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18/10/2007

National-socialisme : les Allemands se souviennent, on aurait préféré que non…

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C'est un étrange sondage.

Qui fait froid dans le dos.

Et dont on se demande s'il faut lui accorder du crédit.

Avant de se rendre à l'évidence : oui, il faut.

 

Pour le compte du magazine Stern, l'Institut de sondage Forsa a interrogé les Teutons sur leur rapport au nazisme.

Leur demandant notamment si le régime nazi avait eu des bons côtés.

Oui : des bons côtés…

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Du style : "Ach, d'accord, d'accord, il y a eu le génocide des juifs, le totalitarisme et la guerre, mais quand même, Herr General : est-ce que les rutabagas n'étaient pas meilleurs à l'époque ?"

Ou : "Si on enlève ces fichus camps, les six millions de juifs exterminés et les dizaines de millions de morts de la Seconde Guerre mondiale, Herr Kamarad, vous n'éprouvez pas un brin de nostalgie pour la glorieuse époque du national-socialisme et ses routes joliment tirées au cordeau ?"

 

Que croyez-vous que les Allemands ont répondu ?

Je vous le donne en mille…

Ben oui : ils ont massivement déclaré que ce n'était pas si mal, le régime nazi.

Massivement ?

Presque : "Un quart des Allemands jugent que le régime d'Adolf Hitler a aussi eu des bons côtés, comme en matière de construction d'autoroutes ou de politique familiale", cite Le Monde dans un article qui conte comment certaines barrières vis-à-vis du nazisme n'ont cessé de sauter ces derniers mois en Allemagne.

 

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Donc : 25 %.

Auxquels il faut ajouter les 5 % d'abrutis qui ont dit ne pas connaître la réponse à la question.

Pas folichon, hein ?

Mais il y a pire : chez les plus de 60 ans, soit les Allemands nés avant 1947 (qui ont donc eu logiquement à connaître du nazisme par la bouche de leurs parents et entourage), le sondage s'emballe.

Et ce sont 37 % des personnes interrogées qui trouvent du bon au régime nazi.

Oui : ça calme…

 

Le magazine Stern s'interroge sur cette déprimante bienveillance.

Ce qui donne en allemand : "Warum noch immer jeder vierte Deutsche glaubt, dass die Hitler-Diktatur auch gute Seiten hatte ?"

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Hein, warum ?

Je vous laisse y réfléchir, moi je ne trouve pas.

Mais j'ai de plus en plus l'impression que le temps où il faudra se lever violemment contre la bêtise crasse et la méchanceté se rapproche.  

Parce que ceux qui ont clamé sur tous les toits que la bête immonde était morte se sont fourrés le doigt dans le nez jusqu'au plexus.

 

PS : photos extraites de l'album d'Auschwitz, soit des images prises dans le camps d'extermination d'Auschwitz-Birkenau à l'été 1944 : photos consultables ici, sur le site du Mémorial de Yad Vashem.

 

Commentaires

Mon cher Charançon, il y en pas mal non plus qui trouve que la colonisation a eu de bons côtés! Étrange, mais ce sont à peu près les mêmes motifs qui sont invoqués pour justifier un tant soit peu certains bienfaits de la colonisation : construction des routes, des écoles, des dispensaires etc... tout cela grâce à des millions de morts, la déportation, l'esclavagisme...Il n'y a pas que chez les allemands que la bête dort encore!

Écrit par : Jean-Marie Belgique | 18/10/2007

Charançon, (ou quelqu'un d'autre) serait-il possible d'avoir la traduction de la phrase ? À part "Warum", "Deutsche" et "Hitler-Diktatur" je ne comprends pas (jamais fait d'allemand, désolée).

C'est vrai qu'il y a de mauvaises tendances en ce moment un peu partout. Je dirais même des tendances mauvaises, et je crois bien que nous n'y échappons pas...

http://fr.rian.ru/russia/20071010/83354187.html

Écrit par : Françoise | 18/10/2007

@ françoise:
Le piège nazi
pourquoi 1 allemand sur 4 continue de croire que le national-socialisme avait de bons cotés.

Écrit par : lev | 18/10/2007

@ Lev,

Merci !

Écrit par : Françoise | 18/10/2007

J'espère que je vais bien me faire comprendre, parceque je ne cautionnne en aucun cas ces ordures naso-facho ! Mais j'élargis :
L'HOMME EST UN LOUP POUR L'HOMME.
CHAQUE SYSTEME ECRASE UNE PARTIE DE LA SOCIETE HUMAINE
Chaque système a son lot d'horreurs :
- Les facho dans les années 30 et 40 en Europe (des millions de morts juifs, opposants, homos, etc.)
- L'esclavagisme : pratiqué par les européens, par les arabes (encore aujourd'hui dans certains pays), sans oublier certaines tribus africaines qui vendaient les membres d'autres tribues dominées.
- Napoléon et son Empire a du en faire pas mal aussi au XIXe
- Les turcs avec les arméniens
- Le système communiste, ses goulags et ses horreurs
- Le système capitaliste dont l'organisation actuelle tue à la tâche des millions de personnes dans le tiers-monde ou par dépression nerveuse chez nous ! et tue plus largement la planète, consommer toujours plus, polluer toujours plus jusqu'à quand ?! (...etc...)
Et pourtant dans chaque système il y a aussi de bon côtés.
ET SI LE COTE OBSCUR ETAIT EN CHACUN DE NOUS ? Quand on achète notre viande, on pense pas au bétail qui a fait les frais de nos besoins carnassiers.
Parfois, j'ai honte d'être un être humain...

Écrit par : oliv | 18/10/2007

J'ai vécu trente ans en Alsace et j'ai parfois entendu cette phrase : "Au moins du temps de Hitler, il y avait de l'ordre". Ce qui ne voulait pas dire simplement peu de délinquance, mais aussi aucune grève ou manifestation et surtout pas d'Arabes ou de Turcs. Ce n'est pas arrivé fréquemment, mais quand même... des personnes âgées n'hésitaient pas à le dire comme une évidence. Et j'ai entendu un CPE déclarer que lui s'était battu pour son pays... mais c'était dans la Wehrmacht à la fin de la guerre ! Et comme beaucoup de gens d'extrême droite dans cette région, il était dans la mouvance autonomiste-indépendantiste qui s'était massivement ralliée au nazisme durant la guerre. Suffit de gratter un peu là pour voir que si les Allemands ont fait un travail sur la mémoire, ce n'est pas du tout le cas des Alsaciens (tout comme des Autrichiens) qui se posent d'abord en victimes à cause des malgré-nous, alors que le courant autonomiste a largement participé aux institutions nazies. C'est la thèse de Freddy Raphaël dans sa Psychanalyse de l'Alsace et je la partage. Cela explique pour une part les scores monstrueux de l'extrême droite dans cette région (il faut additionner le FN, le MNR et Alsace d'abord). Ah ! quand mes parents ont aménagé dans leur maison, on a trouvé le portrait d'Hitler et Mein Kampf au grenier : les propriétaires ne les avaient pas jetés, cela pouvait toujours servir...

Écrit par : Dominique | 18/10/2007

Je partage l'avis d'Oliv. J'ajoute que l'humanité gagnerait beaucoup, à accompagner la critique des pouvoirs passés, Hitler, et autre Néron, critique ou l'on ne risque pas grand chose, les intéressés étant hors d'état de nuire, de celle des régimes présents, de tous bords, beaucoup plus importante pour les vivants que nous sommes, faute de quoi on les fait passer sans le dire expressément, pour des saints innocents, priches du bien absolu.
Cette vue devrait être généralisée à toutes les questions politiques (divorce, avortement, immigration, localisation des industries polluantes dans le tiers monde, libéralisation extrême etc......), en exposant clairement les avantages et inconvénients de chaque parti pris, vu par ses partisans et ses adversaires, permettant ainsi un libre choix des électeurs, alors que l'on n'entend, ou ne lit, trop souvent que le point de vue des partisans des pouvoirs en place.

Écrit par : marc | 18/10/2007

@ Jean-Marie : non, la bête dort partout, en effet. Et elle se réveille dangereusement.
Mais je n'irais quand même pas jusqu'à rapprocher colonisation et nazisme. Si ce n'est, je vous rejoins sur ce point, dans cet argumentaire de justification basé sur les infrastructures et le pseudo-confort matériel apporté.

@ Françoise : désolé pour la traduction, heureusement que Lev était là.
Par contre, je n'arrive pas à ouvrir ton lien.

@ Lev : merci :-)

@ Oliv : je partage votre conclusion, cette idée que la bête sommeille en chacun, y compris dans la banalité. Je vous renvoie d'ailleurs sans scrupules (vive l'auto-promo !) sur ce billet écrit sur le sujet : http://lecharenconlibere.20minutes-blogs.fr/archive/2007/09/25/nazi.html

Par contre, je dois bien avouer que je ne vous rejoints pas du tout dans le rapprochement qui est fait avec les autres dictatures, totalitarismes ou oppressions.
Parce que je reste convaincu que le régime nazi est unique dans son horreur absolu, dans sa volonté d'extermination totale. Et que je pense que chercher à le rapprocher d'autres déviances revient à le banaliser, même quand les intentions sont pures et louables.
Cela n'enlève rien à la justesse de votre liste : toutes des horreurs en effet, à des degrés divers. Sauf pour la viande : j'ai faim, moi :-)

@ Dominique : ah, l'Alsace… un véritable poème à la gloire de tous les égoïsmes, de toutes les petites rancoeurs et des sales compromissions historiques (si je parais trop violent sur ce point, c'est sans doute en raison de mes origines vosgiennes. Quoique…)
Je vous rejoints en tout point, Comte de Champignac. Notamment sur ce travail de mémoire qui n'a pas été fait, sur ces responsabilités trop longtemps tues (les Malgré-Nous ont beau dos, parfois…) et sur ce terreau tellement propice à l'extrême-droite. D'où ma note, d'ailleurs : à la différence des Alsaciens et des Autichiens, je croyais que les Allemands avaient définitivement réglés leur relation au régime hitlérien par le travail de mémoire. Alors qu'en fait : non.

@ Marc : vous rêvez d'une analyse objective de tous les partis et régimes, en fait ? Je pense qu'il ne faut pas vous faire d'illusions : cela n'arrivera jamais (c'est même à l'inverse que nous assistons, avec la mainmise sur les médias, la propagande perpétuelle et le biais perpétuel de l'idéologie).
Mais si j'en crois votre commentaire, vous avez vous-même commencé ce travail : c'est la seule chose à faire, vous forger votre conscience et ignorer votre environnement.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 18/10/2007

Charançon,

C'est un article de RIA Novosti. Le site semble avoir été en panne un moment. Là j'arrive à l'ouvrir.

Écrit par : Françoise | 18/10/2007

En effet, ce coup-ci, ça marche. Ceci dit, je me méfie un peu de Novosti, organe officiel du pouvoir russe.

Comme Wikipedia l'explique : "Les informations en provenance de Russie et des pays de la CEI constituent le vivier de l'activité de l'agence. RIA Novosti considère "l'opérativité et l'objectivité, l'indépendance par rapport à la conjoncture politique" comme les critères les plus importants de son activité. Sa dépendace vis-à-vis de son ministère de tutelle rend de fait cette "indépendance" pour le moins théorique. En particulier, RIA Novosti est chargée de diffuser les déclarations officielles du gouvernement russe, des ministères et départements."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Novosti

Ce qui me gêne sur ce coup, c'est la façon dont l'article donne des leçons à la Lettonie et à l'Estonie, mais ne mentionne pas la Russie, pourtant sans doute le plus grand vivier de skins dans le monde à l'heure actuelle.
A preuve, ces deux papiers :
http://fr.altermedia.info/general/des-skinheads-en-russie_6546.html
http://www.lexpress.fr/info/monde/dossier/russie/dossier.asp?ida=415589

Ce qui n'enlève rien à la chose que tu soulignais, soit la croissance incroyable des mouvements violents d'extrême-droite en Europe de l'Est, que ce soit en Russie, Lettonie ou Estonie.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 18/10/2007

Charançon,

Je suis d'accord avec tes restrictions. Mais il n'y a que là que j'ai trouvé l'info.

Écrit par : Françoise | 18/10/2007

Charancon,

Je ne partage pas les analyses sur les alsaciens. Je vis depuis 15 ans en Alsace et je ne mereconnais pas du tout mais alors pas du tout dans les quelques post qui en parle. Le travail de memoire de l'Alsace est un faut probleme ou alors il faudrait faire celui de l'aquitaine ou de la picardie. Le statut de l'Alsace moselle n'a pas ete voulu par les alsaciens et les malgré nous sont plus qu'une excuse. Le statut donné par les nazis a l'Alsace a favorisé l'emergence des nazillons qui existait dans toute la france. Les scores importants du front national sont un scandale mais ne permettent pas de les nazifier de cette facon ou alors autant le faire pour PACA ou Languedoc Roussillon. C'est odieux et meconnaitre pleinement c'est gens.

Écrit par : le ron | 18/10/2007

@ Françoise : tu as raison, je coupais les cheveux en quatre.

@ Le Ron : mon regard sur les Alsaciens a sans doute souffert de ma naissance dans les Vosges (tant Alsaciens et Vosgiens ne peuvent pas se blairer). Et ma prose a peut-être un peu dépassé ma pensée.
Un peu, juste… parce que je reste convaincu qu'en effet, il n'y a pas eu de véritable remise en cause après la guerre. Et qu'une partie des Alsaciens se sont très bien accommodés de leur statut de province intégrée (comme ça a été le cas en Moselle).
Pour le reste, d'accord avec vous : Paca et Languedoc-Roussillon ne valent pas mieux.

PS : je ne mets pas tous le monde dans le même sac. D'ailleurs, j'adore aller passer des week-ends à Strasbourg.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 19/10/2007

C'est vrai qu'il y a des tendances inquiétantes. J'ai trouvé l'article en français le mieux documenté sur Eva Herman (la blonde en couverture du Stern) sur le site no-media info qui fait assez froid dans le dos. D'autant que son auteur (il ou elle apparemment d'origine allemande ou alsacienne comme moi) en demande encore plus à Eva Hermann. Le titre : "L'Europe nazie : Eva Herman"

Écrit par : Kat | 19/10/2007

"parce que je reste convaincu que le régime nazi est unique dans son horreur absolu, dans sa volonté d'extermination totale."

Non, malheureusement, il y a un épisode dans notre histoire où il y a eu une volonté d'extermination totale: c'est la guerre de religion protestants contre catholiques et sa célèbre journée le massacre de la Saint Barthélémy. Il n'était pas bon d'être protestant sous l'Ancien Régime du temps des derniers Valois.

Écrit par : elisabeth | 19/10/2007

@ Kat : je suis allé faire un tour sur no-info, le site calme bien en effet. Vaut mieux prendre ses pincettes pour entrer… Au final, un article bien écrit, documenté et très-très orienté gros-facho-de-la-sphère-nationaliste, qui éclaire le phénomène Herman à condition de lire entre les lignes.
Bref, tu as raison : ça fait froid dans le dos. Et doit relativement bien cadrer avec cette résurgence d'un mouvement de sympathie pour le régime nazi.

@ Elisabeth : oui, mais bon, on est quand même à des échelles différentes.
Mais si vous voulez, je précise ma phrase : "parce que je reste convaincu que le régime nazi est unique dans son horreur absolu, dans une volonté d'extermination totale qui a su instrumentaliser taylorisme et progrès technique pour procéder au génocide de 6 millions de personnes".
Et sur ce dernier point, je renvoie à la très bonne note d'Adri sur le (non moins bon mais un brin paresseux) blog Zone Autonome de Palabre Alternatif : http://zapa.over-blog.com/article-11159129.html

Écrit par : Le Charançon Libéré | 19/10/2007

Elisabeth, la Saint-Barthélémy n'a pas été un génocide dans les faits. Pas simplement parce que tous les protestants ou presque n'ont pas été tués, mais aussi parce qu'il n'y a jamais eu de projet d'extermination totale au préalable, jamais de planification industrielle des assassinats, jamais de volonté d'effacer les traces du crime. C'est un enchaînement de circonstances, les auteurs n'avaient rien programmé et les circonstances ont changé en quelques jours seulement. Certes, dans la littérature de propagande de l'époque, c'est vécu alors comme une sorte de nouveau massacre comme celui des Juifs dans l'Egypte de Pharaon parce que l'histoire antique et biblique se superposent dans l'esprit des réformés à l'histoire présente, mais c'était déjà le cas du massacre de Wassy qui inaugure ce cycle décousu de batailles (il faut tenir compte des nombreuses périodes de paix civile). Certains catholiques ont pu vouloir tuer tout le peuple protestant, mais il s'agit d'un accès à un moment donné, un crime de guerre de manière anachronique. Et c'était aussi une lutte entre les catholiques eux-mêmes pour le pouvoir (n'oublions pas que les Guise-Condé étaient de sang royal). Ou une lutte du pouvoir royal contre ses ultras qui devenaient ainsi complices et dépendants du roi.

Je réponds d'autant plus aisément que je suis protestant. Je vois les excès d'une certaine rhétorique qui amplifie le sens des massacres ou le nombre des victimes. Des occitanistes vous diraient que le premier génocide est celui de la croisade des Albigeois et ils vous inventeraient cent mille habitants tués à Béziers (on se demande comment ils pouvaient s'y loger). Les Arabes vous parleront de la prise de Jérusalem par les Croisés et de la tuerie, des viols et du sac qui eurent lieu alors. Chacun voit le génocide à sa porte pourvu qu'il ait plus de morts prétendus et cette comptabilité macabre ne peut tenir lieu de raisonnement. Ce qui importe dans le génocide, c'est non seulement l'intention, mais aussi l'organisation rationalisée et industrialisée de la mort, plus la volonté de nier à tout prix l'existence du moindre meurtre. Le génocide arménien est un génocide parce que la Turquie a toujours voulu en effacer les traces, mais elle s'est surtout préoccupée de truquage plutôt que de suppression de tous ses documents. La spécificité du génocide, c'est la négation suprême : les nazis ont rasé les camps, planté sur les sépultures, détruit les archives pourtant lentement et minitieusement constituées de la manière la plus administrative possible. Le génocidaire veut la disparition totale de l'autre, y compris dans le souvenir du meurtre, il ne veut pas être génocidaire. Les assassinats de protestants étaient parfaitement assumés et exhibés dans la France baroque des Valois. On ne trouve pas la négation chez ces gens-là et cette histoire fait partie intégrante de l'histoire de France depuis ce temps.

Écrit par : Dominique | 19/10/2007

Chapeau bas, Dominique, et total respect : la démonstration est éclatante.
Merci.
:-)

Écrit par : Le Charançon Libéré | 19/10/2007

Que faites vous des dragons de Louis 14 qui allaient dénicher les protestants dans les Cevennes? C'est la guerre des Camisards (http://fr.wikipedia.org/wiki/Camisard)

Extermination totale en tant qu'idée mais pas en tant que peuple je me suis mal exprimée.

Il n'y a qu'à voir ce lien: http://fr.wikipedia.org/wiki/Dragonnade

Écrit par : elisabeth | 19/10/2007

Je ne vais pas insister quand même... On a un bien un programme politique fait d'une série d'interdictions et d'obligations discriminatoires, une application administrative rigoureuse et planifiée lors des dragonnades, mais est-ce qu'on a une opération industrielle de tueries ? Non. Est-ce qu'on a une volonté d'effacer toute trace des crimes ensuite ? Non. Il s'agit de crimes de guerre, commis sous l'apparence d'opérations de police, exactement comme lorsque les rois très catholiques d'Espagne ont converti de force les Mozarabes et les Marannes, ou comme lorsque l'OAS et l'armée régulière lançaient leurs opérations en Algérie, ou comme Tsahal occupe encore les territoires palestiniens. Des actes condamnables et plus que blâmables certes, mais non des génocides : le même Louis XIV garantissait à la même époque (1685 révocation de l'Edit de Nantes, 1680 premier arrêté unifiant l'Alsace) les libertés des protestants en Alsace ou à Sedan (même si les catholiques étaient plus égaux que les protestants), tout simplement parce que le statut de ces Etats sous l'Ancien Régime était différent de ceux du Midi ! En outre, il le faisait contre la volonté d'éradication du protestantisme des Habsbourg sur leurs anciennes terres. Le nombre de morts, ou l'extinction d'une culture, n'est pas la preuve d'un génocide : nous devrions accuser les Romains de génocide envers les Gaulois, les Etrusques et de bien des peuples dans ce cas. L'effacement des preuves du crime est une signature du génocidaire, parce que le meurtre a lieu à trois degrés différents (la programmation administrative, l'exécution industrielle, l'effacement administratif) : il n'a pas lieu pour les dragonnades qui sont d'abord des exactions de la troupe comme il y en a eu bien avant. C'est un fait navrant et condamnable, mais non un crime contre l'humanité. La monstruosité du génocide suppose un niveau supplémentaire en terme non d'horreur ou de comptabilité funèbre, mais d'organisation. Ce qui peut être le premier vrai génocide, c'est celui des Hereros dans la Namibie par les Allemands, il s'agit d'une histoire totalement différente de celle des autres colonialismes qui ont fini par la mort culturelle ou physique de peuples. Le génocide est inséparable de l'ère industrielle.

Écrit par : Dominique | 20/10/2007

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