Avertir le modérateur

01/09/2007

Dépénalisation du droit des affaires : abus de biens sociaux, délits d'initiés, trucage des bilans financiers… on va enfin arrêter de nous faire chier pour des conneries

medium_champagne.2.jpg

 

 Enfin !

Il était temps.

A force d'attendre, j'avais perdu espoir.

Et je n'espérais même plus voir cette dépénalisation du droit des affaires un jour mise en place.

Tant ce foutu pays de fonctionnaires et de gauchistes s'ingénie à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui entreprennent.

 

C'est vrai : les gens ne se rendent pas compte.

Ils ne savent pas combien l'on nous complique la vie.

Avec tout un tas de réglementations obsolètes.

De contôles perpétuels.

Et de lois si tâtillonnes et omniprésentes qu'elles feraient même peur au plus endurci des bureaucrates staliniens.

Résultat ?

Les chefs d'entreprise sont bridés.

Poursuivis de toute part.

Les patrons sont persécutés.

Embastillés pour des broutilles. 

medium_bakance.jpg

Quoi ?

J'exagère ?

Ah mais : pas du tout !

Prenez mon exemple.

Ma boîte, je l'ai créée il y a dix ans, montée de A à Z.

Et j'ai travaillé comme un fou pour la développer, suant sang et eau, ne comptant pas mes heures, oeuvrant nuits et week-ends.

Bref, c'est mon bébé.

Alors : imaginer qu'un juge pourrait un jour venir fourrer son sale nez dans mes bilans.

Fouiller dans mes livres de compte.

Et fouiner partout à la recherche d'une petite erreur d'écriture ou d'une banale faute de gestion.

Ça me rend fou.

Complétement.

medium_fou.jpg

Et même…

En admettant que j'ai fait une petite connerie.

Rien de grave, hein.

Disons un abus de bien social de rien du tout, par exemple quelques-uns de mes employés effectuant des travaux à mon domicile.

Ou un très léger trucage des bilans financiers, histoire de rassurer mes créanciers.

Ou bien un délit d'initié sans conséquence, juste une petite info essentielle passée en douce à quelques amis.

Ou encore un emploi fictif anodin, pour rendre service au suppléant de mon député.

Et bien, quoi ?

L'on viendrait m'emmerder pour ces broutilles ?

L'on me traînerait au tribunal pour ça ?

Sans déconner…

 

Heureusement qu'il n'y a pas que des gauchistes en France.

Mais aussi des gens qui nous comprennent.

"La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme", a ainsi annoncé jeudi Nicolas Sarkozy à des collègues à moi, tous émus d'entendre enfin de si douces paroles.

Comment parvenir "à rendre aux Français le goût du risque" et d'entreprendre "si au risque financier s'ajoute systématiquement le risque pénal ? Si la moindre erreur de gestion peut vous conduire en prison ?", a poursuivi l'ancien maire de Neuilly, ami de tous les patrons.  

medium_cachot.jpg

C'est vrai ça : comment ?

 

Le Figaro lui aussi se pose la question.

Et l'éditorialiste Yves Thréad a la réponse : "Le projet de Nicolas Sarkozy appelle un changement d'état d'esprit. Ambition délicate dans un pays qui ne déborde pas d'amour pour les entrepreneurs ; où le rôle de l'État prévaut sur l'autorégulation du marché ; où la réussite et l'argent sont toujours un peu suspects."

Voilà : il suffit que l'on change un peu de mentalité.

Que l'on arrête de jalouser ceux qui ont réussi.

Que l'Etat se mêle un peu de ce qui le regarde.

Et tout ira bien.

Si vous saviez comme cela me fait plaisir d'entendre enfin ça…

medium_joie.2.jpg

Maintenant, faudrait juste que Rachida Dati se bouge un peu les fesses.

Et se dépêche de le pondre, ce projet de loi.

Parce que…

Je ne sais pas si je dois vous le dire…

Ça me gêne un peu de l'avouer…

Mais il y a quelques petits trucs dans mes bilans qui feraient bien kiffer les juges.

Rien d'essentiel, quelques chiffres qui ne collent pas.

Ça serait quand même un comble que l'on bride mon "goût d'entreprendre" pour des détails aussi anodins.

Non ?

 

PS : Ceux qui voudraient une explication claire et précise de ce que recouvre le terme "erreur de gestion" et de ce qu'implique la dépénalisation du droit des affaires auront tout intérêt à lire cet article bref, concis et bien fait d'un certain CDGDP sur le site Comme4News.

Ceux qui préfèrent rigoler en voyant une journaliste faire le grand écart se reporteront à l'article d'Anne Salomon dans le Figaro. Dans ce papier intitulé La Chancellerie attaque le grand chantier du droit des affaires, l'auteure présente la pénalisation comme une absurdité sanctionnant des délits aussi essentiels que "l'absence de réunion d'une assemblée générale des actionnaires dans les six mois de la clôture des comptes d'une entreprise" quand elle n'est pas instrumentalisée par les entreprises. Avant de reconnaître, au détour du papier, que 98% des procédures pénales engagées concernent des abus de biens sociaux. Dommage…

Enfin, ceux qui sont curieux de voir comment le pays du libéralisme-roi traite les patrons indélicats devraient faire un petit détour par la fiche Wikipedia sur le scandale Enron. Dans ce domaine, les Américains ne semblent pas craindre de brider le "goût du risque" des entrepreneurs.

Commentaires

Vraiment Charençon, je crois que tu n'as ri-en com-pris. Mais rien de rien. Je sens que tu fais du mauvais esprit anti-entreprise dans ton P.S. Tsst... Tsst... Ce n'est pas sérieux.

Tu n'entends pas la Bonne Parole ? Lis Mme Parisot.

http://www.medef.fr/main/core.php?pag_id=507

Tous ses discours et interventions sont si lumineux. Ma Bible c'est le site du MEDEF.

Écrit par : Françoise | 01/09/2007

Et comme ça, il n'y aura pas de récidive, donc pas de peine plancher. Ils nous prennent pour des c... ou des gens comme eux, sans coeur. Beurk.

Écrit par : Noura | 01/09/2007

@ Françoise : du mauvais esprit ? Jamais. Nicolas Sarkozy est mon guide, Parisot mon étoile. Et je ne m'en lasse pas.

@ Noura : oui, beurk.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 01/09/2007

Et si on dépénalisait les délits routiers... Demandont à Sarko de supprimer les radars qu'il a enfantés, les contrôles de police tatillons et tous pied au plancher!.. Pourquoi limiter le grand souffle libéral à l'économie alors qu'en le laissant balayer nos belles routes de France, il pourrait contribuer au renouvellemnt plus fréquent du parc de véhicules et créer ainsi de nouveaux emplois délocalisés.

Un krypto-gauchiste

Écrit par : RICHARD | 12/09/2007

NE VAUT IL PAS MIEUX ENCOURAGER LA FRANCE QUI GAGNE CELLE DES ENTREPRENEURS QUI RISQUENT LEUR ARGENT LEUR SANTE ET QUI CREENT DES EMPLOIS FUT CE AU PRIX DE LEGERS DEBORDEMENTS QUE LA FRANCE DES TRAINES PATINS QUI VIVENT EN PERMANENCE AUX CROCHETS DE LA COLLECTIVITE. NOS BIENFAITEURS CE SONT EUX.

Écrit par : ALBANO | 12/09/2007

@ Richard : oui, dépénalisons tout. Et la drogue, aussi… ça aussi, ça créérait des emplois.

@ Albano : je ne sais que répondre… Euh… non ?

Écrit par : Le Charançon Libéré | 12/09/2007

T'as raison camarade! ils nous emmerdent tous ces cocos, guauchos, et autres, qu'ils nous laissent monter nos petites entreprises! ras le bol des flics qui nous ennuient dans nos petits commerces lucratifs ( c'est pas du sucre en poudre! comme dirait Fernand reynaud). Vive le liberalisme a tout va.

Écrit par : grave | 04/10/2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu