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17/12/2007

L'amour présidentiel dans "la société du spectacle" de Disney : éteignez votre télé, relisez Guy Debord et… un suppo et au lit !

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"Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation."

                                                                                                                                     

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"Les images qui se sont détachées de chaque aspect de la vie fusionnent dans un cours commun où l’unité de cette vie ne peut plus être rétablie [..]"

                                                                                                  

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"Le spectacle se présente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d’unification. [..] et l’unification qu’il accomplit n’est rien d’autre qu’un langage officiel de la séparation généralisée."

                                                                                                              

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"Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images."

 

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"Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne."

 

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Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux."

                          

                                                                                        

Ps : extraits de la Société du Spectacle, récupéré sur Situationnistes.  

 

Pps : Je sais, je ne me suis pas foulé.

Mais aussi : qui mieux que Debord pour évoquer cette pathétique annonce dominicale faite chez Mickey ? Plus Société du Spectacle, tu meurs...

Et encore : comment mettre en abîme ce que le petit piètre de la nation a déjà lui-même mis en abîme ? Devant tant d'audace manipulative, de références décomplexées à notre société de consommation et d'instrumentalisation de la sphère privée, le commentateur ne peut que rester muet. Dont acte.

 

 Ppps : spéciale dédicace à Le Véto. 

15/12/2007

Les contrats ? Du vent. Les infirmières bulgares ? Du flan. Si Sarko aime Kadhafi, c'est par haine des musulmans.

 

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Dites.

Je me pose une question.

Une petite.

Mais je me la pose quand même.

Et donc : je vous la pose.

A vous.

 

Cette question ?

Tout simple.

Si la vraie raison de la visite du renard du désert n'était pas là où on croit ?

Si elle n'était ni dans les maigres contrats décrochés.

De la poudre aux yeux.

Ni dans la volonté officielle de faire rentrer la Libye dans le concert des nations respectables.

Du vent.

Ni dans la contrepartie à la libération des infirmières bulgares.

Du flan.

 

Oui : si Sarkozy s'est montré si tolérant face aux simagrées libyennes.

A patiemment serré les dents à chaque fois que le guide suprême le ridiculisait.

Et a accédé servilement à toutes ses demandes de touriste capricieux en visite officielle.

Ce n'est que pour une unique raison.

Mais elle est si essentielle pour notre rameur de tête qu'il est prêt à tout justifier pour y parvenir.

 

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Cette raison ?

Elle trouve son origine dans la vision du monde si pathétiquement simpliste de Sarkozy.

Dans sa certitude qu'Huntington a vu juste en pronostiquant la guerre des civilisations.

Et que l'avenir de notre planète va se jouer dans la polarisation de quelques blocs autour d'une même culture et religion.

 

Comment ?

Vous dites qu'il n'y a là rien de neuf ?

C'est vrai.

Que le 27 août dernier, lors de son très officiel discours aux amabassadeurs, notre glorieux président avait déjà expliqué que l'un des principaux défis de la diplomatie française était de "prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident, voulue par les groupes extrémistes tels qu’Al Qaeda qui rêvent d’instaurer, de l’Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que ce siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre idéologies".

C'est vrai.

Que le 14 novembre, le journaliste Jean Quatremer avait révélé que les couloirs des institutions européennes bruissaient de deux pétages de plomb successifs de Sarkozy qui, devant des ministres européens, s'était lancé dans "dans une diatribe confuse d’une vingtaine de minutes, « dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire », contre le « trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et leurs difficultés d’intégration. Il a aussi décrit de façon apocalyptique le « choc de civilisation » qui oppose les musulmans à l’occident".

C'est vrai aussi.

Alors : disons que c'est juste une pierre de plus à l'édifice.

Une étape dans cette croisade qu'a engagée Sarkozy.

Celle qui le verra, à l'aune d'un Charles Martel, repousser le danger musulman aux confins de l'Empire.

 

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Donc.

Le petit monier à pris la parole vendredi, lors de la conférence de presse de clôture du Conseil européen à Bruxelles.

Et a justifié la visite de Kadhafi par ces quelques mots, selon l'Express : "J'ai fait ce que j'ai cru devoir faire, c'est-à-dire éviter à toute force un affrontement entre le monde musulman et le monde occidental."

Avant d'ajouter : "Si on traite de la même façon quelqu'un qui fait le chemin de l'abandon du terrorisme, de l'abandon de l'arme nucléaire (...) que ceux qui continuent à vouloir l'arme nucléaire, alors on se met dans une situation de guerre des civilisations qui est la pire des solutions pour le monde."

Soit quelques phrases lâchées à la tribune qui constituent la quintessence de la vision du monde de Sarkozy.

Avec cette permanente référence à Huntington.

Et cette idée que le conflit entre le monde musulman (il n'a pas dit islamiste...) et le monde occidental est latent, presque déjà en oeuvre.

Tant dire que l'on veut "éviter à toute force un affrontement entre le monde musulman et le monde occidental" revient à souligner la fatalité de celui-ci.

 

C'est finalement ça l'information la plus importante de cette visite libyenne.

Davantage que la compromission de la démocratie française.

Que l'asservissement de la morale nationale aux désirs d'un dictateur puant.

Ou que la grande fête d'une real-politique dévoyée et inefficace.

Cette confirmation que, pour Sarkozy, le monde se divise entre occidentaux et musulmans.

Et que toute notre politique étrangère ne sera plus guidée que par ce fantasme d'un péril ultime.

Incarné par ces basanés qui font rien tant qu'appeller à la prière du haut des minarets et égorger des moutons dans leur baignoire. 

 

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Et vous savez quoi ?

Je crois que c'est la pire des éventualités.

La plus dangereuse.

Et les couleuvres façon Kadhafi vont se multiplier dans les mois et les années à venir.

Jusqu'à ce que le petit piètre de la nation arrive à son but ultime.

Donner vie à cette peur diffuse qui lui noue les entrailles.

Et faire advenir cette guerre contre les musulmans qui peuple ses cauchemars.

 

14/12/2007

Cela commence à bien faire, ces clandestins qui refusent de payer leur billet...

 

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Quand même...

Ils sont un rien cons, ces clandestins.

Qui s'entêtent à braver le froid extrême.

Le manque d'oxygène.

Et le risque de chute libre.  

Pour venir se faire pourchasser par nos fières forces de police.

Et à se faire traiter comme des moins que rien en nos hostiles contrées.

 

A force de tentatives avortées, ils devraient pourtant avoir compris.

Que les trains d'atterrissage de nos avions de ligne ne sont pas des places de première.

Et que se cacher en cet endroit est sans doute la pire façon d'organiser son voyage.

Sans hôtesse aux petits soins.

Sans accès au duty-free.

Sans film en projection vidéo.

Et sans plateau-repas...

 

Il en est encore pourtant pour tenter l'aventure.

Comme cet homme "à la peau mate", tombé jeudi matin de l'avion auquel il s'était accroché.

Une chute mortelle qui pointe les risques encourus à ne pas payer son billet.

Et illustre le peu de considérations qu'ont les clandestins pour les habitants du pays qu'ils espèrent rejoindre.

Se fichant comme d'une guigne de traumatiser ceux qui retrouveront  au sol les restes écrasés de leur rêve d'une vie meilleure.

A l'image de ces "deux employés" qui "ont découvert les débris éparpillés sur une zone de 50 m2".

Et en sont resté "choqués", déplore l'AFP.

 

S'il est regrettable que ce clandestin n'ait pas essayé de chuter proprement.

De tomber avec grâce.

Et de s'écraser avec délicatesse.

Il l'est encore davantage qu'il n'ait pas pensé une seconde aux dommages qu'il aurait pu causer au sol.

En se crashant bêtement dans une zone habitée.

"Le corps serait tombé au moment où le pilote d'un avion de ligne aurait sorti son train d'atterrissage en arrivant sur Roissy. Il est tombé sur le toit d'une maison avant de rebondir sur une voiture", avance ainsi LCI.

A qui il n'a pas échappé le manque d'élégance d'un tel bombardement.

 

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Heureusement...

Tous les clandestins voyageant sans avoir composté leur ticket ne sont pas aussi mal élevés.

Et la plupart prennent bien garde de pousser leur dernier soupir sans s'éparpiller.

Tels Yaguine et Fodé, adolescents de 15 ans fuyant la Guinée en 1999.

Qui n'ont été retrouvés morts qu'après l'atterrissage. 

Oui : une jolie preuve de savoir-mourir dans la discrétion.

 

Mais pas seulement.

En plus de quelques couches d'habits insuffisantes à les protéger du froid, les deux enfants portaient sur eux une lettre.

Qui restera comme le plus percutant des actes d'accusation envers nos politiques migratoires.

Aussi égoïstes qu'inefficaces.

Une missive dont voici de larges extraits : 

 

"Excellences, Messieurs les membres et responsables d'Europe,

Nous avons l'honorable plaisir et la grande confiance de vous écrire cette lettre pour vous parler de l'objectif de notre voyage et de la souffrance de nous, les enfants et jeunes d'Afrique.

Mais tout d'abord, nous vous présentons les salutations les plus délicieuses, adorables et respectées dans la vie. A cet effet, soyez notre appui et notre aide. Vous êtes pour nous, en Afrique, ceux à qui il faut demander au secours. Nous vous en supplions, pour l'amour de votre continent, pour le sentiment que vous avez envers votre peuple et surtout pour l'affinité et l'amour que vous avez pour vos enfants que vous aimez pour la vie. En plus, pour l'amour et la timidité de notre créateur Dieu le tout-puissant qui vous a donné toutes les bonnes expériences, richesses et pouvoirs de bien construire et bien organiser votre continent à devenir le plus beau et admirable parmi les autres.

Messieurs les membres et responsables d'Europe, c'est de votre solidarité et votre gentillesse que nous vous crions au secours en Afrique. Aidez-nous, nous souffrons énormément en Afrique, nous avons des problèmes et quelques manques au niveau des droits de l'enfant (...)

Donc, si vous voyez que nous nous sacrifions et exposons notre vie, c'est parce qu'on souffre trop en Afrique et qu'on a besoin de vous pour lutter contre la pauvreté et pour mettre fin à la guerre en Afrique. Néanmoins, nous voulons étudier, et nous vous demandons de nous aider à étudier pour être comme vous en Afrique.

Enfin, nous vous supplions de nous excuser très très fort d'oser vous écrire cette lettre en tant que Vous, les grands personnages à qui nous devons beaucoup de respect. Et n'oubliez pas que c'est à vous que nous devons nous plaindre de la faiblesse de notre force en Afrique.

Ecrit par deux enfants guinéens, Yaguine Koita et Fodé Tounkara."

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Mais bon : 1999, ça date.

Et nul doute que la lettre est trop ancienne pour venir jusqu'aux oreilles de notre sémillant ministre de l'Immigration et de l'identité nationale. 

Nul doute non plus que Brice Hortefeux saura prendre les mesures qui s'imposent.

Contre ces clandestins qui s'obstinent à voyager sans billet.

Logique : il sait de quoi il parle.  

Notre brillant colonel de réserve de l'armée de l'air.

 

13/12/2007

Placid et Muzo font des claquettes : brillant. Sarkozy et Kadhafi repoussent les limites du ridicule : désolant.

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Euh....

Je ne sais pas ce que vous en pensez.

Mais j'aimerais bien que Kadhafi reste encore un peu.

Et qu'il prolonge son séjour dans nos vertes contrées.

Oh : pas longtemps.

Disons quelques semaines.

Ou quelques mois.

Juste le temps de refiler à ce doux autocrate un petit pied-à-terre.

De lui donner un titre officiel, style secrétaire d'Etat au ridicule national.

De lui offrir un tapis rouge, à dérouler quand l'envie s'en fait sentir.

Et de le sacrer citoyen d'honneur de la Sarkozye.

 

Quoi ?

Si je déraille du ciboulot ?

Si je travaille de la cafetière ?

Non, non...

Mais soyez honnêtes : on se fend vachement plus la poire depuis que "le Guide de la grande révolution de la Grande Jamahirya arabe libyenne populaire et socialiste" est arrivé.

Quand même.

Et sa présence semble grandement augmenter le potentiel (pourtant déjà bien élevé) de mensonges et de contre-vérités de notre croisé en talonnette.

Quand même.

 

Résultat ?

C'est un festival.

Un two-men-show non-stop des deux guides suprêmes, Placid-Kadhafi et Muzo-Sarkozy.

Un spectacle sans fin de deux hypertrophiés de l'égo, jamais à court de nouvelles stupidités.

Et un puits sans fond de guignolades successives.

Bref : de quoi déclencher sourires et rires (en Rafale).

A condition qu'on ait les nerfs bien accrochés.

Et la rate assez extensible pour la dilater encore et encore.

 

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Il faut dire que Placid Kadhafi a su se présenter sous son meilleur jour.

Et que le bougre a beau être un brin violeur et tortureur, un (gros) chouia dictateur, un (énorme) poil manipulateur et un peu (beaucoup) sale type.

Il est tellement sympathique.

Au fond...

La preuve ?

Il a critiqué les attentats d'Alger.

(Si, si...)

"Ce sont des actes condamnables (...). Si c’est al-Qaida, qui est derrière, les gens qui appartiennent à al-Qaida sont des criminels qui n’ont pas toute leur raison", a déclaré l'autocrate.

Avant d'assèner : "Ce sont des bandes de criminels."

(Si, si...)

Un peu comme si Carlos-boum-boum dénonçait le recours à la lutte armée.

Ou que Carlos-qu'est-ce-que-tu-bois-doudou-dis-donc s'en prenait aux boissons fruitées à haut pouvoir calorifique.  

La poilade...

 

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Cela ne vous fait pas rire ?

Diantre, vous êtes difficiles.

Mais soit : il est des choses plus marrantes.

Comme cette interview effarante donnée par Muzo-Sarkozy au Nouvel Observateur.fr.

Dont on se demande tout du long si c'est un banal numéro de clown.

Ou le dernier spectacle d'un adepte du stand-up se piquant de jouer des claquettes en même temps qu'il assène des énormités.

 

C'est même un tel florilège qu'il faudrait des pages et des pages pour s'en moquer.

Sans même être sûr d'en avoir fait le tour.

Alors notons juste l'élégant "c'est facile de parler des droits de l'Homme quand on manifeste entre soi dans des lieux symboliques, en laissant les gens mourir".

(Euh... c'est pour les centaines de prisonniers politiques enfermés dans les cachots libyens ?)

Le très répétitif "Il y aurait donc un jour où l'on célèbrerait les droits de l'Homme et les autres jours non. Et si cette Journée servait justement à parler avec ceux qui ont à progresser sur les droits de l'Homme plutôt qu'à parler avec Bernard-Henri Lévy et les habitués du Café de Flore".

(Notons que le café de Flore n'avait pas connu une telle célébrité depuis la grande époque sartrienne : le pauvre Jean-Paul doit en faire des bonds dans son cercueil...)

Le complétement débile "Mais refuser de féliciter Monsieur Poutine quand son parti a gagné les élections aurait été absurde."

(Muzo-Sarkozy feint toujours de ne pas saisir que son cher ami Poutine a volé les élections plus qu'il ne les a remportées.)

Le complétement à côté de la plaque "C'est vrai, j'ai été le candidat des droits de l'Homme (...). Que peut-on mettre à mon bilan ? J'ai sorti les infirmières bulgares de leur prison. Obtenu des preuves de vie d'Ingrid Betancourt."

(Où notre adjudant en chef s'entête à confondre le sort de quelques victimes emblématiques et la question des droits de l'homme. Il a raison : c'est tellement plus facile d'instrumentaliser à son profit le sauvetage d'une poignée d'otages que de tenir un discours ferme et respectable sur la démocratie dans le monde...)

L'incroyable "Pouvez-vous me citer un mot, un fait qui prouvent que j'aurais renoncé à défendre les droits de l'Homme ?"

(Euh.... Non, rien...)

Le très néo-con et martialement inquiétant "Le problème pour nous, ce n'est pas tant le risque que les Américains se lancent dans une intervention militaire mais que les Israéliens considèrent que leur sécurité est vraiment menacée. Le danger d'une guerre (avec l'Iran) existe."

(Oui : c'est le rôle de la République française de bombarder le pays des mollahs pour rassurer Israël. Allez hop : tous la fleur au fusil !)

Le pathétiquement idiot "C'est à moi de faire les gestes, car de la même façon qu'en Israël, ce sont les faucons qui font la paix, en France, c'est la droite qui améliorera les libertés individuelles."

(Euh... non, rien...)

Et le désolant "Réjouissez-vous que des industriels investissent dans la presse plutôt qu'elle appartienne à des fonds de pensions anglo-saxons !."

(Puisqu'il est évident que LVMH, le groupe Bolloré ou Dassault sont tellement plus respectueux de la liberté de la presse que les anonymes fonds de pension anglo-saxons.)

 

Voilà.

J'ai beaucoup ri.

Ou peut-être pas.

 

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Je n'espère plus qu'une chose, désormais.

Voir Placid et Muzo continuent leur numéro.

Histoire de vérifier jusqu'où ces deux brillants duettistes sont capables d'aller.

Pas vous ?

12/12/2007

"Quand tu discutes avec un croco, ne laisse pas traîner ton bras". Sarkozy aurait mieux fait de réviser ses classiques avant d'inviter Mouammar...

 

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Il en deviendrait presque sympa.

L'immonde Mouammar Kadhafi.

Tant il s'ingénie à gâcher la vie de son hôte présidentiel.

Et à lui mettre des bâtons dans les roulettes.

 

Surprenant. 

Puisqu'on aurait pu penser qu'entre guides suprêmes, on se soutient.

Et qu'entre égos surdimensionnés, on se ménage.

On se serre les coudes.

Mais non : nada, foin de solidarité.

Nico et Moumou sont plutôt à coutelas tirés.

 

Enfin, à coutelas tirés...

C'est surtout l'autocrate libyen qui ne cesse de déterrer la hachette de guerre.

Semblant prendre un malin plaisir à mettre le petit président français en difficultés.

Et à lui compliquer une tâche que les nombreuses protestations contre la visite libyenne ont déjà rendu difficile.

Bref : le séjour de Kadhafi est tout sauf un voyage (officiel) tranquille.

Et c'est la faute à Moumou.

 

Ali Baba (et les 400 invités) avait pourtant annoncé la couleur.

Estimant à Lisbonne, quelques jours avant d'atterrir à Paris, qu'il "est normal que les faibles aient recours au terrorisme".

Une déclaration à l'emporte-bombe qui avait contraint Sarkozy au grand écart.

Le forçant à se faire indulgent et relativiste.

Jusqu'à expliquer que Kadhafi "a sa personnalité, son tempérament".

"Ce n'est pas moi qui vais le juger", avait ajouté celui qui est d'ordinaire si prompt à condamner.

Et à appeller de ses voeux le châtiment ultime pour ceux qui sortent des clous.

Un comble...

 

Alors.

Qui c'est le plus malin ?

Oui.

C'est Moumou.

 

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C'est tout ?

Non.

Sa majesté libyenne n'allait pas s'arrêter en si bonne voie.

Ni manquer une occasion de mettre son hôte en porte-à-faux.

Surtout pas... sur la question des droits de l'homme.

 

Là, Kadhafi a fait très fort.

Entretenant la polémique.

Et accusant clairement Sarkozy de mentir à ce bon peuple de France.

En prétendant avoir demandé à son invité de "progresser sur le sujet des droits de l'homme".

"Tout d'abord, nous n'avons pas évoqué, moi et le président Sarkozy, ces sujets", a répondu malicieusement le renard du désert.

A l'évidence tout heureux de foutre un peu le bordel.

 

Alors.

Qui c'est le plus retors ?

Oui.

C'est Moumou.

 

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C'est tout ?

Toujours pas.

Tant le grand chef libyen a su pousser son avantage.

Jusqu'à donner des leçons à Sarkozy en ses terres.

"Avant de parler des droits de l'homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits", a souligné le leader minimo devant des représentants de la communauté africaine.

Avant de poursuivre en constatant que "Nous sommes l'objet d'injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd'hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes (...). Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police".

Une critique fondée et justifiée, qui mériterait approbation et applaudissements.

Si elle ne venait d'un grand bouffi qui n'a eu de cesse de fouler depuis trente ans toute considération pour l'humanité.

 

Alors.

Qui c'est le plus vicieux ?

Oui.

C'est Moumou, c'est Moumou, c'est Mouammar !

 

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C'est tout ?

Pour le moment oui.

Mais vous savez quoi ?

J'ai bien l'impression que la pièce n'est pas terminée.

Et que Sarkozy va devoir boire la coupe jusqu'à l'halali.

Diantre : c'est ce qui arrive quand l'on croit jouer au plus malin.

Et que l'on s'attaque à plus tordu que soi.

 

S'il ne souhaite plus se ridiculiser à l'avenir.  

Notre présidentiel meneur de revue pourra toujours méditer ce vieux proverbe africain.

"Il n'y a pas de la place pour plusieurs crocodiles dans un même marigot."

Mais je doute qu'il soit capable de retenir la leçon.

 

Allez : un ban pour Moumou.

Ce sacré fils de pute.

 

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11/12/2007

Kangourou-rat du désert, lamproie endémique des Etats-Unis, grizzli mexicain et classes moyennes même combat ! Trinquons aux espèces en voie de disparition...

 

 

Les animaux ?

Ils m'emmerdent.

M'ennuient.

Me fatiguent.

Et je crois que je me porterais mieux s'ils disparaissaient totalement de la surface de la terre. 

 

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Bref : je suis animophobe.

Et pas qu'un peu, hein...

Totalement.

Au dernier degré.

A tel point que je célèbre toujours avec faste la disparition d'une espèce.

Et que je fête joyeusement toute extermination d'une famille d'animaux.

Ne ratant pas une occasion de clamer ma haine des petites et grosses bêtes.

 

J'exagère ?

Même pas.

Que croyez-vous que j'ai fait en 1936, quand le dernier kangourou-rat du désert s'est éteint en Australie.

Oui : champagne !

Et en 1953, quand l'ultime lamproie endémique des Etats-Unis a cessé d'agiter ses petites nageoires ?

Pareil : champagne !

En 1960, quand l'unique grizzli mexicain survivant a passé l'arme à gauche ?

Encore : champagne !

Ou l'an passé, quand le seul dauphin du fleuve Yang-Tsé encore en vie a poussé son dernier soupir avant de se laisser emporter par le courant ?

Toujours pareil : champagne !

 

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(D'ailleurs, il faut que je me méfie : à force, les bulles commencent à me monter à la tête...)

 

Je sais que cela peut paraître un peu spécial.

Un brin macabre et tordu.

Mais je suis comme ça : j'aime à savoir que l'être humain poursuit sans relâche son oeuvre ravageuse.

Qu'il continue si talentueusement à faire le vide autour de lui.

Et comme je ne dédaigne pas non plus lever le coude de temps en temps.

J'ai trouvé le moyen idéal de conjuguer mon appétance alcoolique et ma haine des animaux.

 

Pour vous dire : j'ai déjà mis la prochaine bouteille au frais.

Et je sais que d'ici peu, j'aurai l'occasion d'en faire sauter le bouchon.

Pour me noyer avec délice dans un océan de bulles pétillantes.

Attention : ça sera un grand cru ce coup-ci.

L'une de ces illustres bouteilles que Le Figaro recommandait récemment à ses lecteurs.

Peut-être un flacon de la cuvée Amour de 1998 de chez Deutz, à 155 €.

Ou bien un coffret Moët et Chandon brut Impérial, à 260 € ?

 

Quoi ?

Je ne me refuse rien ?

C'est vrai que ce n'est pas donné.

Mais l'occasion sera un peu spéciale, cette fois-là.

Tant on n'a pas tous les jours l'occasion de trinquer à l'extinction et à la disparition des classes moyennes.

Ni de vider son verre à la santé de la paupérisation de la société française.

 

Rien de neuf, dites-vous ?

Oui.

On savait déjà que le modèle des Trente Glorieuses, époque fastueuse qui avait vu l'embourgeoisement d'une grande partie de la population, n'était pas promis à durer.

Et que la société française, après avoir un temps offert de meilleures conditions de vie à la majorité, avait vite revu grandir les inégalités.

Une évolution que l'économiste Alain Lipietz avait théorisée.

Soulignant la fin d'un modèle de société en montgolfière, où la base (classes populaires) et le sommet (classes aisées) sont largement moins nombreux que le centre (classes moyennes).

Et pronostiquant l'avénement du modèle de société en sablier, où le centre a disparu et où la base ne cesse de prendre de l'ampleur.

 

On le savait.

Mais les premiers résultats d'une étude du Credoc (consultable ici), menée sur la période 1980-2007, viennent de le confirmer.

Montrant que les bas-revenus sont de plus en plus touchés par le chômage.

Se voient davantage imposés des temps partiels.

Ont de plus en plus de difficultés à accéder à un logement et à se constituer un patrimoine.

Sentent peser moultes menaces sur leur santé.

Et ont tendance à voir l'avenir en noir.

 

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Je sais : ce n'est pas vraiment une surprise.

Si ce n'est pour Le Figaro : "La situation des plus nombreux s’est rapprochée de celle des ménages touchant les plus bas revenus au cours de ces vingt-cinq dernières années. Dans le même temps, la situation des Français touchant les plus hauts revenus s’est améliorée. De quoi alimenter la polémique autour du «paquet fiscal» dont l’opposition déplore qu’il soit réservé aux «plus riches»", euphémise ainsi le quotidien des patrons.

 

En ce qui me concerne, je me garderai bien d'être aussi négatif.

Et je me contenterai de dire ma confiance en Christine Lagarde.

Sémillante ministre des Finances qui n'en finit plus de promettre de décrocher la Lune.

Et de s'engager à dénicher les points de croissance nécessaires à renverser cette tendance à la paupérisation.

Jusqu'à jurer que les salariés gagneront un mois de salaire supplémentaire l'an prochain.

Cette blague...

 

De toute façon, s'il n'en est rien, je m'en fiche.

La bouteille est au frais.

Et je sens que je ne vais pas tarder à en lamper les premières gorgées.

A la santé des classes moyennes disparues.

Champagne !

 

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10/12/2007

Les dix livres les plus nuisibles de ces deux cent dernières années ? Marx, Keynes, Nietzsche, Comte ou Kinsey. Ou quand les conservateurs se montrent au grand jour, décidés à prendre leur revanche sur le monde moderne.

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Une petite expérience, ça vous tente ?

Bof ? 

Tant pis : on va dire que oui.

De toute façon, la chose est facile à mettre en oeuvre.

Ne vous demandera que peu d'efforts.

Et se révèle surtout très instructive.

Tant elle constitue une plongée sidérante dans la pensée néo-conservatrice américaine.

Et dévoile un pan des forces réactionnaires à l'oeuvre outre-Atlantique.

 

Donc.

Prenez quinze Américains, que vous aurez sélectionnés selon deux critères.

Soit leur poids dans la vie intellectuelle de leur pays.

Et leurs convictions conservatrices.

Réunissez ces présidents d'universités, professeurs, représentants d'institutions, éditeurs ou dirigeants de syndicat sous un prétexte quelconque.

Qu'il s'agisse d'un pique-nique de soutien à Bush.

Ou d'une festive cérémonie de lever des couleurs.

Demandez enfin à ces joyeux drilles de participer à un petit scrutin.

Et de sélectionner les dix livres du 19e et du 20e siècle qui se seraient révélés les plus nuisibles pour l'humanité.

Agitez le tout.

Observez les résultats d'un oeil hagard et désolé.

 

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Une idée à la con ?

Je suis d'accord.

Mais pas l'hebdomadaire américain Human Events, qui a organisé ce petit jeu en décembre 2005 (*).

N'hésitant pas à "asked a panel of 15 conservative scholars and public policy leaders".

Pour "compile a list of the Ten Most Harmful Books of the 19th and 20th Centuries".

Et ?

Ben... les résultats décoiffent.

Voyez donc.

 

Au hit-parade des bouquins les plus dangereux ?

D'abord un podium tout en surprise, où Le Manifeste du Parti Communiste dépasse d'une courte tête Mein Kampf.

Choix que chacun sera libre d'apprécier (en ce qui me concerne, voir Marx devancer Hitler me file des petits boutons, des plaques d'eczéma et une propension nerveuse à hocher la tête d'un air désolé....), mais qui peut encore se discuter.

Comme peut tout à fait se défendre la troisième place du Petit Livre Rouge de Mao.

Tant l'opuscule est en effet gorgé du sang des victimes de la Révolution culturelle.

 

C'est ensuite que les choses se gâtent.

Et que la vision rassie et revancharde des conservateurs américains se fait réellement jour.

J'exagère ?

Même pas.

Puisque ces incontinents de la pensée ont placé en quatrième place le Rapport Kinsey sur la sexualité.

Et au cinquième rang Education et Démocratie de John Dewey.

Soit deux ouvrages essentiels dans la modernité occidentale.

Le premier contribuant à démolir le carcan de relations sexuelles aussi figées que frigides.

Et le second révolutionnant la prise en charge de l'élève dans le système scolaire.

Oui : il fallait oser...

 

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Fini ?

Au contraire.

Emportés par leur élan, résolus à mettre à l'encant tous les livres progressistes qui ont pu contribuer à l'essor de l'individu, les quinze crétins "conservative scholars et public policy leaders" ne se sont pas arrêtés là.

En ont profité pour régler leurs vieux comptes avec Marx (Le Capital à la 6e place), Auguste Comte (Cours de Philosophie Positive au 8e rang), Nietzsche (Par delà le Bien et le Mal brillant neuvième) et Keynes (Théorie générale de l'Emploi, de l'Intérêt et de la Monnaie en queue de classement).

Soit un véritable autodafé symbolique de tous les ouvrages fondateurs de notre civilisation.

Pire : ces désolants intellectuels n'ont été stoppés dans leur réactionnaire coup de balai que par le nombre de places du palmarès.

Freud, Simone de Beauvoir (sic...), Georges Sorel, Michel Foucault et Gramsci échouant ainsi, pour quelques votes, à figurer parmi les dix auteurs les plus nuisibles de ces deux cent dernières années.

Dommage...

 

Alors.

On aura beau jeu de pointer le ridicule d'une telle liste.

Et de s'esclaffer des choix pathétiques d'une assemblée de tristes sires en retard de 200 ans sur le monde moderne.

Mais l'on aurait tort de négliger le poids de cette école de pensée chantant les vertus du capitalisme tout en refusant le libéralisme culturel et politique.

Celle-là même qui tire les ficelles du régime néo-conservateur américain.

Qui peu à peu grangrène tous les pays occidentaux.

Et qui, d'une certaine façon, s'installe aussi chez nous.

Remettant pernicieusement en cause les avancées des Lumières.

 

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"Il s’agit d’un phénomène mondial, pas simplement français. La cause majeure, c’est bien sûr l’effondrement provisoire de l’hypothèse communiste. Tant que celle-ci vivait, les dominants étaient obligés de négocier âprement leur pouvoir, parce qu’une autre voie existait, et qu’une conviction populaire et intellectuelle la soutenait massive-ment. Maintenant, la bourgeoisie est dans le lâche soulagement : l’« idée » est discréditée, les Etats communistes sont eux-mêmes devenus capitalistes. Le capitalisme peut à nouveau se présenter comme la solution indépassable, et l’argent être réintroduit comme valeur. Sarkozy est l’homme de tout ça. L’« homme de la situation ». Au fond, c’est le premier vrai poststalinien français", explique ainsi Alain Badiou quand le Nouvel Observateur l'interroge sur le retour à un esprit du 19e siècle.

Avant de poursuivre : "Je pense qu’il était extrêmement important pour Sarkozy de montrer rapidement que le gaullisme était mort. D’où son positionnement rapide en chouchou de Bush. Mes amis américains sont horrifiés,à vrai dire. La France reste un mythe là-bas. Ce que vous ne comprenez pas, leur dis-je, c’est à quel point la France est profondément réactionnaire en ses tréfonds. Le Front populaire a tout de même débouché sur Pétain. Mai-68, sur une Chambre des Députés bleu horizon. Si vous la prenez dans sa masse, elle est assez horrible, la France. Attention, c’est un patriote français qui dit ça. Quelqu’un de très attaché à ce pays. Deux choses m’y rattachent profondément. La grande tradition du rationalisme français bien sûr, de Descartes à Lacan, en passant par les Lumières. Et puis, une poignée de gens, dont la Résistance offre l’image absolue. Au bout du compte, la France a toujours été sauvée par les acrobaties d’un tout petit nombre. C’est sur celui-ci qu’on doit continuer à miser."

 

Le rapprochement avec la situation française décrite par Alain Badiou est peut-être un brin tiré par les cheveux.

Mais il a le mérite de souligner un point essentiel : les néo-cons sont partout.

Et ils sont bien décidés à prendre leur revanche.

Gaffe...

 

 

(*) Je sais, ça date un peu. Mais je n'avais rien d'autre à dire. Et puis : c'est mon bloug, non ?

Ps : merci à Lémi, de l'Observatoire du Kitsch (oui, je sais : encore....) pour le lien. Le bougre me permet de pallier mon manque criant d'idées et d'inspiration en ce moment. Pour cela : que ses nuits soient douces et que mille fleurs embellissent son jardinet.

09/12/2007

Dans le Val d'Oise aujourd'hui, c'est un peu de notre démocratie qui est en jeu. Sylvie ou pas Sylvie ?

 

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Dites.

Vous n'entendez rien ?

Si, si : tendez l'oreille.

Ce petit bruit, là :

Sttiiccckk.

Oui.

Encore :

Re-sstticcckkk.

Et ainsi de suite.

Re-re-sssttiiccckkk.

Et re-re-re-stttiiccckkk.

 

Bon : on ne va pas jouer aux devinettes.

Puisque vous avez de toute façon reconnu ce bruit répétitif.

Celui des bulletins glissant un à un dans les urnes de la 8e circonscription du Val d'Oise.

Cette fascinante petite musique de la démocratie en marche. 

Mécanique bien huilée du suffrage universel.

Qui verra un nouveau député occuper la place de Dominique Strauss-Kahn à l'assemblée.

 

On se la refait ?

Ssssttiicccckk.

Re-sssstttiiccckk.

Je ne m'en lasse pas.

De cette mélodie des urnes.

Dont on saura ce soir si elle ne sonne pas davantage comme un requiem.

Ou la bande-annonce d'un spectacle de Guignol.

Que comme un hymne au souverain pouvoir des électeurs.

 

Enfin, je ne m'en lasse pas : façon de parler.

Tant je ne sais plus s'il faut rire ou pleurer.

D'une élection qui pourrait voir l'emporter la plus hystérique et arriviste des poissonnières.

La grande excitée en chef.

L'avocate médiatiquement dévoyée.

L'incroyable démagogue Sylvie Noachovitch.

Celle à côté de qui Nadine Morano n'est qu'une aimable et civilisée jeune fille en fleur.

C'est dire....

 

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Je n'ai ni l'envie, ni le courage.

De revenir sur le glorieux palmarès de Cunégonde.

De toute façon connu de tous aujourd'hui.

(Pour ceux d'entre vous qui sortiraient d'une longue hibernation, ce billet écrit il y a quelques semaines résume les faits d'arme de la donzelle.)

Je me contenterai donc juste de dire combien son élection, hypothèse plausible, sonnerait définitivement à mes oreilles comme la mort d'une certaine conception de la démocratie.

Vision un brin idéaliste où les électeurs ne sont pas des veaux.

Et où la médiocrité, l'indécence et la vacuité médiatique ne sont pas érigées en norme.

 

D'ailleurs.... vous entendez ?

Sttiiccckkk.

Re-sssttiicckkk.

Oui : c'est le bruit sourd des bulletins remplissant les urnes.

Tandis que la voix hystérique de Sylvie résonne en fonds sonore.

"Qui est mieux placée que moi, qui suis avocate, pour défendre les habitants ? Ils m’ont vue à la télévision : le but de ma vie c’est de lutter contre les injustices", répète-t-elle, encore et encore.

C'est vrai, ça : qui ?

 

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07/12/2007

Du socialisme moderne et des mythes du monde animal : Ségolène, tu es le dahu de mon coeur… (Et maintenant : dégages !)

 

 

 

Je me demandais…

Ce n'est qu'une vague impression, bien sûr.

Mais…

Vous ne voyez pas une légère ressemblance entre les deux photos qui suivent ?

 

 Celle-ci :

 

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Et celle-là :

 

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Non ?

Pas du tout ?

Ok, ok…

Quoi ?

Vous ne voyez pas où je veux en venir ?

Vous vous demandez si j'ai l'habitude de picoler dès le matin ?

Ok, ok…

 

Que je m'explique : je ne parlais pas de ressemblance physique.

Tant il existe entre l'animal et la dirigeante socialiste certaines différences assez évidentes.

A commencer par les poils…

Non.

Je pensais au statut.

Celui d'un mythe en voie de disparition.

 

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Reprenons.

Il aura sans doute échappé aux plus citadins et moins cultivés (si, si…) d'entre vous l'identité réelle de l'animal photographié.

Pour faire bref : il ne s'agit ni d'une banale chèvre (bande de moules…).

Ni d'un quelconque bouquetin.

Mais bien…

… du dahu !

Une bête mythique que les habitants des régions montagneuses connaissent bien.

Non pour l'avoir rencontrée.

Mais parce qu'ils ne manquent jamais d'en parler aux enfants du coin comme aux touristes de passage.

Agitant, sourire en coin, le spectre de cet animal sauvage imaginaire.

Qu'il s'agit de poursuivre en forêt les soirs de pluie ou de neige.

En se caillant les miches sans jamais aucun espoir de l'entrevoir.

Bref : le dahu est un attrape-gogos.

Ce qui (vous en conviendrez) offre déjà une première ressemblance avec la dame de Melle.

 

Mais attention : ce n'est pas tout !

(Je vous sens scotché là… si, si…)

Le dahu a aussi pour particularité, nous apprend Wikipedia, de posséder deux pattes "plus courtes que les autres : la différence s'observerait non pas entre les pattes antérieures et les pattes postérieures, mais entre celles de gauche et celles de droite. L'explication de cette différence de longueur tiendrait à ce que l'animal ne vivrait que sur des pentes".

Une morphologie spéciale, résultat de l'évolution, qui "faciliterait ses déplacements à flanc de colline ou de montagne mais l'obligerait cependant à se déplacer toujours dans la même direction et sur un même côté, sans pouvoir faire demi-tour".

 

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Deux pattes plus courtes que l'autre, donc.

L'impossibilité de faire demi-tour.

La méchante habitude de tourner en rond.

Et une inadaptibilité profonde à se mouvoir ailleurs que dans sur son terrain d'élection traditionnel.

Eheh : ça commence à venir, hein ?

Oui, c'est la pasionaria tout crachée.

Celle qui croit à l'éternel recommencement et au mouvement universel en politique.

"Ne baissez pas les bras! Restez là! Ceux qui sont partis, revenez! Le Parti socialiste va se remettre en mouvement. Les militants seront de toute façon, à un moment ou à un autre, consultés et moi, j'ai confiance, je veux continuer à porter cette espérance qui s'est levée pendant la campagne présidentielle", a ainsi clamé la péronelle hier soir sur France 2.

Un appel aussi pathétique qu'improductif.

A l'image de ce dahu qui ne cesse de gravir les mêmes pentes.

Ça se tient, non ?

 

Poursuivons.

Pour ceux d'entre vous qui se sentent sceptiques devant cet incongru rapprochement animalier.

(Un brin tiré par les cheveux euh… les poils, j'en conviens.)

J'ai l'arme ultime.

L'argument à même d'emporter le morceau.

Soit un documentaire jubilatoire, aussi rigolo que plein d'enseignements.

                        ICI  (allez-y : ça ne dure que dix minutes et ça vaut le déplacement)

 

 

Marrant, non ?

Oui.

Et tout aussi instructif.

Ce qu'on y apprend ?

Notamment qu'en cas de parade amoureuse ratée, quand le-la partenaire visé(e) se refuse à lui, le dahu n'a d'autre choix que de refaire le tour de la montagne.

Et de se taper un fastidieux chemin.

Pour "retenter une approche".

Tout comme… cette ancienne candidate à la présidentielle.

Qui ne cesse de s'échiner à recoller les morceaux de son idylle passée.

De sa "plus belle histoire".

 

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Convaincus ?

Presque ?

Parfait.  

Pour vous persuader du bien-fondé de cette comparaison, il ne me reste plus qu'à vous rappeler ce qu'il advient dans la vidéo du dahu qui se distingue de ses semblables et "dérange ses congénères".

Bien vite chassé du troupeau, il est "rejeté par les siens".

Et est alors "promis à une mort atroce", à moins d'une opération salvatrice.

Lui permettant de s'intégrer à une "nouvelle famille".

Celle-ci :

 

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 Ou celle-là :

 

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Des unions recomposées où tout ne va pas toujours de soi.

Bien entendu…

 

Bref, Ségolène-dahu même combat.

Jusque dans le sort qui les attend.

L'extinction programmée.

Et la disparition dans les limbes.

 

Vous en doutez ?

C'est pourtant clair.

Mythe des temps passés, ceux des longues veillées à la chandelle, le dahu ne passera sans doute pas le 21e siècle.

Mythe des temps actuels, ceux de la communication à outrance et du vide des discours, Ségolène ne passera sans doute pas la décennie.

Des deux, il en est un que je regretterai.

Devinez lequel ?

 

 

Ps : merci à Lémi, de l'excellent Observatoire du kitsch, pour le lien et l'idée.

Et puisque vous avez le temps, allez donc lire son billet sur l'incroyable bateau qu'a monté TF1 à Niazov, infâme dictateur turkmène.

Hop ! 

 
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