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21/11/2007

Les députés mettent (discrètement) à bas une taxe rétrogade : avec la suppression de l'impôt sur les opérations boursières, ces pauvres traders ne se sentent plus mal-aimés. Merci pour eux…

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Vous avez vu ça ?

Sacré style, hein ?

Oui : aspect décontracté et branché, coupe de champagne négligement portée, allure conquérante et désinvolte, costume bien coupé, réception de standing, un peu de gel dans les cheveux, toussa-toussa.

La classe.

 

Vous l'avez reconnu ?

Bien sûr que si : c'est un trader.

Un courtier en bourse.

Soit l'un de ces dynamiques jeunes gens manipulant les millions de ses clients pour le plus grand bonheur de leur portefeuille.

En théorie, du moins

 

Les ignares…

(Ne niez pas, je sais qu'il en passe ici, quelquefois)

Les ignares (donc) seront enchantés de savoir qu'il existe des signes infaillibles permettant de reconnaître un trader au premier coup d'oeil.

Indices qu'il convient ici de relever avec brieveté, sans prétendre à l'exaustivité.

- Le courtier est jeune : on ne fait pas de vieux os dans le métier. Passé la trentaine d'ailleurs, la plupart des courtiers changent de statut et deviennent rentiers.

- Le courtier a (comme tous les gens de son âge) soif de dévorer le monde, histoire de le transformer en actions, obligations et bons au porteur.

- le courtier engrange des sommes incroyables en effectuant sur les marchés des opérations spéculatives qui, dans la vraie vie, s'apparenteraient plutôt à du brigandage de grand chemin. Mais dans le monde de la finance, cela devient une façon respectable de gagner sa vie.

- le courtier se doit d'être jeune, élégant et dynamique (voir photo infra). Ce qui a pu faire dire à beaucoup (à tort évidemment) que le trader était un acteur hollywoodien raté.

- le courtier n'a pas de morale, non plus que de vie de famille. Il passe sa vie devant son ordinateur et place sa foi dans le marché. Hors de ceux-ci, point de salut.

- le courtier aime les signes extérieurs de richesse : coke, costumes de prix, carte American Express platine et voitures de luxe sont les béquilles psychologiques de tout trader qui se respecte. Ce qui, en ces temps de places boursières florissantes, peut poser quelques problèmes d'approvisionnement : à Londres, la liste d'attente pour une Rolls Royce est désormais de cinq ans, à cause des bonus extraordinaires récoltés récemment par le monde de la finance.  

- le courtier travaille uniquement vêtu d'une chemise blanche (voir photo supra).

 

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Pourquoi je vous parle de tout ça ?

Euh… disons…

Parce que c'est intéressant ?

Non.

Parce que connaître les us et coutumes des traders a un quelconque intérêt ethnologique ?

Non plus.

(Ceux qui auraient soif de connaissances en ce domaine sont vivement encouragés à se reporter sur l'excellentissime American Pyscho de Bret Easton Ellis)

Parce que je fantasme sur les dynamiques golden boys ?

Encore moins.

 

Non, si j'évoque les traders, c'est pour pousser un cocorico.

Et pour me féliciter, en votre compagnie, de ce que la France se décide enfin à ratrapper son retard dans un domaine ou les places financières anglo-saxonnes font la loi depuis trop longtemps.

Tant Londres et New-York donnent le "la" de l'élégance financière.

Imposent les références de la profession.

Et fixent le cours du gramme de cocaïne.

 

Bref : notre nation était à la traîne.

Et les traders français s'expatriaient vers des territoires plus accueillants.

Où les bolchéviques ne pèsent pas de tout leur poids malsain.

Et où ils ne font pas rien tant qu'inventer des lois et des impôts rétrogades pour réguler la spéculation financière.

Beurk…

 

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Mais vous savez quoi ?

C'est fini !

Grâce en soit rendue à une dizaine de députés assez clairvoyants pour voter la suppression de l'impôt sur les opérations boursières dans la nuit de vendredi à samedi derniers.

Un impôt qui taxait (depuis 1893) à hauteur de 0,3% les opérations supérieures à 7 668 euros.

Rapportait chaque année un peu plus de 200 millions d'euros à l'Etat.

(Ce qui, en passant, est pile-poil le montant des économies attendues de la réforme des régimes de retraite…)

Et (surtout) brisait net la compétitivité de la place financière parisienne.

Gênant son développement international mieux que ne l'auraient fait tout un paquet de boulets attachés aux chevilles des sémillants traders.

 

Vous n'en croyez rien ?

Vous persiflez ?

Vous criez au scandale en pointant un nouveau cadeau fiscal fait à des gens qui n'en avaient nul besoin ?

Bande de moules…

Ce n'est pas ça du tout.

La preuve : "Le gouvernement est favorable (à la suppression) pour des raisons de compétitivité de la place de Paris. Cet impôt sur les opérations boursières rend la place de Paris peu compétitive, ce qui amène les transactions à se délocaliser", a expliqué le ministre du Budget, Eric Woerth.

"Le maintien de cet impôt, qui n'est applicable qu'aux opérations réalisées par des intermédiaires établis en France, crée à leur détriment une très grave distorsion concurrentielle par rapport à leurs concurrents étrangers", ont braillé de concert les auteurs de l'amendement, Gilles Carrez et Yves Censi.

Lesquels ont expliqué agir au nom de "la défense de l'industrie financière".

Compris ?

 

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Il y en a qui ne s'y sont pas trompés.

Et les responsables des marchés financiers n'ont pas tardé à dire toute leur satisfaction de voir supprimé un impôt aussi néfaste.

"Cette mesure (…) constitue un geste tangible et souligne la volonté des Pouvoirs publics de prendre des mesures concrètes en faveur de la compétitivité de la place financière de Paris", a gémi de contentement le président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet.

Avant d'inviter le gouvernement à poursuivre son effort.

En "améliorant l'environnement réglementaire et fiscal pour les entreprises financières".

Et en faisant "de Paris une place plus ouverte au plan international, capable d'attirer les talents internationaux".

Les talents internationaux ?

Je vous avais bien dit qu'on parlerait des traders…

Bienvenue chez nous, les gars.

 

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Commentaires

Bon, encore une fois on a pensé au même sujet de billet...

Moi je trouve ça bien qu'on supprime les injustes impôts boursiers, et ça va drôlement simplifier les choses :

"L'impôt de bourse est bien souvent considéré comme l'un des impôts les plus injustes en matière de fiscalité sur valeurs mobilières. Cet impôt qui est en fait un "droit de timbre" peut doubler le coût d'une acquisition d'actions, notamment depuis la forte baisse des frais de courtage".

"Tout impôt porte en lui les germes de la façon dont le contourner. D'après les calculs réalisés et grâce à l'abattement de 23€, on pourrait facilement prétendre à fractionner les ordres afin que ces derniers ne franchissent pas le seuil des 7.668€. En effet, jusqu'à ce seuil, le niveau de l'impôt à verser est nul. Mais attention, le fractionnement d'un ordre boursier dans le seul but d'échapper à l'impôt est totalement interdite. Il s'agit d'un abus de droit, le fractionnement n'ayant pour but que d'échapper à l'impôt.
Ainsi, un investisseur effectuant 3 ordres similaires de 7.668€ chacun pourrait se voir contrôler et redresser pour abus de droit. L'impôt de bourse sera recalculé sur le montant total, à savoir 23.004€ et compte tenu de l'existence d'un abus de droit, une amende s'y ajoutera. Toutefois, si vous prouvez que vos ordres avaient des finalités différentes ou bien que le fractionnement ait pu vous apporter un bénéfice autre que fiscal, l'abus de droit ne pourra être retenu contre vous."

C'était bien compliqué, maintenant plus la peine de se casser la tête !

http://www.edubourse.com/guide/guide.php?fiche=impot-de-bourse

Écrit par : Françoise | 21/11/2007

ton premier trader,
il fréquente n'importe quoi !

t'as vu le gros naze derrière, tout transpirant,
qui pue des aisselles ?

t'es sûr que c'est pas des pétroliers avec un vieux tool pusher ?

Écrit par : totolezheros | 21/11/2007

@ Françoise : les grands esprits etc etc… :-)

Hallucinant, ce site : ils donnent des conseils pour bien frauder ? Sans déconner… Ceci dit, tu as raison : plus besoin de se mettre hors-la-loi maintenant.

@ Toto : bien joué, j'avais pas vu.

tu m'as mis le doute, alors j'ai vérifié mes sources : l'image vient de Dealbreaker, "a Wall Street tabloïd". C'est bien un trader, donc. Mais ce doit être un courtier communiste, prêt à frayer avec le bas-peuple bedonnant. Le traître…

@ Françoise (bis) : ça tourne à l'overdose de Grenelle. Même Ségolène s'y est mise, proposant un Grenelle du pouvoir d'achat. Pathétique.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 21/11/2007

Et pan ! Un "Grenelle" de plus...

"Sarkozy se dit prêt à "un Grenelle de la fiscalité locale""

http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?&news=4849142

Écrit par : Françoise | 21/11/2007

Bonjour.

Hélas, on ne prête qu'aux riches c'est connu.

Écrit par : ALLAIN JULES C@MMUNICATION | 21/11/2007

Trop de Grenelle tue le Grenelle, c'est ça ? Tout est bon pour liquider 68, y compris rappeler aux syndicats qu'ils n'avaient pas particulièrement brillé à ce moment-là...

Quant à la taxe supprimée, c'est les miltants d'ATTAC qui vont être contents ! Avec ça en moins, une taxe Tobin n'est pas prêt d'arriver... Mais je persifle, je persifle...

A défaut de me livrer à cet exercice que je pratique avec une aisance aux relents gauchistes malsains, laissez-moi vous raconter une petite expérience personnelle que je chéris.

Un beau jour de 2006, arrivé trop tôt au théâtre (la soirée fut d'ailleurs excellente), je vais dans un café pas loin, sur la place de la Madeleine, profitant de l'occasion pour jeter un regard en coin vers Fauchon, pas loin, par la présentation alléché et fort tenté de jouer au maoïste. Projet avorté, malheureusement, à cause de mes voisins.

Deux jeunes gens d'une trentaine d'années, traders yuppies en diable. Qui discutaient. Enfin, discuter, c'est beaucoup dire. Mettons qu'ils comparaient. L'un d'eux avait l'air d'avoir nettement plus de réussite que l'autre. Rassurez-vous, même ce mal loti ne donnait pas l'impression de devoir aller manifester au bord du canal saint-martin, quelques mois plus tard, pour réclamer un droit au logement opposable.

De quoi causaient-ils donc, ces deux-là ? Ma curiosité naturelle (et leur propension à parler très fort, il faut bien le dire) me permet de vous le narrer. De thunes. De gonzesses. Et de biens matériels. Développé, ça donnait en gros ça :

- J'ai fait une sacrée bonne affaire, hier.
– Ah, oui ? Moi, ça va, mais rien d'extraordinaire depuis un mois.
– Ouais, t'en fais pas, ça finira bien par arriver.
– Tu t'es fait un bonus, alors ?
– Ouais ! J'en ai profité pour acheter quelques bouteilles de plus pour ma cave.
– Ça t'en fait combien ?
– Deux-trois cents, je compte pas trop...
– J'en ai qu'une cinquantaine... Je sais pas où les garder, la cave de mon voisin a été cambriolée.
– Ah, ouais. [Nota : les deux buvaient de la bière à grandes lampées. Z'auraient quand même pu prendre du champagne.] Je t'ai dit que je comptais m'acheter une résidence secondaire ?

Ad nauseam... Et j'avais sacrément envie de gerber à la fin. Parce que je vous l'ai fait version soft et que ça a plus d'un an. Mais bon, c'était tout juste si ça ne se targuait pas de ses prouesses au lit, c'était émaillé de grossièretés qui n'avaient pas le charme de celles dans San Antonio, et je ne parle pas du manque de respect le plus criant pour la gent féminine. Une sorte de croisement entre le sketch de branleurs et celui de la bourse des Inconnus, si vous voyez ce que je veux dire.

Je ne saurais d'ailleurs que trop recommander la lecture de l'excellent Fumiers et Compagnie de Tom Sharpe. Les premiers chapitres, particulièrement, donnent un assez bon éclairage sur les comportements de ces dingues...

Écrit par : Redolegna | 21/11/2007

Libérez moi d'un doute Monsieur Charançon:
ce Gilles Carrez qui est à l'origine de cet amendement, ce n'est quand même pas le même que celui qui a déclaré hier à l'AFP :
"Les personnes âgées modestes de plus de 65 ans paieront désormais la redevance" (télé).
Si?
C'est vrai, toujours selon ce triste sire, que ces exonérations coûteraient "entre 40 et 60 millions d'euros par an" (admirons au passage la précision du chiffrage!) et qu'on ne peut pas satisfaire à la fois les p'tits vieux et les jeunes loups!
Choisis ton camp, camarade!

Écrit par : lev | 21/11/2007

@ Allain Jules : c'est exactement ça. Faudrait quand même pas faire des cadeaux à ceux qui en ont besoin, non ?

@ Redolegna : c'est marrant, je pensais aussi à la taxe Tobin ce matin. Clair qu'il est loin, le temps où on n'entendait parler que d'elle. C'est passé de mode, désormais.

Clair aussi que les préoccuppations varient selon le revenu. Chez certains, réussir à dépenser ses sous et s'acheter un rang social vont de pair. Comme dans cette conversations que vous contez (fort bien, d'ailleurs).

Quant à vos deux références littéraires, je ne peux qu'approuver avec conviction. Aussi bien pour San Antonio que pour Tom Sharpe. Davantage pour le deuxième, même : s'il finit par être lassant au bout d'un moment, son génie à raconter des histoires invraisemblables procure la plupart du temps une vraie jubilation au lecteur.

@ Lev : je crois qu'on parle bien du même…

C'est aussi celui qui s'était engagé en août dernier à ce que les chefs d'entreprise ne puissent déduire de l'ISF les sommes qu'ils investiraient dans leur entreprise. Avant de tourner casaque à la mi-octobre.

Le bougre commence à se constituer un palmarès tout à fait respectable, en somme.

@ Dominique : chemise à rayure et col blanc ? Mince, j'ai pas ça dans ma garde-robe. L'image de winner, ça marche aussi avec les tee-shirts troués ? Non ?

(La Camif et Monoprix, c'est classe aussi. A force d'être has-been, c'est devenu branché. Enfin… je crois)

Écrit par : Le Charançon Libéré | 21/11/2007

De mon temps (comme le disaient mon grand-père et mon père), les traders avaient des chemises colorées (et de préférence à rayures) avec seulement un col blanc ! C'était du dernier chic. La preuve : on ne voyait ça que dans sa Caisse d'Epargne ou son Crédit mutuel, comme à la télé ou dans les magazines de papier glacé. Mais je parle d'une époque ante-Michael Douglas, et le fameux col blanc s'est perdu alors que c'était un élément identifiant très fort de la tribu des winners... J'ai un beauf (on n'est pas responsable de sa famille) qui ne portait que ça puisqu'il est de la race des winners qui font des pubs de merde, et je me sentais tout petit dans mes habits Camif ou Monoprix, mais j'aurais fait rigoler mes élèves en venant accoutré ainsi en cours.

Écrit par : Dominique | 21/11/2007

Cher Charançon, tu devrais fréquenter plus souvent le site de Boursorama car cela fait déjà quelques jours que j'avais fait le parallèle entre le coût de la réforme des retraites et ce petit cadeau à ces pauvres boursicoteurs de Paris.
Boursorama est d'ailleurs pour moi un des meilleurs sites d'informations et sans censure (ou très peu).

Écrit par : Jean-Marie Belgique | 21/11/2007

Petit complément. L'impôt de bourse est supprimé et sera très vraisemblablement compensé par une hausse de l'impot sur les plus values de 2 points. Donc ca revient au même financièrement parlant. Toutefois l'impot de bourse était payé par ceux qui réalisaient des opérations relativement importantes, alors que l'impot sur les plus values est payé par tous.

Voili

Écrit par : Sébastien | 22/11/2007

@ Jean-Marie : clair que je n'ai découvert l'info que quatre jours après la décision des députés. Pour me ratrapper, j'ai rentré Boursorama dans mes favoris : la prochaine fois, je serai prévenu dans les temps. :-)

@ Sébastien : complément bienvenu, merci pour l'info.
Tout le truc est là, en effet : l'Etat n'y perdra rien au niveau de ses recettes, mais on passe encore une fois d'un impôt touchant quelques privilégiés à une taxe acquittée par tous. Petite touche par petite touche, l'inégalité continue de progresser.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 22/11/2007

C'est encore plus drôle si on met en parallèle la somme perdue par l'état dans ce cas là et la somme que le gouvernment espère économiser avec la réforme des régimes spéciaux. A croire que le gouvernment est atteint de fièvre stalinienne: égalité pour tous sauf pour moi et mes potes.

On peut quand même trouver un peu de consolation dans tout ce qui se passe: allez ressortir aux opposants aux grèves qu'ils ne sont que des égalitaristes bolcheviks. Si vous avez déjà eu un peu le courage de discuter avec un "casseur de gauchiste", vous pourrez lui ressortir la plupart de ses phrases :)

Écrit par : bongo | 23/11/2007

La suppression de l'impôt de bourse aura toutefois un avantage important. Cela permettra à plusieurs institutionnels de revenir sur le marché parisien qui redeviendra plus compétitif. Eux continueront à avoir la fiscalité de leur pays, donc ca n'influencera en rien nos impots chez nous. Mais ils investiront sur le marché, et donc par nature, augmenteront la valorisation des actions, et donc par extension les plus values des "petits" actionnaires. C'est un peu tiré par les cheveux, mais en gros c'est pour expliquer que les actionnaires payeront + d'impot mais gagneront aussi +. Bref, c'est un jeu à sommes nulles au pire, et ou chacun y gagne au mieux.

Écrit par : Sébastien | 23/11/2007

C'est sûr que votre raisonnement est pas mal tiré par les cheveux. Et augmenter la valorisation des actions profitent plus aux gros qu'aux "petits" actionnaires. D'ailleurs c'est quoi un petit actionnaire, un retraité avec une petite retraite qui s'est fait embobiné par le conseiller de sa banque ?

Et si on dit qu'on s'en fout de la compétitivité de la bourse de Paris ?

Écrit par : bongo | 23/11/2007

Ah mais rien ne vous empêche de vous foutre de la compétitivité de la Bourse de Paris. Mais il faut le dire franchement alors. Passons un impôt de bourse à 10% et un impot sur les plus values à 50%. Aucun soucis. Mais alors que les mêmes personnes ne viennent pas nous expliquer dans dix ans, pourquoi il n'existe plus aucune grosse société en France. Après si c'est assumé, aucun problème.

Écrit par : Sébastien | 23/11/2007

Allons Sebastien, il n'existe aucune grosse société française, car par définition une grosse société est une multinationale.

"""En France, en 2003, la capitalisation des entreprises "dites françaises" du CAC 40 (autrement dit des meilleures entreprises cotées) est détenue à 43,9% par les non-résidents.""" ( http://souk-fares.blogspot.com/2007/08/goumeziane-tiers-mondialisation.html ).

Les propositions d'Attac dans ce domaine sont intéressantes : http://www.france.attac.org/spip.php?article7817


Sinon, question : j'ai vu passer cette info "200 millions d'euros estpérés par la réforme des retraites". Mais je n'ai pas pu remonter à une source "fiable". C'est estimé par qui et comment ? Vous avez quelques pointeurs là-dessus ?

Écrit par : Fares | 24/11/2007

La seule fois que j'ai vu ce chiffre c'est ici:
http://www.marianne2.fr/Regimes-speciaux-tout-ca-pour-200-millions-_a81050.html

Ce qui est marrant c'est qu'avec les négociations et autres aménagements de la loi, ca se trouve on ne va même pas économiser tant que ça.

Écrit par : bongo | 24/11/2007

Concernant la réforme des régimes spéciaux, d'après ce que j'ai pu en lire, le gain financier est faible. D'ailleurs la réforme n'a pas été faite pour cela, mais pour permettre des négociations globales à partir de 2008. Il fallait juste que tout le monde soit à 40 ans avant de négocier quoique ce soit d'autres. C'est fait. Maintenant les grosses négociations vont pouvoir commencer.

D'un point de vue juridique, une société française est une société qui a son siège sociale en France et qui paye ses impôts en France. C'est le cas des entreprises cotées sur le marché français et parmi elles de nombreuses multinationales. Pour prendre le cas de Total qui est souvent mis en avant. Total a effectivement gagné 12 milliards d'euros en 2006, mais a versé plus de 13 milliards d'impots (hors charges sociales, et autres).

Et oui effectivement la place de Paris est détenue presque à majorité par des étrangers. Mais en regardant de plus près, c'est le cas de quasiment toutes les places boursières (hors Etats-Unis). Ca montre le dynamisme des entreprises françaises qui intéressent les capitaux étrangers. Cela démontre aussi que notre épargne est beaucoup trop concentré sur des titres sans risque (assurance vie, obligations, emprunt d'état)... si nous ne reportions qu'une petite partie de cette épargne sur les actions, les entreprises françaises appartiendraient très nettement aux français. On ne peut pas à la fois critiquer les actionnaires, et critiquer le fait que les entreprises françaises soient détenues en partie par des investisseurs étrangers.

Écrit par : Sébastien | 24/11/2007

Waouh ! Ça discute sec, ici. Cool.

@ Bongo : oui, une chose de claire : le seul bénéfice à attendre de cette réforme, après deux semaines de grève et au vu de son caractère limité, est politique. Et il est inutile de préciser que c'est Sarko qui tire les marrons du feu, pas les grévistes…

@ Sébastien : nous ne sommes clairement pas dans la même optique. Pour moi, les investisseurs boursiers, petits ou gros, sont d'immondes spéculateurs, qu'il faudrait embastiller avant de soumettre à la question (je schématise…). :-)

Ça va vous faire hurler et crier à la simplification gauchiste, mais je pense que trop d'importance, beaucoup trop, est donnée aux places boursières. Partant de là : pas grand chose à faire du fait d'attirer, ou non, les investisseurs sur la place parisienne. Mëme pour permettre aux petits actionnaires de réaliser de plus gros dividendes.

@ Bongo (bis) : je nous sens plutôt d'accord, sur ce coup.

@ Sébastien (bis) : en ce qui me concerne, c'est assumé. La financiarisation extrême de l'économie ne profite qu'à une très petite minorité, qui joue sur des valorisations sans aucun rapport avec la réalité. C'est un système qui n'a pas de sens, rien ne sert d'entrer dans ce jeu.

@ Farès : en effet, le terme entreprise nationale ne signifie plus grand chose.

Et désolé pour les 200 millions : je ne suis plus capable de sourcer l'info et ne sait plus si je l'ai lu sur le site de Marianne ou du Nouvel Obs (d'habitude, je garde les liens en favoris, mais là : impossible de mettre la main dessus).

@ Bongo (ter) : ah, bah oui, Marianne. Merci.

@ Sébastien (ter) : "Concernant la réforme des régimes spéciaux, d'après ce que j'ai pu en lire, le gain financier est faible"
Là, on est d'accord.

Pöur le reste, vous avez l'air de maîtriser votre domaine et je me fais un peu l'effet d'un gauchiste parlant de mécanismes boursiers qu'il ne maîtrise pas.
Alors, je ne vais pas m'appesantir. Sinon me féliciter que notre épargne soit "beaucoup trop concentré sur des titres sans risque" : alors que les conséquences de la crise des subprimes commencent seulement à vraiment se faire jour et que les Etats-Unis semblent s'orienter vers la récession, j'aurais plutôt tendance à penser que ces placements de "grand-père" sont une très bonne chose.

Quant au fait que "les entreprises françaises soient détenues en partie par des investisseurs étrangers", cela me touche pas plus que ça. Encore une fois, le marché est pour moi le grand méchant diable. Et le fait que les investisseurs soient Français, Néerlandais ou Papous ne change pas grand chose au schmilblick.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 24/11/2007

C'est bien cela le problème. On associe souvent capitalisme, aux errements du capitalisme américain. Alors que personne ne veut arriver jusque là en France. De plus nous n'en avons pas la culture économique. Les cours d'économie n'arrivent à l'école quand... 1ère et encore quand on a choisit la bonne filière. Alors quand le futur emprunteur se retrouve devant le banquier, il ne comprend pour l'essentiel pas grand chose. C'est bien dommage. De meilleurs connaissances économiques ne serait pas un mal en France... ne serait-ce que pour savoir bien emprunter pour sa maison. Vous voyez, on est bien loin des américains :-)

Écrit par : Sébastien | 25/11/2007

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