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11/09/2007

Après les "flics", le Petit Robert s'en prend aux CRS. Mais que fait la police ?

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Elle avait jusqu'à maintenant échappé à la sagacité de tous les observateurs.

Tous ?

Non : elle ne m'a pas échappé, à moi.

Et mon profond sens civique et mon respect de l'autorité me poussent aujourd'hui à la rendre publique.

 

De quoi s'agit-il ?

D'une nouvelle entrée problématique de l'édition 2008 du Petit Robert.

Après avoir déclenché la polémique, la définition de Rebeu est désormais connue de tous : "T'es un pauvre petit rebeu qu'un connard de flic fait chier, c'est ça."

Mais la définition de Pute est passée plus inaperçue.

Elle vaut pourtant aussi son paquet de cacahouettes.

Jugez donc : "T'es qu'une pauvre petite de pute qu'un abruti de CRS essaie de se taper gratos, c'est ça." (*)

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Pas sûr pourtant que le syndicat Alliance réagisse avec une grande vigueur cette fois-ci (hormis le boycott annoncé des distributeurs de préservatifs), tant le procès en cours de trois policiers violeurs de la CRS 7 tourne au réquisitoire pour l'ensemble de cette compagnie.

"Mais (l'enquête de l'IGS) révélait aussi les dérives de la section 5 de la compagnie CRS 7 (…). Dans les chambrées de la compagnie, on se racontait volontiers les virées nocturnes sur les boulevards des Maréchaux (…) et tous les avantages qu'on pouvait tirer de l'uniforme : des repas à bas prix chez les commerçants, un accueil soigné dans un club échangiste et des prostituées en libre-service", écrivait ainsi le Monde du 8 septembre.

Un autre CRS a expliqué au micro d'Europe 1, repris par le Journal du Dimanche, qu'ils y allaient "dans la joie et la bonne humeur entre guillemets, on jouait sur notre qualité de policiers, on négociait les prix en disant: 'c'est combien pour la police, tu viens d'où, tu as quel âge'. Peut-être qu'[elles] ne pensaient pas qu'on rigolait. La plupart du temps, on était sous l'effet de l'alcool, sous l'effet de groupe. C'était connu et toléré de la hiérarchie."

Oui : "Dans la joie et la bonne humeur"…

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A l'évidence au courant, la hiérarchie n'est pourtant pas la seule responsable.

Tant une ombre plane sur ce procès.

C'est celle de Nicolas Sarkozy qui, en 2003, a fait adopter la loi sur le racolage passif : "Le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération ou d'une promesse de rémunération est puni de deux mois d'emprisonnement et de 3 750 € d'amende."

Avec le résultat que l'on sait : rendre moins visible la prostitution et en fragiliser les acteurs.

 

Tous les acteurs de terrain sont unanimes.

Les choses n'ont fait qu'empirer depuis 2003. 

"Le délit de racolage passif a eu pour premier effet de déplacer les prostituées vers les périphéries, les axes routiers, les zones boisées", explique ainsi le chef de l’Office central pour la Répression du trafic des Etres humains dans un dossier de Médecins du Monde, publié en juin 2006.

Dossier qui liste longuement les conséquences néfastes de la pénalisation du racolage passif : difficultés de la prévention, interpellations abusives, refus de soins, non-respect des droits, augmentation de la violence, hausse de la précarité.

Un constat qui est aussi dressé dans un article de La Libre Belgique, repris sur le site Bella Ciao : Pour les prostituées, "cette loi a fragilisé l’ensemble des travailleurs du sexe. Les tarifs des passes ont fortement baissé. La négociation du préservatif est plus difficile. L’illégalité et la clandestinité sont devenues la porte ouverte à tous les abus."

Et le journaliste de citer un rapport rendu en 2006 par La Ligue des droits de l'Homme, Le MRAP, Le Syndicat des avocats et Le Syndicat de la magistrature montrant que "certains policiers abusent de plus en plus de leur pouvoir : contrôles d’identité, confiscation de préservatifs, arrestations, gardes à vue, racket, violences verbales et physiques, viols."

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Bref : sur le trottoir aussi, les choses se sont largement aggravées depuis que le petit Nicolas s'en est mêlé.

Et les policiers de la CRS 7 en ont largement profité.

Libre d'user de leur statut pour "exercer un chantage en menaçant (les prostituées) de provoquer leur retour dans leur pays si elles refusaient de faire ce qu'ils leur demandaient".

Pourquoi s'en priver ?

On ne refuse pas un "sandwich à tarif réduit"…

 

Vous avez encore faim, vous ?

 

PS : (*) ok, ce n'est pas pour de vrai. Mais ça pourrait,non ?

Commentaires

Et dire qu'on a fermé les maisons closes... Elles l'étaient déjà.

J'ai l'air de blaguer, là, mais en fait je me suis toujours posé la question : pourquoi a-t-on fait ça ? Je pense qu'on n'empêchera jamais la prostitution (voir comment on en abuse chez nos chers politiciens... Je sais c'est pas la même chose, mais...), c'est triste, mais c'est comme ça. Plutôt que de laisser les femmes (et les hommes) faire le tapin dans des conditions abominables elles seraient mieux dans des bordels légaux comme cela se fait en Allemagne par exemple.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Prostitution

Écrit par : Françoise | 11/09/2007

hello

bein aujourdhui je crois que j'ai pas tout compris
c'est quoi le rapport entre petit Robert et le procès des CRS qui abusaient de ces demoiselles ?

mais je partage completement votre point de vue sur la loi du délit de racollage passif ou la fermeture des maisons closes. Quand on voit comment ca se passe en Espagne avec les maisons closes on se dit vraiment qu'on a pas fait le bon choix en France. DEs conditions d'hygienes, des preservatifs, ...... une prostitution bcp plus "propre"
Encore une loi "choc" à la con élaboré par notre tant aimé Dictateur de la monarchie républicaine.

Écrit par : GASKA | 11/09/2007

@ Françoise : c'est toujours pareil, mieux vaut officialiser et contrôler qu'interdire. Une règle qui vaut pour la prostitution comme pour la drogue. Si l'on était un peu plus malin…

@ Gaska : le rapport est plus que lointain. C'était un vague parallèle entre les cris d'offraies poussés par les policiers quand on touche à leur supposé honneur (confére la réaction de la corporation sur la défintion du Petit Robert) et la réalité de cette déontologie sur le terrain…
Pour le reste, on est d'accord.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 11/09/2007

Ah, la police française... une calamité hélas, c'est peu de le dire. Même si ce n'est pas forcément la faute de ces braves flics, j'ncriminerai plutôt les méthodes de recrutement et l'organisation.

C'est à mettre en comparaison avec la police japonaise, d'abord une police de proximité (un "koban", îlot de police, tous les km grossomodo) qui fait partie du maillage civique de la société, avec deux fois moins d'effectifs qu'en France. Ici, on supprime ce qui pouvait ressembler à de la police de proximité, pour en faire exclusivement une police "qui vient d'en haut". Les CRS en sont les dignes représentants: ils débarquent de leur milieu de classe moyenne dans des commissariats blindés du centre-ville pour faire des descentes dans les quartiers populaires, ne manquant pas de s'en prendre aux marchandes de fruits et légumes en situation irrégulière alors que les dealers à 50 mètres ne sont jamais inquiétés (en référence à l'incident récent du tabassage d'une femme enceinte à Marseille).

Écrit par : Jean-Léon Saint Bernard | 11/09/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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