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10/12/2007

Les dix livres les plus nuisibles de ces deux cent dernières années ? Marx, Keynes, Nietzsche, Comte ou Kinsey. Ou quand les conservateurs se montrent au grand jour, décidés à prendre leur revanche sur le monde moderne.

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Une petite expérience, ça vous tente ?

Bof ? 

Tant pis : on va dire que oui.

De toute façon, la chose est facile à mettre en oeuvre.

Ne vous demandera que peu d'efforts.

Et se révèle surtout très instructive.

Tant elle constitue une plongée sidérante dans la pensée néo-conservatrice américaine.

Et dévoile un pan des forces réactionnaires à l'oeuvre outre-Atlantique.

 

Donc.

Prenez quinze Américains, que vous aurez sélectionnés selon deux critères.

Soit leur poids dans la vie intellectuelle de leur pays.

Et leurs convictions conservatrices.

Réunissez ces présidents d'universités, professeurs, représentants d'institutions, éditeurs ou dirigeants de syndicat sous un prétexte quelconque.

Qu'il s'agisse d'un pique-nique de soutien à Bush.

Ou d'une festive cérémonie de lever des couleurs.

Demandez enfin à ces joyeux drilles de participer à un petit scrutin.

Et de sélectionner les dix livres du 19e et du 20e siècle qui se seraient révélés les plus nuisibles pour l'humanité.

Agitez le tout.

Observez les résultats d'un oeil hagard et désolé.

 

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Une idée à la con ?

Je suis d'accord.

Mais pas l'hebdomadaire américain Human Events, qui a organisé ce petit jeu en décembre 2005 (*).

N'hésitant pas à "asked a panel of 15 conservative scholars and public policy leaders".

Pour "compile a list of the Ten Most Harmful Books of the 19th and 20th Centuries".

Et ?

Ben... les résultats décoiffent.

Voyez donc.

 

Au hit-parade des bouquins les plus dangereux ?

D'abord un podium tout en surprise, où Le Manifeste du Parti Communiste dépasse d'une courte tête Mein Kampf.

Choix que chacun sera libre d'apprécier (en ce qui me concerne, voir Marx devancer Hitler me file des petits boutons, des plaques d'eczéma et une propension nerveuse à hocher la tête d'un air désolé....), mais qui peut encore se discuter.

Comme peut tout à fait se défendre la troisième place du Petit Livre Rouge de Mao.

Tant l'opuscule est en effet gorgé du sang des victimes de la Révolution culturelle.

 

C'est ensuite que les choses se gâtent.

Et que la vision rassie et revancharde des conservateurs américains se fait réellement jour.

J'exagère ?

Même pas.

Puisque ces incontinents de la pensée ont placé en quatrième place le Rapport Kinsey sur la sexualité.

Et au cinquième rang Education et Démocratie de John Dewey.

Soit deux ouvrages essentiels dans la modernité occidentale.

Le premier contribuant à démolir le carcan de relations sexuelles aussi figées que frigides.

Et le second révolutionnant la prise en charge de l'élève dans le système scolaire.

Oui : il fallait oser...

 

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Fini ?

Au contraire.

Emportés par leur élan, résolus à mettre à l'encant tous les livres progressistes qui ont pu contribuer à l'essor de l'individu, les quinze crétins "conservative scholars et public policy leaders" ne se sont pas arrêtés là.

En ont profité pour régler leurs vieux comptes avec Marx (Le Capital à la 6e place), Auguste Comte (Cours de Philosophie Positive au 8e rang), Nietzsche (Par delà le Bien et le Mal brillant neuvième) et Keynes (Théorie générale de l'Emploi, de l'Intérêt et de la Monnaie en queue de classement).

Soit un véritable autodafé symbolique de tous les ouvrages fondateurs de notre civilisation.

Pire : ces désolants intellectuels n'ont été stoppés dans leur réactionnaire coup de balai que par le nombre de places du palmarès.

Freud, Simone de Beauvoir (sic...), Georges Sorel, Michel Foucault et Gramsci échouant ainsi, pour quelques votes, à figurer parmi les dix auteurs les plus nuisibles de ces deux cent dernières années.

Dommage...

 

Alors.

On aura beau jeu de pointer le ridicule d'une telle liste.

Et de s'esclaffer des choix pathétiques d'une assemblée de tristes sires en retard de 200 ans sur le monde moderne.

Mais l'on aurait tort de négliger le poids de cette école de pensée chantant les vertus du capitalisme tout en refusant le libéralisme culturel et politique.

Celle-là même qui tire les ficelles du régime néo-conservateur américain.

Qui peu à peu grangrène tous les pays occidentaux.

Et qui, d'une certaine façon, s'installe aussi chez nous.

Remettant pernicieusement en cause les avancées des Lumières.

 

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"Il s’agit d’un phénomène mondial, pas simplement français. La cause majeure, c’est bien sûr l’effondrement provisoire de l’hypothèse communiste. Tant que celle-ci vivait, les dominants étaient obligés de négocier âprement leur pouvoir, parce qu’une autre voie existait, et qu’une conviction populaire et intellectuelle la soutenait massive-ment. Maintenant, la bourgeoisie est dans le lâche soulagement : l’« idée » est discréditée, les Etats communistes sont eux-mêmes devenus capitalistes. Le capitalisme peut à nouveau se présenter comme la solution indépassable, et l’argent être réintroduit comme valeur. Sarkozy est l’homme de tout ça. L’« homme de la situation ». Au fond, c’est le premier vrai poststalinien français", explique ainsi Alain Badiou quand le Nouvel Observateur l'interroge sur le retour à un esprit du 19e siècle.

Avant de poursuivre : "Je pense qu’il était extrêmement important pour Sarkozy de montrer rapidement que le gaullisme était mort. D’où son positionnement rapide en chouchou de Bush. Mes amis américains sont horrifiés,à vrai dire. La France reste un mythe là-bas. Ce que vous ne comprenez pas, leur dis-je, c’est à quel point la France est profondément réactionnaire en ses tréfonds. Le Front populaire a tout de même débouché sur Pétain. Mai-68, sur une Chambre des Députés bleu horizon. Si vous la prenez dans sa masse, elle est assez horrible, la France. Attention, c’est un patriote français qui dit ça. Quelqu’un de très attaché à ce pays. Deux choses m’y rattachent profondément. La grande tradition du rationalisme français bien sûr, de Descartes à Lacan, en passant par les Lumières. Et puis, une poignée de gens, dont la Résistance offre l’image absolue. Au bout du compte, la France a toujours été sauvée par les acrobaties d’un tout petit nombre. C’est sur celui-ci qu’on doit continuer à miser."

 

Le rapprochement avec la situation française décrite par Alain Badiou est peut-être un brin tiré par les cheveux.

Mais il a le mérite de souligner un point essentiel : les néo-cons sont partout.

Et ils sont bien décidés à prendre leur revanche.

Gaffe...

 

 

(*) Je sais, ça date un peu. Mais je n'avais rien d'autre à dire. Et puis : c'est mon bloug, non ?

Ps : merci à Lémi, de l'Observatoire du Kitsch (oui, je sais : encore....) pour le lien. Le bougre me permet de pallier mon manque criant d'idées et d'inspiration en ce moment. Pour cela : que ses nuits soient douces et que mille fleurs embellissent son jardinet.

Commentaires

Très Cher Charançon,

Quelle excellent idée tu as eu de nous donner à connaître cette liste de non-livres à non-lire. Je vais de suite la recommander autour de moi. As-tu remarqué (d'ailleurs je lis que tu manques d'inspiration, c'est donc que tu es sur la bonne voie) comme c'est agréable de n'avoir plus à penser ?

Te souviens-tu de ces paroles pertinentes et, Ô combien, inspirées (par la Grande Amérique où elle a beaucoup servi) de Mme Lagarde, disant :

"[...] La lutte des classes, c’est une idée essentielle. Essentielle pour les manuels d’histoire. Il faudra certainement un jour en enseigner les aspects positifs. Mais en attendant, elle n’est plus d’aucune utilité pour comprendre notre société. Ce qui importe, aujourd’hui, c’est de se battre pour s’imposer soi-même, et non pas de lutter contres les autres. [...]

[...] Que de détours pour dire une chose au fond si simple : il faut que le travail paye. Mais c’est une vieille habitude nationale : la France est un pays qui pense. Il n’y a guère une idéologie dont nous n’avons fait la théorie. Nous possédons dans nos bibliothèques de quoi discuter pour les siècles à venir. C’est pourquoi j’aimerais vous dire : assez pensé maintenant. Retroussons nos manches."

C'était lors de son discours (qui vaut d'être lu) de présentation du projet de loi en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat à Assemblée nationale le 10 juillet 2007.

http://www.minefi.gouv.fr/discours-presse/discours-communiques.php?type=discours&id=505&rub=500

Écrit par : Françoise | 10/12/2007

Tiens, comme c'est curieux, c'est également à cet admirable discours que Françoise a la très grande sagesse de nous retranscrire, que ton billet m'a fait penser (aïe ! c'est que je manque d'entrainement).
C'est une très bonne idée de reprendre cette info : il y a deux ans, on ne faisait que pressentir ce qui allait nous tomber sur le coin de la figure, mais on n'osait pas encore y croire sérieusement. On aurait pu se rassurer, se dire que décidément, i'sont graves ces Ricains. Aujourd'hui, c'est impossible : on a les mêmes au pouvoir, bien visibles et décomplexés.

Bises, Charançon, et bonne journée !

Écrit par : Flo Py | 10/12/2007

@ Françoise : bien vu, c'est exactement ça. Cette invitation à ne plus penser couplée au réglement de comptes avec le vieil adversaire marxiste correspond parfaitement à ce que j'essayais (maladroitement) de dire.
Merci beaucoup.

@ Flo Py : moi, j'ai choppé l'encéphalogramme d'un mulot, ça me protège de toute douleur suscitée par l'activité cervicale. Tu devrais essayer, c'est vachement confortable. Et facile en plus : il suffit d'adhérer à l'UMP, de regarder deux fois par jour les JT de TF1 et zou... miracle !

"On a les mêmes au pouvoir, bien visibles et décomplexés".
Si ce n'est même plus possible de prendre les Ricains de haut, c'est vraiment que ça va mal...

Bonne journée aussi.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 10/12/2007

J'adore, pardon j'âââââââdôôôôôre, la façon que ces quinze-là ont de présenter le bouquin de Keynes. Non, sérieusement : Keynes a influencé la politique économique de Franklin Roosevelt. Jusque-là, ça va. Mais on rajoute que, maintenant, les Etats-Unis ont un déficit incroyable.

Ouais.

Tiens, c'est drôle, il me semblait que les principes keynésiens ont marché dans tous les pays qui ont connu les Trente Glorieuse et que l'Angleterre avec son drôle de "stop and go" en matière d'évolution économique pendant cette période est la seule à ne pas les avoir pleinement mis en œuvre, ces principes. Tiens, c'est drôle, il me semblait que quand on est passé à l'école néo-libérale (Hayek, Friedmann et sa bande de pourris de l'école de Chicago partis faire mumuse au Chili), avec Reagan et Thatcher, c'est là que les déficits ont commencé à se creuser. Tiens c'est drôle, il me semblait que Clinton avait résorbé ça, en partie, pas forcément à la keynésienne d'ailleurs, mais que Bush avait repris la tendance au déficit. Tiens c'est drôle, il ne me semblait pas que Bush était keynésien...

Dans la catégorie "Il fallait faire un effort", se trouvait un bouquin inintéressant et pernicieux d'un inconnu nommé Charles Darwin. Deux, en fait. Ça donne un genre, toujours, comme le refus du féminisme (l'auteure était une communiste liée à Oppenheimer par un amant qui bossait dans le même labo. Qu'est-ce que ça a à faire dans la critique d'un livre, je me demande).

Oh, ils ont repris la blague sur Nietzsche ! Quelle originalité !

On note aussi l'abondance de livres français présents dans la sélection. Pour une fois qu'on est dans un Top Ten, Time n'a plus qu'à bien se tenir. Comte (un athée rationnel, il faut dire. En Amérique, c'est un lien direct avec communisme et c'est le meilleur moyen de disqualifier un adversaire depuis la chute du mur. On ne s'y trompe pas et on se revendique agnostique, généralement...), et Beauvoir et Foucault, plus bas. Y a pas à dire, les froggies, que des dangereux. Comme ce docteur Kinsey qui a osé révéler à l'Amérique qu'elle existait en-dessous du nombril. Et qui recommande à mots à peine couvert la pédophilie, semblerait-il.

Lénine fait partie du lot. Pas de surprise.

Ah. Freud, aussi. Ben, pas de surprise non plus.

Là où je suis scié, c'est quand je vois Stuart Mill lui aussi désigné comme dangereux. Alors là ! Un des philosophes et économistes majeurs de l'Angleterre. Avec Keynes. Ah, mais oui, c'est vrai... Et puis, il était féministe aussi, comme Friedan et Beauvoir.

Ça va pas être possible, désolé.

C'est une lecture instructive que cette liste. Ce qui est dommage, c'est qu'elle pourrait bien avoir la tendance de confirmer nombre de Français dans leur impression qu'Américains = gros cons. Alors que non.

Enfin, il ne fallait pas à s'attendre à grand chose de la part d'un site qui révèle l'hyprocrisie d'Hillary Clinton et promeut le dernier livre d'Ann Coulter.

C'est vrai que c'est dommage, quand même... Que les deux pays de la Révolution tournent comme ça...

Écrit par : Redolegna | 10/12/2007

Mein Kampf fait un peu désordre dans cet ensemble, je trouve... Il aurait fallu rééquilibrer un peu la balance en mettant par exemple les Protocoles des sages de Sion, la France juive de Drumont, Bagatelles pour un massacre de Céline et les Soirées de Saint-Petersbourg de Joseph de Maistre.

Écrit par : Dominique | 10/12/2007

Je ne vois pas ce qui vous choque dans le fait de mettre "Mein Kampf" après le "Manifeste du Parti Communiste". Il est évident que Hitler était un monstre sans commune mesure avec Marx, simple idéologue.

Mais au final, s'il faut juger les conséquences de ces deux livres, on ne peut pas ne voir que l'un a des conséquences encore terrible aujourd'hui : Chine, Cuba, Corée du Nord... En ce sens, l'ouvrage de Marx est plus nuisible pour l'humanité que celui de Hitler.

Il faut juste séparer l'auteur de l'ouvrage, en toute honnêteté.

Quant au reste du classement, vu le jury, je m'en tape un peu. Je ne sais pas si ce sont des sommités ou des ignorants, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que leur choix est effectivement orienté dans un unique sens.

Écrit par : Pierre G. | 10/12/2007

Oh ! la citation de Mein Kampf est juste là pour faire passer le reste... C'était les autres titres qui étaient visés d'abord.

Écrit par : Dominique | 10/12/2007

@ Redolegna : waouh, quelle maîtrise ! Impressionnant. J'aurais bien été incapable de discourir ainsi sur Keynes, si ce n'est par quelques platitudes et lieux communs. Bravo.

Oui, ce qui est génial, ce sont ces descriptifs. A grands coups de simplifications vaseuses et d'anecdotes hors de propos. Au moins, on sait où est l'ennemi...

"Pour une fois qu'on est dans un Top Ten, Time n'a plus qu'à bien se tenir."
Hehe (et sans "s", je ne ferai plus l'erreur)

@ Dominique : :-)
(Pas sûr qu'ils connaissent Drumont ou Bagatelle pour un massacre. D'ailleurs, je confesse ma propre ignorance à propos des Soirées de Saint-Pétersbourg de Joseph de Maistre.)

@ Pierre G : vous l'avez dit vous-même : "Il est évident que Hitler était un monstre sans commune mesure avec Marx, simple idéologue."
Ce qui me choque, c'est placer un ouvrage purement analytique et ne préfigurant en rien les déviations monstrueuses qui allaient suivre avant Hitler et Mao, à la fois idéologues et praticiens. Pour moi, Marx n'annonçait ni ne prévoyait en rien les régimes totalitaires qui s'en sont inspirés.
Mais je comprends qu'on puisse penser autrement : vous noterez que j'ai écrit que c'est un "Choix que chacun sera libre d'apprécier (blabla-blabla....), mais qui peut encore se discuter."

(HS : me suis rendu compte que j'avais oublié de répondre à votre commentaire en bas du billet sur Druon. C'est chose faite d'ici quelques minutes, désolé pour le retard.)

@ Dominique : oui, ça donne l'impression qu'ils ne l'ont placé là que parce qu'ils s'y sentaient obligés. Mais c'est le cadet de leurs soucis.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 10/12/2007

De Maistre, Charançon, c'est avec Bonald, le contre-révolutionnaire, l'archétype de l'opposition aux Lumières aussi. Monarchiste convaincu.

Sur Wikipedia, on peut lire : "Il oppose au rationalisme du XVIIIe siècle le sens commun". Et ça, ça n'est pas sans rappeler quelque chose...

Écrit par : Redolegna | 10/12/2007

Donc, il ne va plus rester que "La Société du Spectacle" à lire ! Chouette!

Écrit par : devinez! | 10/12/2007

Pas la peine, Leveto, je vous ai reconnu et je vous approuve... On en est là, à ce que Debord avait prophétisé, cela crève les yeux à présent.

Écrit par : Dominique | 10/12/2007

Alors comme ça, tu aurais l'encéphalogramme d'un bulot, pardon d'un mulot ? Tu serais adhérent UMP (et militant dès le mois prochain, si ça s'trouve) et adepte du JT sur TF1 ? Ha ha ha (rire diabolique) ! je demande à voir ! C'est bien joli de faire genre, de se prétendre un bon Français, un honnête citoyen bien comme il faut, avec un temps de cerveau disponible époustouflant, mais je réclame des preuves, môa, Monsieur, parce que ça ne crève pas les yeux !

Bises !

Écrit par : Flo Py | 10/12/2007

Cher petit machin avec les antennes,

c'est une énième fois un honneur. Je ne m'étendrais pas là dessus ("il faut savoir stopper un effusion" comme disait l'autre) mais bon, je suis très touché. Que mille et mille paons saluent tes augustes réveils et qu'une escouade de fées protège tes footings quotidiens (hinhin).

Spécial caçdédi à Levoto dont l'enracinement Situ. fait plaisir à lire : " l'aboutissement présent de la crise de la culture moderne est la décomposition idéologique. Rien de nouveau ne peut plus se batir, sur ces ruines, et le simple exercice de l'esprit critique devient impossible, tout jugement se portant aux autres, et chacun se référérant à des débris de systèmes d'ensembles désaffectés..." (devinez de qui?)

Écrit par : l'observateur impartial autant que bigrement avisé | 10/12/2007

@ Redolegna : merci, tout s'éclaire. Mais alors : il avait déjà des Sarko au 18e siècle ? Et l'histoire ne serait qu'un éternel recommencement ? Zut... je crois que je vais aller me coucher.

@ Devinez : eheh, Le Véto, je vous ai reconnu. Pas aussi rapide que Dominique, qui a dégainé plus vite que son ombre, mais reconnu quand même.

Donc : lecture de Debord pour tous ; et pour les réfractaires, un suppo et au lit. Si seulement...

@ Dominique : "On en est là, à ce que Debord avait prophétisé."
J'approuve des deux antennes.

@ Flo Py : ne ris pas, j'ai eu ma première séance de tractage samedi, dans les allées du marché de Sarcelles, avec cette douce, jolie et si mesurée Sylvie Noachovitch. Et tout se passait très bien. Enfin... jusqu'à ce qu'une pluie de steaks hachés nous tombent sur le coin de la tronche, venus d'on ne sait où. On a dû lever le camp, mais on s'en fiche : on remet ça samedi prochain.

Alors : c'est pas une preuve, ça ? Hein ? :-)

"C'est bien joli de faire genre, de se prétendre un bon Français, un honnête citoyen bien comme il faut, avec un temps de cerveau disponible époustouflant"
Bien joué : je me suis poilé tout seul, devant mon écran d'ordi, en lisant ça.

@ Observateur : tout l'honneur est pour moi.

Que dix mille vierges tendres et calines peuplent tes rêves et qu'une nuée de vaillants soldats protège tes allées et venues (et nothing about le jogging, espèce de salopard).

Je laisse la devinette à qui de droit.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 10/12/2007

L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire.
[ La France contre les robots (1946) ]
Georges Bernanos

Écrit par : antimythe | 10/12/2007

Dominique, Charançon, c'est un plaisir que d'avoir été reconnu.
Mais un plus grand plaisir encore de constater que tout le monde ne voue pas Guy Debord aux gémonies. Il fut effectivement visionnaire et ses prophéties se réalisent en effet, là, sous nos yeux!

Écrit par : leveto | 11/12/2007

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