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21/12/2007

Pierre Lellouche adhère aux Don Quichotte. Mais à condition qu'il n'y ait ni "toxicomane", ni "immigré", ni "malade du Sida" dans l'association... Sacré Pierrot !

 

 

Vous le saviez, vous, que Pierre Lellouche écrivait ?

Oh non : pas des romans.

(Quoique...)

Ni des nouvelles.

Et encore moins des poèmes.

Non : réagissant à l'actualité, Pierre Lellouche pond des communiqués.

Avant de les lancer dans les médias comme un ultime espoir.

Une dernière chance de revenir dans la course politique.

 

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C'est vrai : le procédé fait un brin "plan média à la petite semaine".   

Mais il faut dire que le sort n'a pas été tendre avec Pierrot ces derniers temps.

Et que le bougre a vu toutes ses ambitions lui passer sous le nez en ricanant.

Maire de Paris ?

Raté, Françoise de Panafieu lui a été préférée.

Ministre de la Défense ?

Encore raté, Hervé Morin était mieux placé.

Secrétaire d'Etat à l'industrie de défense ?

Toujours raté, le maroquins promis n'a pas été créé. 

Président de la Commission parlementaire de défense ?

Zobi, un autre a été choisi.

"Que reste-t-il à l'ami Pierrot ? Pas grand-chose si ce n'est un blog généralement dédié aux questions internationales et plus précisément à la Défense : depuis le 02 mai il n'y publie plus rien. Ca fait longtemps qu'il avait senti la vacuité d'un tel appel du pied", résume perfidement le site Fluctuat.net.

 

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Bref : c'est la dèche.

Et l'encore député de la quatrième circonscription de Paris est bien loin du poids politique dont il rêvait.

Désormais réduit à jouer les seconds rôles. 

Et à briguer une peu reluisante mairie du 8e arrondissement.

 

D'où : Pierrot est prêt à tout pour exister.

A tout ?

Oui.

Ou au moins à instrumentaliser la mort d'un SDF.

Après la mort d'un homme dormant sur la place de la Concorde, le député a ainsi pris sa plus belle plume pour dénoncer "un événement indigne et intolérable".

"Il est proprement incroyable que le maire de Paris s'en tire jusqu'à présent en se défaussant sur Christine Boutin", s'est indigné le bouillant Pierrot, invitant tous les maires d'arrondissement à ouvrir leur mairie "tous les soirs pour prodiguer repas chauds et places de couchage à ceux qui en ont besoin, à l'instar de ce que Françoise de Panafieu et Jean-François Legaret ont mis en place".

Pas mal, non ?

Oui.

Pour un peu, Pierre Lellouche adhérerait aux Don Quichotte.

Et reprendrait le créneau abandonné par l'abbé Pïerre.

 

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Problème.

Pierre Lellouche n'est pas vraiment un perdreau de l'année.

Et le bonhomme n'a pas toujours eu autant de commisération pour les sans-logis.

Loin de là...

En 2002, le député avait ainsi pris la tête d'une fronde de riverains s'opposant à l'implantation d'une structure d'accueil d'urgence, dit centre Fromentin.

Affaire qui avait alors fait grand bruit.

 

C'est que Pierrot n'y était pas allé avec le dos de la cuillère.

Transformant, pour complaire aux riverains atteint du syndrôme Nimby (en gros : aider-les-miséreux-on-veut-bien-mais-not-à-côté-de-chez-nous-et-not-in-notre-backyard) et à des fins politiciennes, ce qui devait être un centre accueillant "de manière temporaire des familles, des couples ou des personnes seules en situation de détresse urgente" en un centre de soins pour toxicomanes.  

Histoire de faire trembler dans les chaumières.

Et de convaincre les Parisiens de la nécessité pour la structure de se trouver un autre point de chute.

Si possible, loin, très loin des beaux quartiers.

Plutôt classe, non ?

 

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Mais il ya mieux : prêt à tout pour emporter définitivement le morceau, Pierre Lellouche avait eu cette phrase magnifique, reprise par Act-Up : "Rien ne nous dit que ce ne seront pas des drogués, des immigrés ou des malades du sida."

Tant Pierrot est prêt à loger les SDF.

A les protéger des froids extrêmes de l'hiver.

Et à les empêcher de mourrir comme des chiens.

A condition qu'ils ne soient ni "drogués".

Ni "immigrés.

Ni "malades du sida".

C'est vrai, quoi : la charité a des limites.

Quand même...

 

Bon.

Je ne devrais pas être surpris (et vous non plus) de cette envolée pleine de compassion de Pierrot.

Le bougre s'étant aussi fait connaître par ses prises de position anti-homosexuels.

Allant jusqu'à lancer en plein hémicycle, lors des débats sur le Pacs : "Stérilisez-les !"

Mais voir un homme qui s'est battu il y a cinq ans pieds et ongles contre l'implantation d'un centre d'accueil pour SDF.

Exploiter aujourd'hui de manière éhontée la mort de l'un d'entre eux.

Me file le bourdon.

Et me met les nerfs en pelote.

Je n'y peux rien : c'est "indigne et intolérable".

N'est-ce pas, Pierrot ?

 

Commentaires

J'adhère complètement à votre analyse de l'individu !

Écrit par : Dominik | 21/12/2007

merci pour ce rappel le charançon
cela ne m'etonne pas du tout de ce personnage affreu qui ose donner des lecons de civisme ....


A quand un billet sur ce bien aimé Jean-Paul Bolufer :D

Écrit par : GASKA | 21/12/2007

Bravo Charançon ! Tu mets pile le doigt là où il faut.

Attendre le mort-du-jour pour faire la morale c'est le comble de l'obscénité.

Je lisais un article tout à fait révélateur (à lire en entier, si on a le temps) sur Rue89 :

Il n'existe en effet aucune donnée statistique sur le nombre de sans-abris qui meurent dans la rue chaque année en France. Dans la nuit de mercredi à jeudi, un SDF est mort dans sa voiture en région parisienne. Les médias en ont parlé. C'est un peu le rituel: chaque fois que le thermomètre baisse, les journaux se font l'écho de ces morts anonymes, les égrenant une à une.

Mais, au total, combien de SDF meurent chaque année dans la rue? Leur nombre est-il en baisse ou en augmentation? Mystère. Or, sans chiffres, impossible d'évaluer l'efficacité des politiques de réinsertion. [...]

Deux fois par an, le collectif Les morts de la rue rend à Paris un dernier hommage à ces anonymes. Un faire-part est publié. La liste des défunts est lue lors d'une cérémonie. Le 13 novembre, des banderoles colorées décoraient ainsi l'église Saint-Merri, dans le IVe arrondissement. Certaines portaient un nom, un âge. D'autres, une simple mention: "Un homme, environ 35 ans."

De mi-mars à mi-octobre, le collectif a dénombré 187 sans-abri morts dans toute la France, une liste constituée grâce aux informations recueillies sur le terrain par la cinquantaine d'associations membres, mais sans doute bien inférieure au bilan réel. "C'est suffisant pour donner l'alerte", indique Cécile Rocca, membre du collectif:

"On ne connaît qu'une toute petite partie des décès. On n'est pas mandaté par l'Etat, et donc on n'a pas le droit d'accéder aux dossiers. On ne rêverait que d'une chose, ce serait que l'Etat donne des chiffres."

http://www.rue89.com/2007/12/20/on-ne-compte-pas-les-sdf-morts-dans-la-rue

Écrit par : Françoise | 21/12/2007

Eh bien, Charançon, de quoi t'indignes-tu, au juste ? On demande bien aux fonctionnaires de déclarer sur l'honneur qu'ils sont français et séronégatifs, non ? Alors les SDF, pour avoir droit à un hébergement par une collectivité, même traitement (pas au sens salarial, bien sûr) !

C'est ça qui est pénible avec toi, Charançon, c'est que tu n'écoutes pas au bon moment : ça fait cinq ans que le gouvernement répète qu'il faut en finir avec les privilèges. Et nous avons des sur-privilégiés, les agents de la fonction publique, corporatistes en diable, frileux aux réformes... Il faudrait créer une nouvelle caste intouchable de SDF, encore plus privilégiée que les fonctionnaires ? Alors que ces SDF sont frileux même aux températures glaciales ?

Mais au fond, Charançon, tu n'es pas le seul fautif. Si on avait écouté Lellouche au moment opportun, en 2002 là aussi, on aurait compris qu'il fallait aller faire la guerre en Irak. Qui part à la guerre ? les pauvres et les fragiles sociaux. Nous n'aurions plus de SDF dans nos rues. Nous ne serions pas obligés de faire d'immenses détours chaque jour pour éviter les quais de Seine ou la rue de la Banque.

Alors quand Lellouche parle d'un SDF mort, Charançon, laisse-le parler : il regrette qu'elle soit pour une cause inutile, alors qu'elle aurait très bien pu avoir lieu dans les rues de Tikrit, au chaud, au soleil, là où elle aurait eu un sens.

Écrit par : Redolegna | 21/12/2007

Pierre Lellouche
Relisez:
Pierre Lellouche.

Voilà Charançon.

Nul besoin de long billet - aussi brillant fût-il (et non aussi brillant que futile).

Il y a parfois des bien-nommés.

Écrit par : pierre | 21/12/2007

@ Dominik : c'est un plaisir. :-)

@ Gaska : c'est clair qu'il n'a rien de sympathique. Et qu'il peine à inverser la tendance qui, peu à peu, l'emmène loin des postes dont il rêvait : bientôt, nous n'en entendrons plus du tout parler.

(Pour Bolufer, j'aimerais bien. Mais je ne rien trouvé de plus à dire que ce que l'on lit un peu partout)

@ Françoise : Cool, merci.

Et c'est vrai que cet article de Rue 89 est très bien. A partir du moment où on ne tient même pas une comptabilité des décès, cela veut tout dire : ces gens ne comptent plus. Tout simplement.

Dans un genre différent, j'ai aussi un lien fort instructif. Et qui émane (surprise) du Journal du Dimanche (c'est assez rare...) : l'article revient sur les soldats américains de retour d'Irak, perdus et incapables de reprendre une vie normale. Ils constitueraient 25 % des SDF américains. A lire ici : http://www.lejdd.fr/cmc/international/200751/de-l-irak-a-la-rue-_79836.html

@ Redolegna : je sais, c'est ma très grande faute : je suis indécrottable.

"Qui part à la guerre ? les pauvres et les fragiles sociaux."
Clair que ce serait la solution idéale... D'ailleurs, tout n'est pas encore perdu : si les bruits de botte du côté de l'Iran continuent à monter en puissance, on trouvera enfion un débouché pour tous ces oisifs même pas capables de se trouver un logement.

"il regrette qu'elle soit pour une cause inutile, alors qu'elle aurait très bien pu avoir lieu dans les rues de Tikrit, au chaud, au soleil, là où elle aurait eu un sens."
Pas mieux...

@ Pierre : c'est vrai. :-)

Il l'est, Lellouche...

Écrit par : Le Charançon Libéré | 21/12/2007

"les soldats américains de retour d'Irak, perdus et incapables de reprendre une vie normale."

Cela a été le cas aussi après la guerre du Vietnam. Mais cette-fois ci cela semble pire, car les GIs de retour aux USA n'ont pas les structures d'accueil et les soins dont ils auraient besoin. Quand à l'aide à la réinsertion, n'en parlons même pas.

Écrit par : Françoise | 21/12/2007

lol

c'est vous qui avez vraiment rien à faire : pour écrire sur ce blog de m...

Pardon, je suis subjectif...mais comme vous !!!!!!!


Delanoe, lui ne fait pas du tout de plan média...c'est ça, non ?

Écrit par : Gérard Urti | 21/12/2007

@ Françoise : oui, c'est encore pire.

@ Gérard Urti : euh... prout.

Écrit par : Le Charançon Libéré | 21/12/2007

Gérard Urti, je ne comprends pas du tout les points de suspension qui suivent l'initiale d'un mot : blog de metal addicts, de mangas, de Marvel Comics, de Microsoft, de ministère de la Ville ? On ne sait... Quand je prends la peine d'énoncer le mot "merde", je l'énonce en toutes lettres ou avec des synonymes littéraires et bien choisis, je ne dissimule pas ma pensée et mon expression par des points de suspension hypocrites (je l'ai dit, mais je ne l'ai pas dit). Si j'avais honte d'écrire le mot, eh bien ! je ne l'écrirais pas du tout et je formulerais ma pensée différemment afin que la forme corresponde au fond. Mais vous montrez bien l'absurdité d'une prétendue politesse qui évite la grossièreté apparente alors que votre phrase pue la fiente par sa forme même. Par ces trois petits points...

Écrit par : Dominique | 21/12/2007

Merci beaucoup de nous apporter toutes ces précisions sur ce Mr Lellouche. Des extraits de son communiqué m'avaient déjà donné la nausée... Votre note confirme cette désagréable impression.
Je regrette que les quelques médias qui subsistent n'aient pas cru bon de parler de tout cela... (En relisant, j'ai comme l'impression de faire de l'ironie...)

Je voudrais, si vous le permettez, dédier à Mr Lellouche, qui sait si bien utiliser les morts, ce petit paragraphe de Patrick Declerck:

"Il est vrai que les morts sont bien dociles. Et impeccablement élevés. Jamais un mot plus haut que l'autre. Et pas le genre à se pousser en avant, ça non. Ca pue un peu, il est vrai. Mais finalement, toujours moins qu'un vivant..."
(P. Declerck, "Le sang nouveau est arrivé. L'horreur SDF." Réédité récemment en Folio.

Écrit par : Guy M. | 21/12/2007

Depuis les dernières élections municipales à Paris où le comportement de Lellouche a été indigne (déjà) -- la rediffusion du docu "La campagne de Paris serait ravageuse --, je ne comprend pas comment on peut voter pour un type comme ça, même et surtout si on est de droite.

Pavlov, peut-être ?

Arf !

Zgur

Écrit par : Zgur | 21/12/2007

Les commentaires sont fermés.

 
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