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19/02/2008

Filiation et banlieue, épisode 1 : à Villiers-le-Bel, l'ordre républicain éloigne les fils de leurs pères. Sans pitié.

 

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Ah ça…

C'est un peu le problème, avec ces gens venus d'ailleurs.

Qu'ils soient noirs, bruns ou jaunes.

Au premier uniforme venu, ils ne peuvent s'empêcher de surréagir en montant sur leurs grands chevaux.

Et en dramatisant les choses.

Qu'il s'agisse de sauter par la fenêtre pour échapper aux policiers.

Ou de pousser des cris "hystériques" pour gêner une arrestation.

Ça ne rate jamais…

 

Bref : il faut qu'ils en fassent des tonnes.

Toujours. 

Alors qu'à force, ils devraient avoir l'habitude. 

Pourtant.

 

Ainsi du père de la famille Samoura.

Qui a tenté de s'opposer à l'arrestation de son deuxième fiston, Mamadou.

Au motif que le premier était l'une des deux victimes du drame de Villiers-le-Bel. 

Et qu'il préférait se faire "tuer sur place" plutôt que de se voir enlever à nouveau un fils.    

Comme si c'était une raison… 

 

Heureusement, la toujours moins glorieuse République française ne s'en est pas laissée conter. 

Ah ça : non !

Et ses sbires sans conscience auraient-ils dû emprisonner toute la famille Samoura qu'ils n'auraient pas hésité.

Ah ça : oui !

Sans reculer devant les protestations "de femmes hystériques" dont ose faire état le parquet.

Ah ça : non !

Faut pas déconner, non plus…

 

Bref : il faut que les choses soient claires. 

De un, l'Etat est libre de provoquer la mort d'un adolescent.

Sans avoir à rendre de comptes.

De deux, l'Etat est libre d'emprisonner son frère.

Sans avoir à rendre de comptes.

De trois, l'Etat est libre d'en profiter pour mettre à sac l'appartement familial.

Sans avoir à rendre de comptes.

De quatre, l'Etat est libre de mentir et de reporter la faute d'une perquisition tendue sur une famille traumatisée.

Sans avoir à rendre de comptes.

De cinq… euh… l'Etat est libre de tout.

Sans avoir à rendre de comptes.

Compris ?

 

Quant aux pères éplorés qui font rien tant que gémir dans nos cités, ils feraient mieux d'accepter les sacrifices filiaux.

Histoire que les choses soient claires.

 

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PS : aujourd'hui, jour faste.

Soit deux billets pour le prix d'un.

La suite en dessous.  

18/02/2008

Du bon usage de l'instrumentalisation du passé et de la dialectique inversée : pour ajouter à la confusion, les sarkozystes sont prêts à tout.

 

"Je propose de dire que <pétainiste> est le transcendantal, en France, des formes étatisées et catastrophiques de la désorientation. Nous avons une désorientation majeure, elle se présente comme un tournant dans la situation, elle est solennellement active à la tête de l'Etat. De ce point de vue, encore formel, il y a une tradition nationale du pétainisme qui est bien antérieure à Pétain. Le pétainisme commence en réalité en France avec la Restauration de 1815. Un gouvernement post-révolutionnaire se réinstalle dans les fourgons de l'étranger, avec l'appui vigoureux des émigrés, des classes renversées, des traîtres et opportunistes de tout acabit, et le consentement d'un peuple fatigué. Il déclare qu'il restaure l'ordre et la moralité publics, contre l'anarchie sanglante des révolutions. Cette matrice, typiquement française, insiste dans notre histoire. En 1940, on retrouve la figure catastrophique de la défaite militaire, comme prétexte pour une désorientation majeure : comme, par exemple, un gouvernement qui n'a à la bouche que <la nation>, mais qui est installé par l'étranger ; des oligarques corrompus jusqu'à l'os qui se présentent comme ceux qui vont sortir le pays d'une grande crise morale ; un aventurier, roi cacochyme, vieux militaire ou politicien retors, toujours homme de main des grandes fortunes, qui se présente comme le vrai détenteur de l'énergie nationale."

Alain Badiou, "De quoi Sarkozy est-il le nom ?"  (*) 

 

 

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Ça n'a pas dû vous échapper.

Et même les plus miros d'entre vous l'auront remarqué. 

Le fonds de l'air politique est à la confusion.  

Au mélange des genres.

Et à la désorientation.

 

Un constat impeccablement dressé par le philosophe Alain Badiou.

Qui explique comment une droite d'inspiration pétainiste et revancharde. 

Peut se présenter comme incarnant "la rupture".

Quand elle n'est que réaction.

Comme incarnant le progrès social.

Quand elle n'est que réaction.

Comme incarnant la modernité.

Quand elle n'est que réaction.

Comme incarnant la révolution. 

Quand elle n'est que réaction.

Etc, etc…

 

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Ce n'est pas tout. 

Aux mots détournés de leur sens.

Aux valeurs mensongèrement brandies.

Cette droite néo-pétainiste ajoute la confusion historique.

Ne cessant de ressortir des placards les oripeaux des si troubles années 1930.

Pour convoquer d'étranges fantômes.   

Et habiller ses adversaires du costume infâmant de fascistes.

 

C'est tout un jeu de petites phrases énoncées par les seconds couteaux du régime.

Qui se poussent à qui mieux-mieux.

Et défilent à tour de rôle.

Pour dénoncer, en un étrange et très inquiétant retournement de situation, les tendances totalitaires et autoritaires de ceux qui osent s'en prendre à leur exercice du pouvoir. 

 

Il ne vous aura pas échappé que cette tendance s'amplifie en proportion inverse de la perte de popularité du régime.

Et qu'elle a atteint des sommets ces derniers temps. 

Des exemples ? 

Allons donc : vous les connaissez.

C'est Yves Jégo dénonçant "les méthodes staliniennes" des signataires de l'appel à la vigilance républicaine.

(Tant nul n'ignore que Staline avait pour habitude d'user de la pétition plutôt que du goulag et des exécutions sommaires…)

C'est Roger Karoutchi accusant de "fascisme rampant" les mêmes signataires.

Et osant comparer le sort de Sarkozy, mis en  cause par les médias, à celui de l'illustre Jean Zay, pourri par la presse collaborationniste. 

(Tant nul n'ignore que le fascime et le régime de Vichy se réclamaient de la gauche, quand la droite réac sauvait l'honneur de la france et résistait dans les maquis…)

Mais c'est aussi notre nouvelle première dame établissant un audacieux parallèle entre les méthodes du Nouvel Obs.fr et "les dénonciations de juifs" pendant la guerre.

(Tant nul n'ignore que l'hebdomadaire de la gauche caviar fourmille d'apprentis Déat et de futurs Doriot…)

 

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Qu'on ne s'y trompe pas : il n'est jamais innocent de convoquer ainsi les abominations du passé.

De les dépouiller de leur sens originel.

Et d'en affubler ses adversaires.  

Il n'est pas anodin, non plus, de voir Nicolas Sarkozy instrumentaliser l'histoire.

Exhumant les victimes de la Shoah.

Ou dénonçant, pour évoquer les crimes des nazis et des soviétiques, "la redoutable absence" de Dieu. 

 

Au fond, tout cela concourt d'un même objectif : entretenir la confusion, surfer sur le mensonge et l'élever au rang de méthode de pouvoir.

Une manière de procéder plus qu'inquiétante. 

Et qui n'annonce pas vraiment des lendemains qui chantent.

Au contraire, même…

 

Je ne sais pas vous.

Mais moi, le fond de l'air m'effraie de plus en plus.  

 

  

 

 

(*) Si ce n'est déjà fait, lisez cet ouvrage.

Achetez-le, volez-le s'il le faut, mais lisez-le ! 

 

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16/02/2008

Oh… quelle idée…

 

"On veut abattre le président de la République."

Yves Jégo, comique-troupier en chef.  

 

 

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PS : plus c'est court, plus c'est bon, non ?

Euh… 

Non, je sais.

Mais je suis méchamment à la bourre, là.

Donc : rien de plus.

Si ce n'est encourager tous ceux qui ont un peu de temps à perdre et l'envie de se poiler à aller lire cette incroyable interview d'Yves Jégo. 

Entretien mémorable où le porte-parole de l'UMP echaîne les affirmations débiles comme à la parade. 

Du très con : "Les forces les plus secrètes du conservatisme doivent être très puissantes en France. Elles ont bien compris que Nicolas Sar­kozy veut engager la rupture dans tous les domaines et, du coup, elles ont décidé de s'attaquer à lui."

Au complètement pathétique : "Nous verrons si l'opération de destruction a fonctionné, mais je sens qu'une réaction est en train de se produire. Les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir réagir pour ne pas se laisser voler leur victoire de mai 2007 que certains essaient d'étouffer avec ce rideau de fumée. Ce terrorisme intellectuel malveillant suscite une révolte dans l'opinion, qui n'a­c­cepte plus cette méthode de lynchage permanent."

Bonne poilade.

A lundi.  



 

15/02/2008

Peu à peu, le communisme tisse sa toile : on n'avait déjà plus de pauvres, on n'aura bientôt que des riches. Vive la France !

 

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Waouh !

J'ai une (super) bonne nouvelle pour vous, les aminches.

(Accrochez-vous : ça décoiffe !)

Le communisme… et ben… on est en plein dedans. 

(Si, si…)

Mieux : la société sans classe… et ben… elle s'est déjà réalisée. 

(Si, si…)

Et nous vivons en pleine utopie marxiste.

(Si, si…)

 

Comment ?  

Ça vous étonne un brin ?

Vous vous dites que vous seriez au courant (quand même)  ?

Oui : ça m'a fait la même chose.

Avant que je ne me rende à l'évidence.

Convaincu par la parole d'un expert.

Soit celle d'un élu tellement proche des idéaux de l'extrême-gauche qu'il a toujours considéré que ce qui était à lui appartenait à la communauté.

Et vice-versa…

 

 

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Patrick Balkany, donc.

Lequel était gaillardemment tombé dans le (gros) piège tendu en novembre 2005 par les Yes Men, duo d'activistes malins. 

Et avait laissé libre cours à sa bêtise crasse au cours de ce qu'il croyait être une interview pour une chaîne américaine.

Affirmant notamment au pseudo-journaliste qu'il n'y a pas de pauvres en France.

"Ce que vous appellez des pauvres (…), ce sont des gens qui gagnent un peu moins d'argent. Mais comme ils gagnent moins d'argent, ils ont les mêmes logements que les autres, sauf qu'eux les payent moins cher : ils vivent très bien. Nous n'avons pas de misère en France, il n'y a pas de ce que vous appellez les pauvres. Bien sûr, il y a quelques sans-domiciles-fixes, mais eux ont choisi de vivre en marge de la société", déclarait ainsi le bouffi culotté dans cette vidéo jubilatoire (*).

 

Ça ne vous rappelle rien ?

Réfléchissez…

(Je sais : certains vont avoir du mal…)

Donc : pas de pauvreté.

Peu ou prou les mêmes revenus pour tous.

Et un logement semblable à chacun. 

Y a pas à tortiller : c'est le communisme. 

Ici !

Chez nous !

En France !

La classe… 

Vladimir Ilitch Oulianov et Lev Davidovitch Bronstein doivent en faire de véritables bonds de joie, au fond de leurs mausolées.

 

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Patrick m'a convaincu, donc.

Mais c'est Le Figaro.fr qui m'a définitivement persuadé que nous étions entré dans une société nouvelle.

(Mine de rien…)

Et que le capitalisme à la française était en passe de réaliser ce que le marxisme à la papa n'avait pas réussi.

Soit l'accès du plus grand nombre aux privilèges de quelques-uns.

Enfin…

Je dis : le plus grand nombre.

On n'en est pas encore tout à fait là.

Même si c'est en bonne voie.

La preuve ?

"Près de 528 000 contribuables auraient réglé l'impôt sur la fortune en 2007, contre 457 000 en 2006. (…) Selon la situation de l'État au 31 décembre 2007, (…) l'ISF a rapporté à l'État la bagatelle de 4,42 milliards en 2007, contre 3,68 milliards un an plus tôt. D'une année sur l'autre, le rendement de l'ISF est en hausse de 735 millions d'euros, soit 19,9 %", cocorise la feuille des choux des patrons

En un mot : (presque) tout le monde est riche ! 

 

Alors : c'est pas beau, ça ?

Si.  

Et je vous le dis, les aminches : si on continue ainsi, on va se retrouver avec la faucille et le marteau sur le fronton de l'Elysée d'ici peu.

Ça fait pas un pli.  

 

 

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(*) La vidéo date un peu et a beaucoup tourné sur le net.

Mes plus plates excuses à ceux qui ont déjà maintes et maintes fois visionné cet incroyable enregistrement.

Ce n'était pas mon cas… 

 

14/02/2008

Dieu fait rien tant que se casser ailleurs. Et pendant sa redoutable absence, on va encore en prendre plein la gueule…

  

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Hé !

Hoho !

Hého, Dieu !

T'es là ? 

Non ?

T'es pas là ?

 

Putain, ça craint…

Dieu s'est encore cassé.

Et j'ai dans l'idée qu'il va se passer des trucs horribles pour des millions d'êtres.

Des guerres.

Des famines.

Des séparations.

Des déportations.

Des morts.

J'en passe et des pires.  

 

A chaque fois, c'est la même chose.

Dieu va voir ailleurs s'il n'y est pas.

Juste le temps d'une petite balade, d'acheter des clopes ou d'aller aux putes. 

Et vlan : les forces du mal, pas nées de la dernière pluie, en profitent pour foutre la merde. 

Pour organiser des drames-en-veux-tu-en-voilà. 

Et pour projeter plein de gens dans le caca.

Ça ne rate jamais.  

 

Y'a pas…

On peut dire ce qu'on veut…

Mais quand Dieu n'est pas là, sa redoutable absence saute aux yeux.

D'ailleurs, vous allez voir : s'il ne revient pas très vite, on va en chier à mort.

Tout pareil qu'au XXe siècle.

Ça fait pas un pli.

 

Allez, Dieu !

Fais pas la gueule !

Reviens, quoi.

On t'en prie…

 

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Ps : ça vous dit, un petit jeu ? 

Non ?

Pas grave : vous allez jouer quand même.

(Faut pas déconner, hein…)

 

En plus, c'est tout bête : il suffit de réunir en une même phrase tous les mots précédemment surlignés en gras.

De les remettre dans le bon ordre.

Et hop : vous vous retrouvez avec sous les yeux la dernière imbécilité prophérée par notre saint-père des croyants.

Cool, non ?

 

(Pour les débiles, solution ici

 

13/02/2008

Enfin une première dame à la hauteur : Carla s'exprime comme une reine de la haute. Et la France (oui, Môsieur !) en sort grandie.

"Il convient parfois d'écrire pour ne rien dire. De faire trop long et peu clair, au risque de ne pas être lu. D'enchaîner digression sur digression, quitte à perdre ton lectorat. Parce que c'est ton bloug et que tu en fais ce que tu veux, bordel !"

Epitaphe gravée sur la tombe du blougueur inconnu.

 

 

 

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Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

 

(Vous avez vu ? C'est vachement régulier et harmonieux, non ?)

 

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Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

 

(Oui : j'en suis assez content. Ça fait longtemps que mon rythme cardiaque n'avait pas été aussi apaisé.)

 

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Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

 

(C'est que mon coeur de petit français bat sereinement : ma fibre nationale est confiante et mon sentiment patriotique regonflé.)

 

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Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

Toac.

 

(Je vous le dis tout de go : cela, je le dois à Carla Bruni.)

 

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Toac.

Toac…

 

Ok, ok : vous avez compris.

Et il ne faudrait pas que je prenne le risque de vous lasser. 

Mais aussi : je voulais être sûr que vous aviez bien saisi combien j'étais heureux que le grand jardinier en chef se soit trouvé une épouse à la hauteur. 

Et qu'il ait dégotté une gonzesse assez au fait des usages du monde pour ne pas nous foutre la honte au premier pique-nique international venu. 

 

Quoi ?

On s'en fout ?

Mais pas du tout.

Alors là : pas du tout !

La preuve, Christophe Barbier, le sémillant patron de l'Express, trouve cela important.

Expliquant, en marge de l'interview dont tout le monde parle, que "c'est bien en politique que la nouvelle première dame de France, professionnelle, curieuse et résolue, effectue ici son entrée".

Et affirmant combien il la pensait à la hauteur de son nouveau rôle : "A la fin du mois de mars, Carla Bruni-Sarkozy accomplira, au Royaume-Uni, son premier voyage officiel au côté de son mari. En ce pays dont elle parle couramment la langue, forte de son expérience de mannequin et de chanteuse, elle sera tout à son aise, malgré les pesanteurs du protocole royal."

En un mot : c'est dans la poche.

Et ce n'est pas rien.

Tant il est essentiel que la France (la France, Môsieur !) sache tenir son rang. 

 

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Bon, soyons franc : au début, je n'étais pas sûr que Carla ait l'étoffe d'une première dame.

Malgré l'entêtement de Christophe Barbier à passer du cirage à "la nouvelle première dame de France, professionnelle, curieuse et résolue".

Mais l'interview m'a convaincu.

Et je suis désormais serein.

Rassuré.

Toac.

Toac.

Toac…

 

Enfin… je dis l'interview.

Mais il a suffit d'un très court passage pour que mon angoisse se dissipe.

Juste une phrase à la fin de l'entretien. 

Celle-ci : "Ce qui suscite mon admiration, c'est l'agapê des hommes publics, par exemple Nelson Mandela, leur capacité à s'engager pour les autres."

"Agapê"…

Ça claque, non ? 

 

Quoi ?

Ça ne vous dit rien ?

Pour tout dire : au début, moi aussi, je ne comprenais pas vraiment de quoi elle voulait parler.

J'ai même naïvement cru qu'il s'agissait d'une petite erreur.

Et qu'elle souhaiter dire "les agapes". 

En un mot : la bouffe.

Sur le moment, ça m'a un brin inquiété.

Tant je ne trouvais pas très classe d'afficher son admiration pour les hommes politiques selon leur coup de fourchette.

Ni ne comprenais en quoi leur capacité à enfourner un max de nourriture au cours de repas officiels pouvait bien traduire "leur capacité à s'engager pour les autres".

Louche… 

 

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Et puis…

J'ai compris que je m'étais planté.

Chose que, tout cultivé que vous soyez, vous avez peut-être fait aussi.

Alors (pour tous les mous de la fibre culturelle) : "Le mot grec agapè signifie affection, amour, tendresse, dévouement. Son équivalent latin est caritas, que nous traduisons par « charité ». Généralement, la langue profane emploie agapè pour désigner un amour de parenté ou d'amitié, distinct de l'amour-passion, distinct du désir amoureux : celui-ci, en grec, est appelé érôs, en latin amor (français : amour) ou cupido, cupiditas (français : désir, envie, passion amoureuse)", explique l'Encylopédie Universalis.

Ce qui change tout. 

Tant l'utilisation d'un mot aussi méconnu donne un vernis prestigieux aux phrases vides et creuses de dame Bruni. 

Et la fait entrer direct, Christophe barbier a raison, dans l'illustre caste de ceux qui sont destinés aux plus hautes fonctions.

La classe !

 

Toac.

Toac.

Toac…

Je suis serein.

Puisque Carla Bruni saura se comporter dans les grands raouts internationaux.

Faire jeu égal avec les esprits les plus brillants. 

Et ne pas se perdre dans les codes de la plus haute société.

Disons : ne pas confondre sa fourchette à desssert avec sa cuillère à poisson.

 

Et même…

Je me sentais tellement rassuré que je me suis plus à imaginer le premier grand rendez-vous de Carla Bruni à l'étranger.

Ce royal repas prévu à la fin de mois de mars avec la reine du Royaume-Uni.

Dame de la haute avec laquelle il ne faut pas trop déconner.

Quand même…

 

 

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A ma droite, Elisabeth II. 

A ma gauche, Carla Bruni.

Et entre elles, un pavé d'agneau à la menthe de toute beauté, dans lequel les deux femmes du monde piochent copieusement en devisant de même. 

Carla : "I say, c'est très important, l'agapê, no ? It's that i préfère chez un homme politique, moi.

Lili-la-tigresse (après un bref entretien avec son royal traducteur) : "Oh yeah, my dear. Bien manger is very important. Et les agapes de la maison royale sont always very réussies."

Carla : "Euh… non… je voulais dire : l'agapê. L'amour, quoi."

Lili : "What ? Je suis d'accord. Comme vous dites, vous les Frenchies : l'amour de la bonne chère."

Carla : "Not, not. Je pensais à l'affection, à l'amour, à la tendresse ou au dévouement. Vous êtes bouchée à l'émeri, ou quoi ?"

Lili : "Don't be vulgaire, my dear. Ce n'est pas une petite dinde comme you qui va me donner des leçons !"

Carla : "I fuck you, old cheap. J'ai l'habitude de dire ce que je pense sans me laisser impressionner par les remontrances de vieux croûtons. D'ailleurs : si ce genre de conduite avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ?"

Plouf-plouf…

 

Et vlan : j'étais rassuré, mais… plus du tout finalement. 

Ma fibre nationale vient d'en prendre un coup. 

Et je crains fort que Carla nous déclenche une petite guerre diplomatique dans les travées des salles de réception étrangères.

La honte…

Toac-toac-toac.

Toac-toac-toac.

Toac-toac-toac.

 

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Toac-toac…… bip-bip-bip-bip…… biiiiîîîîîîîppppppp !

 

 

 

 

 

Ps : Il m'est arrivé un drôle de truc : Flo Py m'a taggué.

A tout autre (ou presque) qu'elle, je me serais contenté de répondre par le mépris le plus profond à un si pâle tentative de camaraderie blouguesque.

Abhorrant ce type de chose autant que les chaînes de mails et les pétitions en ligne. 

(C'est dire…) 

Mais là… je ne sais pas…

Donc : Flo Py, je réfléchis et cherche désespérement une façon de jouer le jeu sans le jouer.

12/02/2008

David Martinon, les pieds coulés dans un bloc de béton, a été retrouvé au fond de la Seine. Il ne faut jamais déplaire au parrain…

 

 

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Une surprise ? 

Mouais…

Tout le monde savait qu'il ne ferait pas long feu.

Tant Don Vito Sarkoleone n'a pas la réputation d'être tendre envers ceux qui ont manqué de talent.

Et qui ont échoué dans la mission fixée.

 

Alors, c'est vrai : nul n'imaginait que ce serait si rapide.

Et que l'ancien porte-parole broutterait si rapidement les pissenlits par la racine.

Enfin… je dis "les pissenlits"… il faudrait plutôt écrire les algues.

Puisque ce pauvre David a été retrouvé par six mètres de fond. 

Les pieds coulés dans le béton et les mains attachées dans le dos.

Juste à côté du troisième pilier du pont du Neuilly.

 

 

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Triste destin ?

Peut-être.

Mais aussi : ce jeune ambitieux n'avait qu'à pas décevoir.

D'autant qu'il n'ignorait rien du sort que celui qu'il s'était choisi comme maître réserve aux perdants.

Il avait déçu.

Flanché.

Echoué.

Il devait donc payer.  

 

Dans l'entourage de Don Vito Sarkoleone, il se murmure que son sort était réglé depuis quelques jours.

Soit depuis que le parrain l'avait convoqué.

Et avait laissé libre cours à sa colère au cours d'une mémorable engueulade.

Un entretien terminé par quelques mots, lancés sur un ton froid et menaçant et que le quotidien Libération rapporte dans son édition d'aujourd'hui : "Je t’ai donné mon fils, je t’ai donné ma ville et tu m’as mis dans la merde ! Tu devrais t’excuser !"

Une phrase sonnant, aux oreilles de tous ceux qui connaissent les emportements du parrain et craignent ses oukases, comme un avis de décès. 

Bref : David Martinon, game over.

 

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Et maintenant ?

Comme à son habitude, Don Vito Sarkoleone devrait faire le gros dos.

Laissant s'écouler quelques jours avant de remonter sur le devant de la scène.

Le temps de redéfinir une stratégie et de se retrouver un nouveau poulain.

Ainsi que de s'assurer que nul ne pourra lier la triste noyade de l'ancien porte-parole et les agissements du parrain.

En un mot : les portes-flingues du parrain, sarko-boys du premier cercle, entrent maintenant en scène.

Histoire de mettre un point final à la reprise en main.

Gare à vos fesses…

  

 

 

 

Ps : je sais, je sais…

C'est un peu tiré par les cheveux.

Mais l'incroyable violence de la mise à mort symbolique de Martinon.

Ainsi que la lecture de cette citation de Sarkozy, qui ne déparerait pas dans la bouche d'un parrain sicilien.

M'ont donné envie de prendre quelques libertés avec la réalité.

Promis, cela ne durera pas : demain, je redeviens sérieux.

(Quoique…) 

   

11/02/2008

Ci-gît David Martinon, tombé dans les rues de Neuilly. Puisse-t-il reposer en paix.

 

 

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Je ne sais pas pour vous.

Mais je n'arrive pas à me décramponner de cette vidéo mise en ligne par Le Parisien.

Montrant un David Martinon sonné et hagard.

Ne sachant plus à quoi se raccrocher.  

Et découvrant que la politique est bien le plus sanguinaire des sports d'intérieur. 

Allez-y faire un tour, c'est ICI.  

 

Jouissif, non ?

Oui.

Et même mieux : par-delà les derniers instants du petit chouchou de l'Elysée.  

Vivante (tout juste…) incarnation d'un lâchage présidentiel dont l'extrême violence symbolique n'a échappé à personne. 

C'est Nicolas Sarkozy qui se donne à voir sans fard.

Politique paniqué prêt à tout pour ne plus chuter.

Autant que traître sans honneur ni conscience.

 

Face au président et à ses exécuteurs.

Au premier rang desquels un fils qui a de qui tenir. 

Martinon n'aura rien pu faire.

Si ce n'est tenter de montrer les dents avant de s'écrouler.

 

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C'est sans doute cette image qui restera de lui.

Gominé éperdu et gosse abandonné.

Pourtant décidé à vendre chèrement sa peau.

Mais incapable de saisir d'où venaient les coups.

Et se retrouvant perclus de coups de poignards avant même d'avoir compris ce qui lui arrivait. 

Un rien tragique, non ?

 

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Alors : je suis peut-être un brin optimiste.

Mais il me semble que cette image, justement, pourrait faire beaucoup de mal à notre hyper-président.  

Tant s'il est vrai que si c'est David qui a pris les coups.

C'est Nicolas qui a montré sa faiblesse.  

Comme si le petit monier avait pris un porte-voix pour hurler à ses partisans et électeurs : "Regardez comment je suis, en vrai ! Regardez comment je peux me conduire en salopard ! C'est dégoûtant, non ?"

Jouissif, je vous dis. 

Et d'ailleurs : j'y retourne.  

Ne manque qu'un peu de pop-corn pour que mon bonheur soit total. 

 

 

Ps : oui, c'est tout…

Mais aussi : je me remets difficilement d'un week-end agité. 

Et mon esprit embrûmé se refuse à toute réflexion plus ambitieuse.

Il faudra s'en contenter.  

09/02/2008

Les médias sont des pharisiens, Nicolas Sarkozy un martyr et Rama Yade et Nadine Morano serviront la messe lors de la prochaine cérémonie en son honneur. Ouvrez le ban !

 

"Quand Sarkozy faché, lui toujours faire ainsi" : Jean Lumignon, le temps d'une brève apparition dans Tintin et le Temple du soleil.

 

 

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Vous avez vu ?

Cette curée médiatique…

Cette immonde séance de lapidation collective… 

Oui : c'est un scandale.

Cela fait froid dans le dos.  

Et je n'arrive pas à comprendre comment l'on peut traiter quelqu'un ainsi.  

 

Car, enfin…

Qu'on règle des comptes, je comprends.

Qu'on se batte à la loyale, j'approuve.

Qu'on reste dans une optique de sain affrontement, je cautionne.

Et même : qu'on se déchire à l'occasion, toutes dents sorties dehors pour quelques instants de free-catch à la hussarde, j'y suis favorable. 

Après tout : la presse doit affirmer son indépendance, non ?  

 

Mais ça…

La bride laissée à ce point sur le cou des bas appétits…

C'est tout bête : je n'arrive pas à comprendre.

Et je ne suis pas le seul.

A tel point que je partage même, sur cette illustre question du SMS à Cécilia, le bidet de mon indignation avec quelqu'uns des plus augustes culs de la majorité.

La classe… 

 

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Tenez, une au hasard : la jolie secrétaire d'Etat aux droits de l'homme.

Et bien, Rama Yade a su faire ronfler les phrases et les mots pour dire toute sa colère. 

Et pour affirmer combien était malvenu le traitement médiatique réservé à son mentor. 

A n'en pas douter l'oeuvre de "charognards qui ont humé l'odeur de leur proie, qui fondent sur lui, qui s'acharnent".

Et qui se livrent à une "véritable chasse à l'homme". 

C'est simple : "Il n'y a plus de retenue, plus de morale, personne ne recule devant aucune bassesse, aucun scrupule."

Et c'est surtout indigne : "Ce qu'on lui fait subir aujourd'hui, on ne l'a fait subir à aucun autre président, même personnalité politique, depuis très longtemps. Quand on attaque à ce point l'honneur d'un homme, on va trop loin."

Bref : ça fait froid dans le dos.

 

 

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Certains protesteraient face à de tels qualificatifs.

Monteraient sur leurs grands chevaux en se scandalisant d'être ainsi traités par la ravissante péronelle.

Et fustigeraient une défense bienvenue, en forme de certificat de vassalité au président, pour un membre du gouvernement craignant de perdre son poste lors du prochain remaniement.  

Mais, moi non…

Pas de ça…

Je me contenterai de prendre acte du point de vue de Rama Yade.

En me réjouissant qu'elle ait désormais attrapé le ton juste.

Et le goût de la phrase qui tape dur.  

Certain que les mots si critiques employés à l'égard des journalistes, elle n'hésitera pas à les utiliser aussi face aux dictateurs, petits autocrates et autres grands ennemis des droits de l'homme que la France se pique de traiter en amis.

Autant dire que ça va chier.

Et j'en connais un, dans son palais de Tripoli, qui doit se féliciter d'être déjà passé par Paris.

Parce que sinon : qu'est-ce que la jeune et enflammée défenseuse de la veuve et de l'orphelin du divorcé lui aurait mis dans les dents…

 

 

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Une autre que je suis content de partager mon bidet d'indignation avec.

C'est l'illuminée du Toulois. 

La christique de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle.

Et la fleur la plus classe de la politique française.

Soit… (vous l'avez reconnue)… Nadine Morano.

Dans une interview au Figaro, joliment titrée Il faut ramer dans le même sens (ça, pour ramer…), celle à qui Dieu a donné la foi en Nicolas Sarkozy se montre (pour une fois) plus réservée que Rama Yade.

Observant "simplement que « Sarkozy » est un produit qui se vend bien pour les médias."

Avant d'ajouter : "Dommage que certains tombent dans l'excès inacceptable qui n'a qu'un objectif celui de salir et de nuire".

Si c'est pas méchant… 

 

C'est vrai : la parution de ce SMS par le Nouvel Obs.fr a fait tellement plus de mal à Nicolas Sarkozy que ses propres méthodes…

Et qu'importe si l'homme est affairé depuis son élection (ou même, depuis sa naissance) à prouver combien il est possible de personnifier tous les aspects les plus déguelasses de la droite la plus dégueulasse.

Et n'est jamais fatigué de mettre en avant sa démagogie, son sens de la manipulation, son désintérêt pour ses congénères et son goût pour le pouvoir. 

Aucune importance…

Parce que si Sarkozy a vu sa popularité tomber si bas, ce n'est pas en raison de sa politique et de sa conduite personnelle.

Mais parce que le gros méchant Nouvel-obs.fr a publié un SMS envoyé à Cécilia.

Sans déconner…

 

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Bon.

Il est plutôt rigolo de voir les sarkozystes se retourner à la première occasion venue contre ceux qui les ont si bien servi. 

Et il est aussi plaisant de voir les journaux monter sur leurs grands chevaux, comme s'ils venaient seulement de comprendre l'engrenage dans lequel ils ont depuis tellement longtemps mis le doigt qu'il ne leur reste plus qu'un moignon à chaque bras.

Ça occupe.

Ça met de l'animation.  

Et ça pourrait toujours servir de leçon à certains.

 

Sauf que…

Au fond, ce n'est jamais si marrant de voir la liberté de la presse encore davantage rognée.

Même quand les principaux intéressés se sont démenés comme des diables pour fournir aux piliers du sarkozysme les bâtons avec lesquels les battre.  

C'est juste une défaite de plus.

 

 
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