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31/01/2008

Mais oui, voilà la solution ! Que les détenu(e)s meurent à petit feu, comme des chiens. Et Rachida Dati n'aura même plus à s'emmerder à prouver la constitutionnalité de ses projets de loi.

 

 " Oui, Madame !
Il tourne, il tourne en des milliers de pas
Qui ne mènent nulle part
Dans un monde de béton, aux arbres de barreaux
Fleuris de désespoir
Inhumain..., rétréci..., sans aucun lendemain.
Sa pitance est glissée sous une grille à terre
Et dans un bol d'eau... pour qu'il se désaltère.
Il est seul..., sans soleil
Et n'a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s'en est allée
Refusant d'être esclave de ce vivant mort-né.
Il tourne... il tourne et tournera toujours
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé
Après avoir gémi en une unique plainte
Il tombera à terre et se laissera crever.
Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu
Que je n'étais même pas "personne"
Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu...
Mesrine

Je vous vois une larme...!
Pourquoi vous attrister ?
Pauvre chien me dites-vous !
En voilà une erreur...
C'est un homme Madame,
Il est emprisonné.
C'est celui que vos pairs ont si bien condamné
En rendant la justice au nom des libertés.
Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu
Que je n'étais même pas "personne"
Fleury-Mérogis...
Un jour de septembre 1976
Où j'existait si peu...
Mesrine

 
Il tourne, il tourne, et tournera toujours,
Mesrine
Jusqu'au jour où vaincu en animal blessé
Mesrine
Il tombera à terre et se laissera crever."

Trust, le Mitard.  (*)

 

 

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(**) 

 

 

On peut reprocher beaucoup de choses à Rachida Dati. 

Harpie en jupon branché qui aurait fait une très bonne ministre de la Justice sous un certain (et lointain) reich allemand.

Ambitieuse sans scrupules prête à piétiner de ses bottes élégantes les principes les plus élémentaires du droit.

Parfait petit soldat de la cause sarkozyste, aussi peu respectueuse de l'histoire de notre pays qu'amoureuse de son image sur papier glacé. 

Froide égocentrique habituée à mener à la baguette ceux qui la servent et à briser ceux qui la desservent.  

Intelligente carriériste dont le coeur a un temps balancé, avant qu'elle ne choisisse son maître et ne trouve son marche-pied pour le pouvoir. 

On peut… 

 

Mais il y a une chose qu'on ne peut nier à Rachida Dati.

Elle s'accroche.

S'entête contre vents et marées.

Et ne lâche rien, sûre de son combat et droite dans ses bottines de luxe.  

Quitte à nier la réalité.  

Hier, elle s'est ainsi refusée à se ranger à l'avis de la Commission des lois de la haute assemblée, qui avait pourtant décidé de lui faciliter la tâche en aplanissant les dispositions les plus illégales de son texte.

Prête à dire tout et n'importe quoi pour nier que la rétroactivité de son projet de loi de rétention de sûreté contrevenait à la Constitution. 

De l'argument un brin absolutiste : "J'insiste pour que le principe d'une application immédiate de la nouvelle loi soit maintenu dans ce texte."

Qu'elle a sans doute accompagné d'une moue de petite fille en colère.

Et du claquement des talons de celle qui entend que sa volonté fasse loi. 

Au justicatif complétement fallacieux : "Il s'agit que, pour un même niveau de dangerosité, deux criminels soient traités de façon identique. La date de leur condamnation ne justifie pas de différence de traitement. S'ils réunissent les conditions, ils doivent tous deux pouvoir être placés en rétention de sûreté."

Un argumentaire si débile qu'il devrait suffire à nous faire descendre dans la rue.

Tant le rôle d'une ministre de la Justice est de garantir les principes du droit français.

Et non de chercher tous les moyens pour les réduire en charpie.

 

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                                                                                                              (***)

 

 

Qu'importe : la ministre ne s'en laisse pas conter.

Même si elle fini son intervention en se rangeant à l'avis de la Commission des lois.

Réclamant un "dispositif transitoire" à défaut d'obtenir pleine et entière satisfaction sur la rétroactivité.

"Après l'entrée en vigueur de la loi, il faudra que la cour d'assises prévoie l'éventualité d'une rétention de sûreté en fin de peine."

En un dernier bras d'honneur fait aux textes fondateurs de la République.

Et puis…

 

Et puis, Rachida Dati s'est offerte un petit plaisir.

Celui de dire combien comptaient peu les oppositions.

Et les critiques des rétifs à son projet. 

En donnant une première date de mise en oeuvre pratique pour une loi qui n'est pas encore adoptée ni promulguée. 

Annonçant qu'au terme d'une "bonne coopération" entre son ministère et celui de la Santé, "le premier centre socio-médico-judiciaire sera ouvert à titre expérimental au sein de l'hôpital de Fresnes dès le 1er septembre 2008".

Soit dans à peine six mois.

Bref : c'est comme si c'était fait. 

Et les ronchons n'ont qu'à remballer leurs états d'âme.

Les fichus droits-de-l'hommistes remiser leur bonne conscience.

 

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A la prison de Fesnes, dites-vous ?

Oui.

C'est marrant.

(Enfin : façon de parler…)

C'est dans cette même prison que Lucilia, 28 ans, vient de crever (il n'y a pas d'autre mot) dans les conditions les plus abjectes.

Animal qu'on a laissé mourir à petit feu dans sa cellule. 

Malgré ses cris et ses appels à l'aide.  

Sans même accorder à cette jeune mère de famille le droit le plus élémentaire à une visite médicale.  

 

Le scandale est si poignant qu'il a pris la poudre d'escampette.

Au lieu de rester confiner, comme à l'habitude, dans l'espace délétère de la prison.

Sautant les hauts-murs des cours d'enceinte et passant outre les blocages d'une administration obtuse.

Pour éclater à l'air libre. 

Histoire de rendre à Lucilia un peu de l'humanité qu'ils lui ont nié.

 

La chose ne s'est pas faite toute seule.

Evidemment.

Ce sont des co-détenues de la jeune femme qui ont encouru les brimades des matons pour dire à l'extérieur. 

Ce qui s'était passé à l'intérieur.

Prenant la plume et rédigeant une lettre collective.

Que voici : 

 


"Chers amis et camarades,

C’est un cri de colère, de douleur et d’alerte que nous vous transmettons suite au décès de Lu SEMEDO DA VEIGA, prisonnière, âgée de 28 ans, mère d’un enfant de 11 ans.

La prison tue. Depuis le mois de novembre, Lu se plaignait de maux de tête, de nausées, de vertiges. Elle en faisait part au service médical en recevant comme seule réponse du .... Doliprane. Lu n’était pas de caractère à « jouer la comédie », elle continuait à travailler tout en disant qu’elle se sentait de plus en plus malade et ça se voyait. Tout le monde le voyait, le personnel pénitentiaire, l’infirmière, les médecins.

Trois mois se sont écoulés jusqu’au 18 janvier. A 4 heures du matin son mal de tête devient insupportable, Lu n’est plus capable de bouger et répond à peine. L’après midi précédent, elle avait signalé à l’infirmière l’aggravation de son état et demandé d’être hospitalisée). A 4 heures du matin, donc, sa co-détenue appelle la surveillante, laquelle décide, sans ouvrir la porte, que Lu pourra attendre jusqu’à l’ouverture des cellules du matin. Lu sera hospitalisée à 14 heures de l’après-midi après avoir subi un arrêt cardiaque et avoir été réanimée en prison. Nous avons appris son décès à l’hôpital le 22 janvier. Nous avons rendu hommage à Lu le soir même, à la manière des prisonnières, avec un « concert » de casseroles tapées sur les barreaux et les portes.

Dénoncer le refus de secours à une personne en danger est la moindre des choses. Ce n’est pas un accident. C’est une infraction pénale ! Mais encore, quand a-t-elle commencé cette infraction pénale qui s’appelle refus de secours, à 4 heures du matin ? Ou alors, pendant les mois où Lu a été laissé en souffrance et son état de santé a été laissé se détériorer dans l’indifférence ?

Il y en a beaucoup d’entre nous affectées par des problèmes de santé sérieux, qui sont traitées avec la même indifférence, négligence. Et la totalité des prisonnières quand elles s’adressent au service médical, sont exposées au traitement et réflexions méprisantes, et le secret médical n’est pas garanti.

Nos corps enfermés, nos vies son laissés au bon vouloir, à la « sensibilité » ou au contrariété du personnel pénitencier et médical, dont la déontologie est « cibler les détenues qui jouent la comédie » et sanctionner celles qui sont peu ou moins soumises. La mort n’est pas égale pour tous. Celle des détenus est du... laissé pour compte. Voilà la prise en considération de l’être humain à l’heure des programmes de « humanisation des prisons ». La réalité est que la prison reflète la société. Dans notre société qui se dit consensuelle, la prison offre au corps de quoi s’occuper : travail surexploité, ateliers divers, formations, activités à souhait. Tant mieux. Mais la prison, comme toute institution totale, produit plus de malaise que celui qui a entraîné les personnes à commettre les infractions.

Quelles débouchées, alors ? La réinsertion, bien sûr : chacun son « réinséré » là d’où il vient ! Dans le rôle social qui lui est assigné ! Et encore plus méprisé et « habitué » à la méprise.

Autrefois on disait « les prisons, base de luttes ». Cela n’est pas toujours possible dans l’histoire des sociétés. Ce n’est pas pour autant que nous arrêterons de dénoncer les pratiques de méprise de la dignité.

Nous demandons qu’une enquête soit ouverte sur la mort de Lu et sur le service médical de la Maison d’Arrêt des Femmes de Fresnes."


 

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Bien sûr : rien ne permet de relier ce drame au projet de loi voulu par Nicolas Sarkozy, Rachida Dati et leurs sbires de peu d'humanité.

Et rien ne permet non plus de dire que la rétention de sûreté, immonde enfermement arbitraire, sera la même chose que cette mort à petit feu, dans l'isolement d'un cachot et l'abandon de tous. 

Rien…

Rien ? 

Vous êtes sûrs ?

 

 

(*) Cette chanson de Trust a été conçue comme hommage à Mesrine. 

Mais elle touche si juste qu'elle dépasse sa cible.

Et vaut requiem pour tous ceux qui sont morts en prison.

Soumis à cet arbitraire carcéral français que tous s'accordent à décrire comme indigne d'une démocratie.

 

Quant à Trust.

Nul doute que le groupe, du temps de sa grandeur, aurait botté les fesses de Rachida Dati comme elle mérite.  

Dommage : nul les a vraiment remplacés.

 

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(**) Les deux visions stylisées de Rachida Dati ont été piquées sur le blog Rimbus.

Que son tenancier en soit remercié (même si je ne lui ai pas demandé son avis…) 

 

29/01/2008

L'opposition permanente, maladie infantile de l'anti-sarkozysme ? Oui. Et je fais mon mea-culpa : Nicolas Sarkozy est capable de tenir certaines de ses promesses. Tenez : sur les sdf…

 

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Ah ça…

On me l'a seriné sur tous les tons. 

Et je l'ai assez entendu.

Ce diagnostic d'oppositionnite aïgue. 

 

Un refrain qu'on m'a chanté maintes et maintes fois.  

Style : "Oui, oui, c'est gentil, ton bloug… Mais tu n'as pas l'impresssion de tout voir par le mauvais côté de la lorgnette ?"

Euh…

Ou encore : "Marrant, ton machin. Sauf que c'est un peu répétitif : tu craches sur tout, c'est chiant."

Euh-euh…

Et même : "A force de taper sur Sarko sans cesse et sans arrêt, tu finis par conforter ses supporters les plus fervents. Il faudrait davantage de neutralité et moins de manichéisme."

Euh-euh-euh…

 

Autant vous le dire tout de suite : ce genre de remarques avait toujours eu le don de me mettre en boule. 

D'abord parce que c'est mon bloug.

Et que j'y fais ce que je veux.

(Quand même…)

Et surtout parce qu'il me semblait évident que toute personne douée d'un minimum de jugeotte et d'esprit critique ne pouvait que pointer les mêmes travers et dénoncer les mêmes transgressions que celles qui me choquaient.

Et puis…

 

Et puis, j'ai réfléchi.

Je me suis remis en cause.

Et j'ai changé.

 

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Oui !

Je vous le dis : en vérité, j'ai changé, chers amis !

Oh, pas depuis longtemps : ça m'a pris cette nuit, comme une mauvaise grippe.

J'ai mal dormi.

Et je me suis réveillé différent. 

Plus neutre.

Plus objectif.

Et tout à fait disposé à voir désormais les bons côtés du sarkozysme.

(Si, si : il y en a…)

 

Bref : s'alignant sur l'évolution du taulier, ce bloug va prendre un visage radical.

Devenir moins démagogique et partisan. 

Et gagner en crédibilité.

Alors, je sais : ça va grincer des dents.

Protester dans quelques chaumières.

Et crier à la trahison dans quelques autres.

Mais enfin : il était temps que je grandisse.

Et j'ai décidé que je n'avais cure des critiques ou des mauvais procès.

 

Un gage de mon changement ? 

Facile.  

Pas plus que tard ce matin, après m'être réveillé opposant constructif plutôt que dénonceur enragé, le bide un peu en vrac et l'haleine lourde (oui, une transformation si rapide de l'organisme ne peut que peser sur l'estomac), j'ai lancé mon ordi.

Ouvert un site au hasard.

Et cliqué sur le premier article venu.

Et bien… devinez quoi ?

Ça a marché : j'ai réussi à voir le bon côté des choses.

 

Remarquez : c'était facile.  

Puisque le papier traitait de l'une des premières promesses de Nicolas Sarkozy que celui-ci avait l'air décidé à respecter. 

Soit l'engagement ferme et définitif (croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer…), pris lors d'un meeting de campagne dans les Ardennes en décembre 2006, que "plus personne ne serait obligé de dormir sur le trottoir d'ici deux ans" s'il était élu président. 

"Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui se trouvera remis en cause", avait-il claironné. 

Touchant, non ?

Oui…

 

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Bon : comme vous le savez, il a été élu.

(Si, si…)

Deux ans presque se sont écoulés.

Et cette promesse de campagne est en passe d'être tenue.

Ce que révèle le site Rue 89.

Expliquant que, parallèlement au rapport Pinte sur les SDF rendu aujourd'hui, le gouvernement songe à d'autres solutions pour régler définitivement le problème des sans -abris.

Beaucoup plus efficaces, celles-ci.

Jugez donc : "Nous nous sommes procuré un "projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure", estampillé du dudit ministère. Son article 43 porte sur "l'occupation abusive et irrégulière du domaine public". C'est cet article qui prévoit de rétablir une peine de "six mois d'emprisonnement et 3750 euros d'amende" pour tout sans abri qui continuerait à occuper la rue", avance l'article, intitulé Le délit de vagabondage va t-il être rétabli ?

Et son auteur de noter que "la police pourrait saisir la tente ou le duvet du sans abri qui se sera, par exemple, installé sous un pont. Et selon ce texte, dormir dans la rue est passible d'emprisonnement". 

 

En un autre temps (hier, par exemple), je me serais insurgé. 

Hurlant contre ce qui est une évidente preuve de déguelasserie sarkozienne.

Mais…

Depuis que j'ai changé, je sais voir par-delà les apparences.

Et comprendre le bon côté des choses.

Car enfin…

S'ils sont en prison, ils ne "dormiront plus sur le trottoir", n'est-ce pas ?  

Et ils auront "un toit lorsqu'il fait froid", non ?

Sans compter que la soupe sera gratos.

Et qu'il sera possible de prendre une douche chaude une fois par semaine.

Le bonheur… 

 

Pas convaincus ?

Ça viendra.

Et vous aussi, vous finirez par vous convertir.

Patience… 

 

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(Euh… le plus tôt serait le mieux, parce que je me fais un peu chier tout seul… En plus, je ne suis pas trop rassuré : depuis j'ai changé, il y a plein de gens chelous autour de moi et une vague puanteur flotte dans l'air. Ça craint un max…)

 

28/01/2008

C'est peut-être l'anniversaire de Sarkozy. Mais ça va surtout être notre fête…

 

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Et oui : même lui…

Après tout, il a bien le droit de fêter son anniversaire.

Quand même…

 

Attention : rien de grandiose au programme, aujourd'hui, de la célébration des 53 ans de notre bateleur en chef.

Ni fastueuse réception prévue dans le parc de l'Elysée.

Ni concerts privés de Johnny et Barbelivien, chantant "Happy birthday, mister president" d'une voix suave et sexy.

Ni bref séjour sur un yacht ami.

Non : les bougies seront soufflées en toute simplicité.

 

Comment je le sais ?

Qu'importe la façon dont j'ai eu l'info.

Mais apprenez qu'après avoir un temps envisagé de retourner chez Mickey.

Et de fêter son anniversaire à Eurodisney.

Le petit monier a finalement décidé de célèbrer cette année supplémentaire chez…

 

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Oui : chez McDonald's.

Le choix du coeur.

Tant notre tambour-major a été séduit par l'offre du fast-food.

Et convaincu par sa campagne de promotion.

"C'est génial, un anniversaire chez McDonald's. Vous avez envie d'offrir un splendide anniversaire à votre petit coquin ou votre petite coquine ? Avec une table pleine de couleurs, des chouettes cadeaux et une fête sur des rythmes endiablés en compagnie de ses petits camarades ? Ça tombe bien : la musique est le nouveau thème des fêtes d'anniversaire de McDonald's."

Ben oui : "petite coquine" et "la musique".

De quoi séduire notre royal amoureux.

 

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Ne reste plus qu'à espérer qu'il se brûle aux bougies.

S'étouffe avec le gâteau.

Et s'étrangle avec le champomy.

 

Sinon ?

Sinon, on n'a pas fini d'en prendre plein la tronche.

Tant le bougre n'est pas décidé à lever le pied.

Ce que souligne l'espiègle Nadine Morano, expliquant au Parisien qu'il "va continuer, comme il le dit souvent, à fond".

Tandis que l'intéressé, se félicitant d'avoir été nommé "homme de l'année" par les Chinois et "par le journal espagnol El Mundo" (ça pète…), a profité de son voyage indien pour redire, en un discours à la communauté française, toute l'importance qu'il attachait à la réforme de la justice.

Se réjouissant d'abord que "les peines planchers -oui, cela a protesté un peu, mais, écoutez, vous connaissez des moments où l'on ne proteste pas en France, mais cela a changé quoi la protestation, rien du tout- dont on disait qu'elles ne correspondaient pas à la société française, vous savez, que les multirécidivistes soient plus fortement condamnées. Cela a été voté".

(Autant pour les protestations : rien ne sert de se fatiguer…)

Avant d'ajouter : "Je dis d'ailleurs, à Rachida, que le texte qu'elle défend au Sénat sur la peine de sûreté sur les serials-killers ou les serial-violeurs, qu'ils ne ressortent pas une fois la peine effectuée parce qu'ils sont dangereux. Je me battrai pour faire passer ce texte. Je ne laisserai pas des monstres en liberté dans notre pays. (…) J'ai été élu, d'abord, pour penser aux victimes."

(Autant pour les victimes, qui n'en demandaient pas tant…)

 

Rien de neuf ?

C'est vrai.

Si ce n'est que Sarkozy a su se faire touchant à la fin de son discours.

Concluant par ces mots  : "Vous pensiez que j'allais parler de mon anniversaire et bien c'est raté. Mais si en plus, vous voulez me souhaiter un anniversaire, pensez à moi lundi !"

Alors… je ne sais pas ce qu'il en est pour vous.

Mais je voudrais dire à Nicolas que je pense à lui aujourd'hui.

Fort…

Très fort…

 

La preuve : j'ai même songé à des cadeaux.

Rien de bien folichon, juste des petites bricoles qui pourront lui servir.

Soit un code pénal.

Pour qu'il arrête de dire n'importe quoi sur la justice.

 

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Et un Bescherelle.

Pour qu'il apprenne enfin à parler correctement français dans ses discours.

 

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Ce n'est pas gentil, ça ?

Si, je sais.

Alors : on dit merci qui ?

 

26/01/2008

Histoire de se relancer dans la course à la direction du PS, Ségolène nous rejoue le coup de la femme trompée. Pourquoi se priver ?

 

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Euh…

C'est un peu délicat…

Mais : je peux me permettre une ou deux questions un chouia indiscrètes ?

 

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Oui ?

Cool.

Donc : certains d'entre vous, honorables lecteurs et lectrices, vivent en couple, n'est-ce pas ?

Oui ?

Je m'en doutais.

Formidable !

(Si, si)

 

Euh…

Tant que j'y suis…

 

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Dans le tas (façon de parler) des casés, je ne doute pas qu'il y en a dont le couple a récemment connu quelques rebondissements, heurts ou péripéties, non ?

Oui ?

J'en étais sûr.

Fantastique !

(Si, si)

 

Où je veux en venir ?

Tout bête, j'ai une proposition à vous faire.

Basée sur une idée simple : pour peu que vous ne répugniez pas à évoquer dans le détail et en public les secrets de votre couple, un brillant avenir politique s'ouvre à vous.

Que ce soit à droite.

Ou à gauche.

(On s'en fiche)

 

Pas convaincu ?

Vous avez tort.

Tant en ce moment fourmillent les exemples d'hommes politiques relançant leur carrière en évoquant leurs petits et grands secrets d'alcôve.

Enfin… fourmillent… j'exagère un brin.

Disons qu'il n'y a encore que deux champions en la matière.

Ce qui laisse pas mal de place pour d'éventuels nouveaux prétendants à la je-me-présente-à-un-mandat-ou-à-des-responsabilités-politiques-mais-comme-je-suis-sûr-que-les-électeurs-s'en-contre-balancent-je-vais-plutôt-vous-parler-des-petites-tromperies-et-des-grandes-passions-qui-agitent-mon-ménage.

 

Deux champions, donc.

A ma droite : le tombeur en rollex et talonnette.

 

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Qui, depuis qu'il a mis la main sur la (jolie) soporifique de la chanson française, n'en peut plus de regarder les photos de son idylle innonder les médias du monde entier.

Assez malin pour savoir qu'aussi longtemps qu'on évoquera son amourette de bas-étage, personne ne s'intéressera réellement aux lois scélérates qu'il fait passer.

Tant, malgré leur prétendu désintérêt pour la chose, les Français adorent scruter cette union présidentielle.

Bref : du pain (bénit) et des jeux (amoureux).

Tout bénef…

 

Et à ma gauche ?

 

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A ma gauche : la péronelle de Melle.

Manipulatrice experte à faire passer les sordides secrets de sa vieille histoire avec le (moins joli) soporifique du parti socialiste pour des informations dignes d'intérêt.

Et qui ressort l'histoire de son couple à la Une des médias à chaque fois qu'elle veut revenir au premier plan politique.

Eternel coup qu'elle joue avec une régularité désarmante tous les six mois.

Et qu'elle a choisi de rééditer aujourd'hui, à l'occasion de son passage chez le (pas joli du tout) soporifique présentateur Michel Drucker.

Emission annoncée à grands renfort d'articles mettant en avant cette énième confession conjugale.

Soit…

(Tenez-vous bien)

… cette révélation incroyable : "J'ai été trompée", claironne Ségolène Royal.

Avant d'ajouter : "Et pendant lontemps."

(Si, si)

 

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Autant dire que ça va pleurer sec dans les chaumières.

La noble dame de Melle ayant même réussi à émouvoir Michel Drucker.

Lequel n'a pu s'empêcher de préciser, après l'enregistrement, que c'était "l'une des émissions les plus fortes" qu'il ait jamais réalisé.

Sans avoir l'outrecuidance de mentionner que cette énième mise en scène de l'adultère tombait, pour la femme "trompée", fort a propos dans la course à la direction du PS.

Parce que bon…

Quand même…

Faut pas déconner, non plus.

 

Bref.

Je ne sais pas ce que vous en pensez.

Mais je ne peux m'empêcher de noter que dans cette course effrénée à l'instrumentalisation de la vie privée, il reste des créneaux à exploiter.

Que ce soit au Modem.

Où François Bayrou n'a toujours pas révélé s'il forniquait encore avec sa tendre épouse.

Au Parti Radical Valoisien.

Où Jean-Louis Borloo ne se presse pas de raconter combien l'abus d'alcool peut être nuisible aux relations sexuelles.

Ou bien à la LCR.

Où Olivier Besancenot se refuse encore à révéler s'il lui arrive de livrer le courrier en tandem.

Hein ?

 

Et je me dis aussi.

Juste comme ça…

Que le premier militant venu, même totalement inconnu au bataillon, a toutes les chances de rafler la mise.

Pour peu qu'il conte en public ses crapuleries sentimentales ou ses déceptions amoureuses. 

C'est vrai : je suis sûr qu'il y a là de quoi se faire un nom.

Ainsi que pas mal de fric.

Alors…

Ça ne vous tente pas ?

 

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25/01/2008

Rétention de sûreté ? La commission des lois est passée par là : youp-là-boum, on est sauvé ! Sans déconner...

 

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Je ne sais pas si vous avez remarqué.

Mais c'est un véritable soulagement général.

Une grande bronca de sourires rassurés. 

Et un joyeux concert de bouches en coeur. 

Qui viennent de saluer les conclusions de la commission des lois du Sénat sur le projet de loi de rétention de sûreté.

 

Ben oui : on est sauvé.

Ouf... 

Il a suffi pour cela que la commission nuance un chouia le texte de Rachida Dati, avant son examen la semaine prochaine par la haute assemblée.

Pour que (presque) tous les médias saluent unanimement les correctifs apportés.

Et entonnent un vaste cocorico, soulignant combien le texte perdrait ses dispositions les plus criticables.

 

Tout le monde est content ?

Oui (nous dit-on).

En expliquant qu'il n'y aurait plus de quoi trembler devant une loi dont le but était d'instituer la détention arbitraire et de mettre à bas les principes les plus essentiels du droit français.

A commencer par ceux de non-rétroactiovité de la loi pénale plus sévère.

Et de la légalité des délits et des peines, disposant qu'on ne peut être condamné qu'en vertu d'un texte pénal précis et clair.

En un mot : nullum crimen nulla pœna sine lege.

(Je sais : ça pète...)

 

La mobilisation a payé (nous dit-on).

En ajoutant que la majorité, par l'intermédiaire de la commission des lois du Sénat, fait lourdement machine arrière.

En un mouvement de recul si flagrant qu'il constituerait une tranchante défaite pour la ministre de la Justice.

Des exemples ?

A foison :

Les sénateurs corrigent sérieusement le projet de loi Dati sur la rétention de sûreté, annonce glorieusement Le Nouvel Obs.fr.

La commission des lois du Sénat désavoue Dati, chantonne Le Figaro.fr.

Tandis que 20 Minutes.fr constate joyeusement que Rachida Dati se fait recadrer sur la rétention de sûreté

Que France Info annonce en fanfare un Nouveau revers pour Rachida Dati.

Et qu'Agora Vox s'enflamme sévère en notant que Le Sénat vide la loi de rétention de son contenu.

Rien que ça... 

 

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Bref : à lire les titres, on pourrait penser que le projet de loi s'est fait salement démoustiller la tronche.

Et littéralement exploser le coquillard.  

Alors que...

En fait... 

Non.

Mais alors... 

Pas.

Du.

Tout.

A tel point que c'est même tout l'inverse.

 

Dans les faits, ainsi que le souligne Libération (pour une fois à la hauteur), la commission des lois n'a fait qu'ôter au projet de loi son caractère le plus illégal.

Tant seul un débile profond pouvait imaginer que le Conseil constitutionnel laisserait passer une disposition aussi clairement anti-républicaine que celle de la rétroactivité de la peine.

Camouflet si évident pour les principes de l'Etat de droit que même Rachida Dati n'a pas dû y croire une seule seconde. 

"On a l’impression que les sénateurs ont juste essayé de trouver une astuce, non pas pour supprimer la dimension liberticide du texte, mais simplement pour empêcher qu’il soit censuré par le Conseil constitutionnel", constate ainsi Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature.

Voilà : "une astuce".

Un banal chiffon rouge.

De la poudre aux yeux. 

Et un habile moyen pour camoufler un fait évident : une bonne partie du projet n'a pas subi la moindre correction.

 

Ce qu'il reste ?

L'essentiel.

Soit le maintien de la détention arbitraire pour les auteurs de crimes à venir (à condition qu'ils soient condamnés à au moins 15 ans de réclusion et une fois qu'ils auront purgé leur peine), « lorsqu'ils restent particulièrement dangereux et présentent un risque très élevé de récidive ».

Et la mise en place (pour ceux qui ont été condamnés avant la promulgation de la loi) d'une assignation à domicile avec port du bracelet électronique, pour une durée toute aussi arbitraire et indéterminée. 

Bref : rien de changé sous le soleil.

Pour un projet de loi qui reste toujours la négation du droit le plus élémentaire.

Ainsi que Patrick Marest, délégué national de l’Observatoire international des prisons, le souligne, toujours dans Libération : "La rétention de sûreté, parce qu’elle ouvre la possibilité d’une relégation éternelle et assujettit la liberté individuelle à l’arbitraire d’un pronostic, constitue un renoncement aux valeurs qui fondent notre tradition humaniste".

 

"Désavouée", Rachida Dati ?

Mon oeil. 

"Vidée de son contenu", la loi sur la rétention de sûreté ?

Mon cul.

Faudrait peut-être arrêter de nous prendre pour des abrutis.

Juste pour un moment... 

 

24/01/2008

L'entrisme révolutionnaire revient au goût du jour. Les banques n'ont qu'à bien se tenir...

 

« Je développai en 1935, dans des lettres à mes amis belges l'idée qu'un jeune parti révolutionnaire qui tenterait de créer « ses propres » syndicats irait au suicide. Il faut aller trouver les ouvriers là où ils sont.

- Mais c'est cotiser pour l'entretien d'un appareil opportuniste ?

- Évidemment, répondais-je, le droit de saper les réformistes, il faut le leur payer.

- Mais les réformistes ne nous permettront pas de faire contre eux un travail de sape ?

- Évidemment, répondais-je encore, le travail de sape exige quelques précautions conspiratives. »

                                                        Trotsky, Leur morale est la notre.

 

 

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Dites-moi ?

Vous êtes des lecteurs instruits et cultivés, n'est-ce pas ?

Je me disais aussi...

 

Donc : nul besoin de revenir sur l'un des faits les plus célèbres de la mythologie grecque ?

L'histoire du Cheval de Troie, vous connaissez par coeur ?

Diantre, j'en étais sûr...

 

Et puisque vous êtes si malins, je suis sûr que vous voyez où je veux en venir ?

Oui ?

Mince, je le craignais...

Mais je vais quand même faire semblant de rien.

Histoire d'avoir quelque chose à raconter aujourd'hui.

 

Reprenons.

Les faits se déroulent en un autre temps, pendant la Guerre de Troie, ville que les Grecs tentent désespérement de faire tomber.

Et qu'ils échouent à prendre depuis une dizaine d'années. 

Pressés de rentrer chez eux et un brin excédés de ne pas réussir à emporter le morceau, les assiégeants décident de jouer au plus fin.

Construisent un immense cheval de bois.

Et l'offrent gentiment aux Troyens.

Lesquels, fatigués et abêtis par les privations du siège, acceptent le cadeau sans se méfier. 

Font rentrer l'offrande en ville.

Décident de fêter ça en se bourrant conscieusement la gueule.

Et...

 

Et ?

(Ben alors : je croyais que vous connaissiez l'histoire par coeur...)

Et une fois les Troyens assommés par l'alcool et le sommeil, les soldats dissimulés à l'intérieur du cheval, en l'occurrence Ulysse et une dizaine de potes à lui, sortent de leur cachette. 

Ouvrent les portes de la ville.

Font rentrer l'armée grecque.

Tout ce beau monde se livrant alors, dans la joie et la bonne humeur, à un massacre mené dans les règles de l'art.

Style ça :

 

 

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Un épisode de la Mythologie resté à la postérité comme l'ancêtre des ruses de guerre.

Premier d'une longue série de pièges, trahisons et coups fourrés.

A laquelle les trotskistes donnèrent, au 20e siècle, un nouveau lustre en inventant l'entrisme et le sabotage révolutionnaires. 

Soit cette idée qu'il faut faire partie du système pour pouvoir le comprendre et l'amadouer.

Avant de le détruire corps et biens.

 

Soyons francs : cette stratégie n'a jamais été couronnée d'autant de succès pour les révolutionnaires qu'elle ne l'avait  été pour Ulysse.

Et les timides tentatives d'intégrer les partis réformistes, les chaînes de montage bourgeoises ou les arcanes du pouvoir pour y introduire la petite graine du Grand Soir se sont révélées peu productives.

Si ce n'est complétement décevantes.  

Du moins...

Elles l'avaient été jusqu'à présent.

Et jusqu'à cette annonce sidérante du grand ponte de la Société Générale, Daniel Bouton, qu'un employé du front office a réussi à faire perdre 4,9 milliards d'euros à sa banque en tout juste un an.

Ce qui, quand on y réléchit (et même si on s'en abstient), fait quand même une sacré somme.

Et un putain de paquet de fric.

 

 

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On ne sait pas grand-chose du responsable de ces pertes astronomiques.

Si ce n'est qu'il a une trentaine d'années.

Qu'il était "opérateur de base dans une salle de marché".

Qu'il aurait "agi seul, en réussissant à échapper à toutes les procédures de contrôle".

Qu'il serait "extraordinairement intelligent".

(En même temps, je vois mal la Société Générale avouer que c'est le dernier des crétins qui a réussi le plus grand sabotage financier de tout les temps… ça la foutrait encore plus mal...)

Et que "ses motivations sont totalement incompréhensibles".

 

Hein ?

"Totalement incompréhensibles" ?

Mon oeil : la vérité, je la connais.

Cet opérateur de base est juste le premier d'une longue série.

Précurseur de plein de petits rouages du monde de la finance qui, peu à peu, vont faire plonger le capitalisme mondial.

Jusqu'à causer, de l'intérieur, sa destruction pure et simple.

Le temps des saboteurs est revenu.  

On parie ?

 

 

PS : je sais, je m'emballe un peu.

Mais bon : je n'avais pas grand-chose à dire...

Et plutôt que vous gausser de l'inconsistance de ce billet, vous feriez mieux d'apprécier l'effort à sa juste valeur, celui d'un rescapé de la douce torpeur des Tropiques peinant à se remettre au goût du jour.

Alors, hein ? 

 

PPS : s'il y avait, parmi mes honorables lecteurs, des "opérateurs de base" du Crédit Lyonnais, du Crédit Mutuel, de la Banque Populaire, de l'American Express Bank, de BNP Paribas, de la Banque de France, de la Compagnie financière de Rothschild ou de Groupama (entre autres, bien entendu), qu'ils se signalent dans les commentaires : j'ai une proposition à leur faire...

 

23/01/2008

Sur les plages de sable blanc, les sbires du sinistre Hortefeux "éloignent" avec zèle. Le paradis tropical n'en est pas un pour tout le monde...

 

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Coucou ! 

Hop : les affaires reprennent.

Et le Charançon repart comme en 40.

La fleur au fusil et les antennes fièrement dressées.

 

Remarquez : ce n'est pas de gaieté de coeur.

Tant je n'avais pas vraiment envie de rentrer en métropole.

Parce que, bon...

Mayotte, hein...

C'est quand même plutôt enchanteur comme coin.

Style ça :

 

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Ça :

 

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Ou ça :

 

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Oui : un vrai petit paradis.  

Où on se sent très loin de notre bateleur en chef.

De ses vassaux médiatiques.

Et de ses tristes séides ministériels.

Bref : un salutaire bol d'air loin du régime sarkozyste.

 

Enfin...

Un bol d'air...

Pas tout à fait non plus.

Parce qu'il n'y a pas, à Mayotte, que les plages de sable blanc ou noir. 

Les fonds marins luxuriants.

Et la vie douce sous le soleil de l'Océan Indien.  

Non, il y a ça aussi :

 

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Soit des clandestins qui arrivent par centaines chaque semaine, en provenance des autres îles de l'archipel des Comores.

Et les naufrages réguliers de frêles embarcations surchargées, affrêtées par des passeurs sans scrupules.

 

Ainsi que ça :

 

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Soit la pression constante des forces de l'ordre, quotidiennement sur le pont pour des opérations de contrôles d'identité, des rafles et des ratissages en pagaille.  

Histoire de mettre la main sur les clandestins.

Et de les renvoyer goûter à la pauvreté des îles qu'ils ont quittées.

Bref : cadre enchanteur ou pas, la police française y abat sa sinistre besogne.

 

Et n'allez pas croire que les forces de l'ordre se laissent adoucir par la chaleur tropicale. 

Pas plus que par les ravissantes mahoraisesou par la gentillesse des locaux.

Pour tout dire, ça serait même plutôt l'inverse.

A tel point qu'il est étonnant que Brice Hortefeux n'ait pas encore décoré l'ensemble des policiers et gendarmes stationnés sur place pour services rendus au ministère de l'Immigration et de l'identité nationale.

Tant ceux-ci ne chôment pas.

Et participent activement à la politique du chiffre voulue par Nicolas Sarkozy.

 

Quoi ?

Si je n'exagère pas un brin ?

Ben... vérifiez par vous-mêmes : Mayotte, petite île de 186 452 habitants, a vu l'expulsion en 2007 de 13 253 clandestins.

Un chiffre à mettre en regard avec les 23 à 24 000 "éloignements" revendiqués par Hortefeux pour la métropole sur la même période. 

Oui : quand même...

 

Un "high score", comparable à celui réalisé en Guyane (9 700 explusions), qui s'explique en partie par les pouvoirs spéciaux accordés aux forces de l'ordre dans les Dom-Tom pour lutter contre l'immigration clandestine.

"Les expulsions dans les Dom-Tom obéissent à des règles et pratiques spécifiques. Le gouvernement justifie ce statut dérogatoire par la pression migratoire plus élevée qu’en métropole. Les garanties juridiques y sont moindres : possibilité accrue des contrôles d’identité sans motif, absence de recours suspensif, etc. Les conditions matérielles de rétention sont indignes : à Mayotte, par exemple, les personnes retenues prennent leur repas deux fois par jour dans une gamelle commune posée à même le sol, dans un centre constitué de deux pièces nues. La faiblesse des garanties des droits des personnes et les pratiques d’expulsions expéditives expliquent l’ampleur des chiffres", commente ainsi Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, dans une chronique livrée à l'Humanité.

Avant de s'interroger : "Comment accepter que la République, s’affichant comme une et indivisible, tolère que les garanties et les droits essentiels de tout un chacun soient au rabais dès lors qu’il s’agit de territoires d’outre-mer ?"

Une bonne question.

Nul doute que Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux ont la réponse.

Non ?

 

 

PS : une première mouture de ce billet, publiée vers midi et dans laquelle je m'étais emmêlé les pinceaux, est passée à la trappe. Merci à Dominique, du très bon Petit Champignacien Illustré, pour m'avoir évité de raconter trop de bêtises.

Que voulez-vous ? La reprise est difficile...  



PS : mes plus plates excuses pour l'interruption, bien involontaire, de ce bloug pendant presque tout le mois de janvier. Cela ne se renouvellera pas, tudieu !

Et merci à tous ceux qui m'ont souhaité de joyeuses vacances. Votre gentillesse et votre fidélité regonflent mon petit coeur de cloporte.

Enfin, des remerciements particuliers à Lémi, de l'Observatoire National du Kitsch, pour avoir assuré l'intérim avec brio et talent. 

 

08/01/2008

Confronté à la nullité technologique des pays tropicaux (bande d'arriérés !), le charançon abdique dans la douleur, pour mieux revenir (prochain billet le 21).

 

 Il a tout essayé, ce brave charançon.

Quasi mis à feu et à sang son petit paradis tropical . 

Toqué à toutes les portes.

Importuné les élus locaux et les journaleux du coin. 

Il a même été jusqu'à faire passer une petite annonce dans le journal du coin ("homme désespéré cherche connexion Internet à louer pour quelques heures. Accepte toutes offres. Prix d'or.")  

Et ... 

Il a dû lâché l'affaire.

Pas une seule connexion potable sur cette île de dégénérés. 

Pas moyen de mettre en ligne le moindre petit billet.

Même pas la possibilité de simplement prévenir ses aficionados d'une absence qui risquait de se prolonger. 

 

Alors, la mort dans l'âme, il a dû faire appel à son abruti de frère resté en métropole.  

Lui a refilé ses identifiants de connexions ("c'est mon sang que je te donne, n'oublie pas. Sois en digne !").

L'a saoulé de recommandations diverses et variées ("ils n'aiment pas qu'on les brusque, mes lecteurs. Sois doux et lyrique avec eux. Dis leur que je reviens bientôt et que je leur mitonnerai des billets si croustillants et percutants qu'ils me pardonneront illico cette absence...")  

"Surtout, dis leur que je les aime" a t'il une dernière fois hurlé au téléphone, avant que je raccroche.

Puis il a commencé à prier pour que son arriviste de frère sans scrupules ne commence pas à semer l'anarchie en terre charançonienne. Ne profite pas de son absence pour prendre sa place.  

 

Perso, j'ai hésité. L'idée était tentante (Calife à la place du calife ? Mazette...).  

Mais j'ai dû stopper là ce doux rêve. Je savais ne pas pouvoir être à la hauteur. Que la supercherie serait vite éventée. Et que des milliers de lecteurs courroucés me demanderaient des comptes.

Ce bloug est donc en repos forcé jusqu'au 21.  

Soyez courageux... 

 

LA FRATERNELLE BLATTE LIBERTAIRE 

 

 

Ps : prenez votre mal en patience. Quelque chose me dit que nager avec les tortues, boire des cocktails sur la plage et lutiner des vahinés permettra au Charançon de recharger des batteries qui frôlaient la surchauffe. Et qu'à son retour, bronzé et fringant, il exercera ses talents de parasite fouineur avec encore plus de maestria. 

03/01/2008

D'accord : la droite craint à mort. Mais à gauche aussi, il y a de sacrés guignols. Hein, Arnaud ?

 

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Hein ?

Quoi ?

Il a une sale gueule ?

C'est vrai.

Il ne vous plait pas, ce monstre de la nature ?

Je comprends.

Et ce veau à deux têtes vous met même mal à l'aise ?

Moi aussi.

 

Mais : attention !

Cet animal n'est pas qu'un incroyable accident génétique.

Il est surtout l'illustration de la constance de l'évolution.

Preuve vivante (même si ça n'a pas été très longtemps...) que la nature ne cesse de se réinventer.

De tester.

De se remettre en cause.

Et d'essayer.

Quitte à se planter dans les grandes largeurs.

 

L'idée était pourtant brillante.

Basée sur l'hypothèse que deux-têtes-valent-mieux-qu'une-tu-l'auras.

Et qu'un être vivant a tout à gagner à posséder deux cerveaux.

Avec un sacré paquet de neurones supplémentaires.

Et quatre hémisphère au lieu de deux.

Histoire de s'adapter à tous les cas de figures.

De jouer sur deux tableaux à la fois.

Et de faire une chose et son contraire.

L'idéal...

 

Vous êtes sceptiques ?

Vous ne devriez pas.

La chose pourrait se révéler utile.

Et grandement faciliter la vie.  

Ben oui : plus besoin de trancher.

Ou de bêtement choisir entre deux attitudes.

Tant l'être humain bicéphale peut se permettre le luxe de manger à plusieurs râteliers.

Prônant une chose tout en effectuant l'inverse.

En toute bonne conscience.

 

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Un qui a bien compris le truc.

C'est Arnaud Montebourg.

Ce foutu chevalier blanc de la gauche.

Pseudo Saint-Just de notre démocratie.

Donneur de leçons perpétuel.

Qui vient avec une incroyable indécence de mettre à bas toutes ses imprécations passées.

Pour un confortable poste de président de conseil général.

 

Plutôt qu'à rire, l'histoire prête à pleurer.

Tant il est un brin désespérant de voir combien ceux qui se prétendent les plus purs.

Peuvent se révéler les plus inconstants.

Et les moins dignes de confiance.

Ainsi de celui qui n'avait jamais cessé d'appeller à la moralisation de la vie politique.

Se faisant une spécialité de fustiger le cumul des mandats.

Jusqu'à y voir l'une des explications du délabrement des institutions.

Et du divorce des Français avec la démocratie.

 

Mieux : en décidant de se présenter aux cantonales à Montret (Saöne-et-Loire), le député Arnaud Montebourg ne s'est pas contenté de trahir ses idéaux.

Non.

Il s'est aussi débrouillé pour le faire sans aucun panache.

Et en prenant visiblement ses électeurs pour des abrutis.

C'est que "le pourfendeur de la Ve République" avait cru bon d'organiser un pseudo-suffrage sur son blog.

Appellant au début du mois de décembre à légitimer son revirement : "Je lance (...) un appel aux citoyens de ma circonscription pour qu’ils me disent ce qu’ils feraient à ma place sur mon site Internet arnaudmontebourg.fr. Au vu de ce débat public, je pense pouvoir être en mesure d’annoncer ma décision positive ou négative aux alentours de Noël..."

Expliquant aussi : "Mon idéalisme me pousse à tenir bon sur mes principes, mais (...) mon réalisme m'engage aussi à affronter les graves problèmes qui nous attendent. Dans l’action publique, on peut périr d'être un romantique impénitent! Par ailleurs, on ne cesse de me rappeler l’obligation qui m’est faite de dépasser le magistère du verbe et de concrétiser les idées rénovatrices que je porte."

 

Et ?

Ben : les citoyens ont dit non.

Tout bêtement.

Et ils ont clairement affiché leur sentiment qu'Arnaud de Montebourg serait plus crédible s'il s'abstenait de briguer la présidence du Conseil général de la Bresse.

 

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Mais qu'importe...

Arnaud a décidé d'y aller quand même.

"C’est donc une décision impopulaire, comme il est parfois nécessaire d’affronter dans la vie publique, que j’ai décidée de prendre en me présentant devant les 2971 électeurs du canton où j’habite, à Montret, dans notre Bresse de Saône-et-Loire. Je voudrais dire à ceux qui m’ont conseillé de n’en rien faire qu’il s’agit de ma part d’un choix lié à la situation du pays, aux graves bouleversements qui se préparent, et à la nécessité de préparer une nouvelle gauche, capable de démontrer sa crédibilité à exercer les responsabilités à la tête du pays", tente-il d'expliquer sur son bloug, en un billet qui mérite amplement la palme de l'hypocrisie.

"Une décision impopulaire"...

"La nécessité de préparer une nouvelle gauche"...

Oui : il fallait oser...

Mais le député de la Bresse n'a peur de rien, qui explique aussi dans Libération : "Ce n’est pas un abandon. C’est un changement de pratique personnelle, et un changement de priorité. Ce qui est en jeu, c’est la crédibilité de la gauche et de ses dirigeants. Cette crédibilité est aussi importante que l’exigence du mandat unique."

Eheh...

 

C'est étrange.

On a beau se dire vacciner.

Et se penser habitué au pire.

Il y a toujours un moment où la versalité des hommes politiques français parvient à vous surprendre.

Un peu...

 

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Mais entre tous, le député socialiste mérite la plame.

Lui qui prétend continuer à jouer au chevalier blanc.

Jusqu'à écrire sur son bloug : "S’agit-il d’un renoncement au mandat unique ? Ce serait bien mal me connaître ! J’ai pratiqué avec conviction pendant dix ans contre les vents et les marées, le mandat unique. C’était un outil de promotion de la VIème République, visant à transformer l’ensemble du système politique."

Sans déconner...

 

 

PS : eheh, c'est les vacances.

Et à cet instant même, je vole vers le soleil de Mayotte.

 

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Loin du froid et de la grisaille, je penserai à vous,

Et même : je devrais poster quelques billets.

Mais à un rythme de croisière, soit un tous les deux ou trois jours.

Et à condition que la connexion bas-débit ne me joue pas de mauvais tours.

A pluche, les aminches.

 

 
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