podium sont tricolores, occupées par Carlos Ghosn, grand chef de Renault, et Jean-Paul Agon, dirigeant de l'Oréal.

Autant dire que nos voisins européens font figure de gagne-petits.

Et que les Allemands, Italiens, Anglais et autres Suédois sont distancés.

Dans les choux, quoi.

 

Bref, la France tient pour une fois fièrement son rang.

Ce dont les sénateurs ont pleinement conscience.

Examinant hier le paquet (cadeau) fiscal, soit le projet de loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat adopté par les députés le 17 juillet, les incontinents du palais du Luxembourg ont décidé d'en rayer l'amendement Bouvard sur les parachutes dorés, qui rendait imposable pour les entreprises les indemnités de départ au-dessus d'un million d'euros.

C'est que cette disposition, pâle tentative d'encadrement des rémunérations astronomiques des grands patrons, "jouerait en défaveur de la compétitivité des sociétés françaises, en particulier dans le recrutement de personnels à haute valeur ajoutée", a osé l'UMP Philippe Marini, sénateur-maire de Compiègne et rapporteur général de la commission des finances.

 

On a eu chaud.

Et on peut dire merci aux sénateurs.

Sans leur sagacité, la France aurait vu sa brillante, et toute neuve, domination en matière de royalties patronales menacée.

Ça aurait été dommage, pour une fois qu'on était les meilleurs…  

Rassurons-nous : nos "personnels à haute valeur ajoutée" vont rester encore un peu.

Ouf.

27/07/2007

Identité nationale : Hortefeux nous les Brice

medium_hortefeux.2.jpg

 

Ernest Renan ?

Un penseur sans horizon et sans talent.

 

Charles Peguy ?

Un scribouillard sans envergure.

 

C'est vrai : les écrits de ces deux penseurs de l'idée de Nation semblent bien fades face à la prose inspirée de Brice Hortefeux.

La preuve dans l'édition d'aujourd'hui de Libération : le ministre de l'Immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement y signe une brillante tribune.

Souffle, inspiration, objectivité, vision d'avenir… tout y est.

De quoi faire taire pour longtemps ceux qui reprochent au "porte-flingue de Nicolas Sarkozy" de n'être qu'un démagogue droitier sans envergure.

Reste à espérer que les méchants critiqueurs se le tiendront pour dit… 

 

Bon, vous êtes parés ?

Attentifs ?

Prêts à recevoir une jolie leçon de patriotisme ?

Sans risque d'être dérangés dans votre lecture par l'un de ces Noirs ou Arabes venus nous manger la laine sur le dos et mugir dans nos campagnes ?

Ok, allons-y. 

 

medium_démarrage.jpg

 

Oui : ça part sur les chapeaux de roue.

"Permettez-moi d'exposer à mon tour ma vision de l'identité nationale", débute le ministre avec un charmant côté scolaire qui fleure bon la rédaction du cours moyen.

Laquelle vision se révèle plutôt basique.

En fait, elle se résume en un "constat" : rien ne va plus, ma bonne dame.

"Jusqu'à aujourd'hui, il était assez simple de se sentir Français. Qu'on le veuille ou non, plusieurs vecteurs contribuaient au sentiment d'identité nationale."

Comme disait l'autre, c'était mieux avant. 

Et l'époque bénie où tout était facile est désormais derrière nous.

Et oui : "Qu'on le veuille ou non, une bonne partie de ce qui forgeait la Nation française s'est disloquée".

Disloquée…

Carrément.

medium_écroulement.jpg

 

Mais pas d'inquiétude : Brice sait pourquoi l'identité nationale est ainsi partie en couilles.

C'est la faute à la "suspension du service national".

Tant avoir fait le gugusse sous l'uniforme, en obéissant aux ordres débiles d'un gradé frustré, vous forgeait une conscience nationale…

C'est la faute à la fin du "monopole des chaînes publiques dans le cadre de l'ORTF".

Tant avoir régulièrement maté Cinq colonnes à la Une faisait de vous un Français pure souche…

C'est aussi la faute au principe de libre circulation des marchandises du Traité de Rome, à la mondialisation des échanges, à internet, à la mise en avant de mémoires communautaires… bref, à tous ces trucs du monde moderne qui nous empêchent de vivre comme il y a quatre-vingt ans.

Si c'est pas de la vision…

ORTF, douanes aux frontières, service militaire : c'est ça, la France, Monsieur !

medium_drapeau.jpg

 

Bon, le ministre est pas si con.

Et a senti que l'on pourrait gloser sur ces exemples tirés de l'Almanach-Vermot, que l'on pourrait moquer ces considérations dignes du café du commerce.

Pour l'éviter, il a émaillé sa tribune de quelques phrases incompréhensibles, sans rien à voir avec le schmilblick mais propres à faire intellectuel.

Style : "Puisque désormais l'on peut être Français, entre autres et par exemple, baraguine-t-il, au nom de quoi l'identité nationale serait la seule dont on ne pourrait plus parler ? "

Hein, je vous le demande un peu ?

 

Au fond, tout ce baratin n'a qu'un but : arriver à la justification de l'objectif d'immigration économique mis en avant par le chef du gouvernement.

C'est donc le paragraphe central de la tribune, même s'il n'a aucun rapport avec la pseudo-dialectique sur l'identité nationale qui l'enrobe.

"Nous allons rééquilibrer la part d'immigration économique par rapport à celle de l'immigration familiale puisqu'en agissant ainsi, nous adresserons un message à ceux qui, parmi eux, veulent devenir Français comme à ceux qui le sont déjà : celui du projet plutôt que celui de l'héritage", résume Brice avec grandes difficultés.

Et : "Le devoir de mémoire ne suffit plus, il faut aussi le devoir de servir."

Rien à voir, mais on s'en fiche : emballé, c'est pesé.

 

Au final, personne n'a rien compris, tant Brice Hortefeux a noyé le poisson.

Mais le principal est qu'il ait habillé la volonté de trier le bon grain de l'immigré d'une apparence de réflexion sur l'idée de Nation.

Ne lui reste plus qu'à mentionner quelques écrivains francophones, de Ben Jelloun à Senghor, de Beckett à Cheng.

Qu'à redire que la constitution d'un ministère de l'Immigration et de l'identité nationale n'a rien de vichyssois, non, bien sûr que non.

Et qu'à conclure démagogiquement en dénonçant un débat "qui alimente les tribunes plus qu'elle ne dérange le peuple électeur". 

 

Ça y est : le pensum est fini.

Un joli baratin, terminé sur une note clairvoyante : "Je demande à être jugé sur mes actes plus que condamné sur des mots", point-finalise Brice Hortefeux.

Vu comme le ministre manie la plume, c'est peut-être là la seule phrase honnête de cette tribune…

26/07/2007

Absentéisme des députés : touche pas au grisbi, Guy !

medium_gissinger.jpg

 

Vous connaissez Antoine Gissinger ?

Oui, moi non plus.

Enfin, je ne le connaissais pas ; c'est désormais chose (succintement) faite.

Sachez juste que le bonhomme, mort en 2005, a été député du Haut-Rhin de 1968 à 1986.

Et que 18 ans de mandat n'ont pas réussi à lasser ce membre du RPR. Bosseur forcené, politique conscienceux, l'homme a fini par se faire remarquer, loin des caméras et des premiers plans, pour sa conduite exemplaire d'élu anonyme. Jusqu'à se voir décerner par l'Express le titre de meilleur député de France pour son assiduité aux séances et aux questions écrites.

Un élu respectable, en somme.

medium_absentéisme.2.jpg

 

Il n'a échappé à personne que les députés prenant leur mandat aussi à coeur que Gissinger ne sont pas légions à l'Assemblée.

L'institut Montaigne, pourtant pas vraiment un nid de révolutionnaires, en a fait le constat dans un rapport paru en décembre 2006, Député, un job à plein temps. Les membres du think-thank libéral y évoquent "cet absentéisme qui décime les bancs de l'Assemblée et du Sénat en dehors de la petite période qui va du mardi matin au mercredi soir", et en concluent que "le mandat parlementaire n’est pas un job à plein temps".

Ce que semble aussi penser Guy Carcassonne, membre du tout neuf comité de réflexion sur la réforme des institutions. L'ancien proche de Lionel Jospin vient en effet de jeter un petit pavé dans la mare en proposant de procéder à des "retenues sur salaire" pour combattre l'absentéisme parlementaire.

Soit la menace pour les députés qui ne sont pas présents au moins deux jours par semaine (sur trois jours de séances hebdomadaires, du mardi matin au jeudi soir), de se voir sabrer jusqu'au tiers de leur indemnité de 6 000 €, sanction financière ayant cours au Bundestag ou au Parlement européen. 

 

Autant dire que ça a fait son petit effet.

Et que la proposition de Carcassonne a suscité une véritable levée de bouclier des députés.

Qu'ils soient de droite et de gauche, tous ont rejeté cette "idée démagogique" qui les frapperait au portefeuille.

Ainsi de Claude Goasguen qui, repris par Le Figaro, dénonce avec une grande vigueur une "proposition simpliste (qui) surfe sur une vague populiste".

Ou de Jean-François Copé : un tel débat "alimente l'antiparlementarisme et jette les députés aux piranhas", a osé le président du groupe UMP à l'Assemblée.  

En un mot : touche pas au grisbi, Guy !

medium_grisbi.2.jpg

 

Depuis deux jours, on assiste donc à un véritable choeur de vierges effarouchées. Des cris d'orfraie dans les médias qu'il serait tentant de mettre en regard avec l'activité parlementaire de ceux qui les poussent.

Non ?

Si.

Voilà donc un (tout) petit palmarès des faux-culs, basé sur le travail effectué lors de la mandature précédente, de 2002 à 2006 (palmarès qui ne concerne que les députés entamant leur 2e mandat), de ceux qui critiquent le plus la démagogie carcassonnienne. Il s'appuie sur les interventions effectuées en séance et les rapports rendus, des données disponibles sur le site de l'Assemblée nationale. Suivant les conseils d'Authueil, dans ce billet mis en ligne en septembre 2006, je n'ai pas retenu la co-signature de proposition de lois ou la rédaction de questions écrites comme critères.

 

La palme d'or ?

Elle revient haut la main et sans contestation possible à André Vallini.

                                                            medium_vallini.jpg

Avec zéro rapport de 2002 à 2006 et seulement 22 interventions en séances sur les deux dernières années de sa mandature, le député de l'Isère ne s'est pas foulé.

Ce qui n'empêche nullement l'actuel porte-parole du groupe PS à l'Assemblée de s'en prendre, au micro d'Europe 1, à une proposition "démagogique" d'un Guy Carcassonne qu'il a "connu mieux inspiré". Dans cette sanction de l'absentéisme, "idée qui comme ça de prime abord paraît séduisante", André Vallini ne voit qu'une volonté de "flatter l'opinion publique". Et ce député si peu actif de 2002 à 2006 de noyer le poisson en appelant de ses voeux un "Parlement digne de ce nom"…

Bref, un joli foutage de gueule, dont il importait de souligner le culot.

Bravo Dédé !

 

La médaille d'argent ?

Elle échoie à François Sauvadet.

medium_sauvadet.jpg

 

Un rapport en quatre ans et 78 interventions en séance de 2004 à 2006, voici le score de celui qui était alors député UDF de Côte d'Or. Soit une participation réduite au travail parlementaire (à mettre en regard avec les 13 rapports et 245 interventions de Jean-Marc Ayrault ou avec les 19 rapports et 268 interventions de Patrick Ollier).

"Le fond du problème, c'est l'encombrement du travail législatif", explique néanmoins l'actuel président du groupe du Nouveau Centre, repris par Le Figaro.

Un "encombrement du travail législatif" qui l'a empêché de s'investir dans les activités de l'hémicycle comme il l'aurait voulu ? Sans doute. 

 

La Palme spéciale ?

En la matière, Jack Lang écrase toute concurrence.

medium_lang.2.jpg

Membre du comité de réflexion sur la réforme des institutions, le député socialiste n'est peut-être pas le mieux placé pour discuter avec Guy Carcassonne de l'opportunité de sanctionner les députés abstentionnistes.

C'est qu'avec deux interventions en séance (et zéro rapport) lors de la précédente législature, il s'est sans doute distingué comme l'un des plus gros glandeurs de l'hémicycle.

De quoi être un brin gêné aux entournures, non ?

 

Un seul mot, bravo à tous.

Et un seul regret : la période de vacances aura sans doute empêché bon nombre de députés de donner leur point de vue sur ce contrôle des présences.

Dieu sait pourtant que des Ségolènes Royal (8 interventions et zéro rapport sur la dernière législature), Patrick Balkany (0 rapport, 21 interventions), Pierre Bédier (1 rapport, 3 interventions) et autres Alain Madelin (0 rapport, 8 interventions) auraient des choses à dire sur la question.

Ce n'est peut-être que partie remise ?

24/07/2007

Journalisme irrévérencieux : Arlette Chabot dénonce les pratiques de la RTBF.

medium_frites.jpg

 

Je sais pas vous.

Mais je trouve que les journalistes de la RTBF commencent un peu à se la raconter.

Un peu ?

Disons beaucoup, même.

Limite, ils péteraient plus haut que leur cul que ça ne m'étonnerait pas tout à fait.

 

On devrait pourtant être habitué : ils nous avaient déjà fait le coup quand notre caporal en chef avait levé le coude plus qu'à son habitude.

Et avaient alors cru malin de sortir les images du très petit père du peuple titubant au pupitre du G8, assorties d'un lancement des plus irrespectueux.

"… Et visiblement, il n'avait pas bu que de l'eau", avait introduit, sourire en coin, le présentateur de la RTBF, en prélude à un enregistrement qui a fini par (presque) faire le tour du monde.

Pas très cool, les Belges sur ce coup.

Pas du tout fair-play, même.

medium_carton.jpg

 

On aurait pu penser qu'après un tel coup d'éclat, ils la mettraient un peu en veilleuse à la RTBF.

Qu'ils se feraient un chouia discrets, histoire de ne pas se retrouver avec l'étiquette "irrespect" collée à vie sur l'objectif.

Et bien non !

Ces salopards de gauchistes ont remis ça.

Comme si c'était leur rôle, de ridiculiser les puissants et de montrer les failles des gouvernants.

Comme si une telle façon de faire avait sa place à la télévision.

Sans déconner…

 

La victime, cette fois ?

Disons les victimes plutôt.

Car les journalistes de la RTBF ont eu la bonne idée d'aller interroger quelques-uns des grands de la politique belge sur l'origine historique de leur fête nationale.

Et devinez quoi ?

Pas un ne savait pourquoi le plat pays est à la fête le 21 juillet.

Ni Yves Leterme, censé former le nouveau gouvernement.

Ni Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne.

Ni Guy Verhofstadt, premier Ministre sortant.

Tous dans les choux, quoi.

medium_ane.jpg

 

Une méconnaissance de l'histoire nationale que d'autres télévisions nationales (on ne pense à personne, bien entendu…) se seraient empressées de dissimuler.

Mais pas les journalistes de la RTBF.

Oh non : eux en ont profité pour enfoncer bien profond les ignorants, se fichant sans vergogne de leur inculture.

Avec une mention spéciale au probable futur premier Ministre, Yves Leterme, que l'on voit successivement échouer à la question historique, se vautrer platement quand on lui demande de chantonner l'hymne national, téléphoner sans discrétion pendant la cérémonie et faire prendre à son chauffeur un sens interdit. Un reportage que le brave homme risque de payer assez cher…

 

Bref.

Pour tout dire, je trouve plutôt scandaleuse cette volonté délibérée d'appuyer là où ça fait mal.

Ça serait même la preuve d'un profond manque de déontologie journalistique et d'une absence de tout sens des responsabilités que ça ne m'étonnerait pas plus que ça.

Heureusement, le mauvais esprit n'est pas contagieux : la télévision publique française ne tombe pas dans de tels travers.

C'est vrai, quoi : manquerait plus que la redevance serve à financer l'esprit critique…

Pas de ça chez nous, hein Arlette ?

medium_chabot.2.jpg

13/07/2007

Le Charançon en mission… A dans sept jours.

medium_hamac.jpg

 

Ça y est !

Quinze jours que j'attendais un signe.

Que je tournais en rond en guettant ce téléphone qui semblait ne jamais vouloir sonner. 

Et que je commençais à stresser : et si je n'en étais pas ?

 

Et puis…

La libération.

Le soulagement.

Ce matin, aux aurores, un appel.

Une voix grave, comme doit l'être celle d'un homme ployant sous les hautes responsabilités.

"Ici l'Elysée", a fait le gusse.

Je ne suis pas tout à fait sûr que c'était Lui en personne, mais… qui sait ?

medium_asarkotel.jpg

 

Ce qu'il me voulait ?

Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins.

Oui : c'était pour me proposer une mission.

Oui : il s'agit de faire appel à mes compétences, par-delà tout clivage partisan.

Oui : j'ai accepté (mais après cinq minutes cinq secondes de réflexion, quand même).

 

Comme j'étais mal réveillé et un peu impressionné, je n'ai pas saisi tout ce qu'il me proposait.

Mais ce que j'ai retenu était bien suffisant pour me convaincre : "…… loin…… soleil…… mission de sept jours…… au service de l'Etat…… mer…… repos complet…… prenez votre maillot de bain…… C'est d'accord ?"

 Honnêtement, je ne pouvais pas dire non.

C'est vrai quoi : c'est le genre de proposition qui ne se refuse pas.

medium_amer.jpg

 

Tout ça pour dire : Le Charançon est en vacances, retour des billets le 20 ou le 21 juillet.

D'ici là, bon courage ou bonnes vacances.

12/07/2007

Sabordage : le PS perpétue la glorieuse tradition de la marine française

medium_asabordage.jpg

 

Ça y est, je commence seulement à saisir la tactique des caciques du PS.

Oui : il y en a une.

Mais elle est tellement retorse et habilement dissimulée qu'elle ne saute pas aux yeux de prime abord.

Histoire de tromper l'ennemi.

Et ça marche : l'UMP ne voit toujours rien venir.

 

Reprenons.

L'entrée de certains socialistes et apparentés au gouvernement ?

Tactique !

Les mots doux envoyés par certains au grand phare de la Nation ?

Tactique !

Les missions acceptées par les uns et les autres ?

Tactique !

Les mises en scène et coups fourrés médiatiques de Marie-Ségolène ?

Tactique !

L'appel aujourd'hui de Jack Lang à la démission collective de la direction du parti ?

Tactique !

 

Tout ça était prévu, planifié, dans le cadre d'un grand plan de contre-attaque. 

En fait, le PS nous refait le coup de la marine française à Toulon en 1942.

medium_sabordage_toulon.2.jpg

Soit 90 navires que nos glorieux amiraux avaient décidé de couler le 27 novembre, pour éviter qu'ils n'aient à combattre l'occuppant allemand.

Une stratégie reposant sur une idée forte : surprendre l'adversaire en faisant à sa place ce qu'il avait prévu de faire.

Ce qui peut (mais pas toujours) le laisser tellement interloqué qu'il en oublie alors de se battre.

 

En un mot : très…

Mais alors très très finaud.

Du grand art !

medium_anaufrage.jpg
 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu