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29/11/2007

Villiers-le-Bel : l'infanterie de marine, le porte-avion Charles de Gaulle et le 2e REP bientôt appelés en renfort.

"Ma tactique ? je fais la guerre !" Clémenceau.

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Je ne sais pas pour vous…

Mais j'ai douté.

(Si, si…)

Je me suis posé des questions.

(Si, si…)

 Et j'ai même failli perdre confiance.

(Si, si…)

 

Pourquoi ?

Facile : je craignais que le gouvernement ne saisisse pas toute la gravité de la situation.

Qu'il mesure mal le risque d'embrasement des banlieues françaises.

Et qu'il ne choisisse pas la bonne tactique pour ses opérations de maintien de l'ordre à Villiers-le-Bel.

Mais maintenant…

 

Maintenant, je suis rassuré.

Et je sais qu'à la barre de notre glorieux navire France ne se trouve un capitaine résolu, viril et décidé.

Un homme, un vrai !

Pas l'un de ces progressistes pusillanimes.

Hésitant à faire donner l'armée.

Ni l'un de ces trouillards camouflés.

Faisant dans la demi-mesure pour éviter la surenchère.

 

Bref, notre gouvernement n'est pas un mou du slip.

Et ceux qui en douteraient encore n'ont qu'à lire ce passage hallucinant d'un article du Figaro.

Où l'on apprend qu'outre d'énorme moyens en hommes et deux hélicoptères.

Des tireurs d'élite du Raid ont été appelés en renfort à villiers le Bel.

"D’autres, plus discrets encore, étaient postés au balcon de plusieurs appartements réquisitionnés. On voyait à peine poindre le canon à silencieux de leur fusil de précision à lunette de vision nocturne. Ils se tenaient prêts à intervenir au cas où un émeutier sortirait une arme pour le «neutraliser»", détaille l'article.

"Le canon à sliencieux de leur fusil de précision à lunette de vision nocturne"… 

Rien que ça…

 

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Ça calme, hein ?

Oui.

 

Mais peut-être pas assez.

Et je me demande s'il ne serait pas temps d'envoyer aussi à Villiers quelques chars de l'armée.

Ainsi que tous ces Rafales dont on ne sait pas quoi faire.

Plus des bataillons de paras.

Un ou deux lances-missiles en batterie.

L'appui d'un porte-avion depuis la Manche.

Et hop, le tour est joué : c'est la guerre !

 

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Au fait…

Vous n'avez pas l'impression qu'ils se rapprochent.

Ces féroces soldats qui font rien que mugir dans nos campagnes ?

 

28/11/2007

Ce coup-ci, plus d'erreur : voici venu les sombres temps de la haine décomplexée.

"Comprendre, c'est presque justifier." Primo Levi

 

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Vous y croyez, aux mauvais présages ?

Les vols noirs et lourd des corbeaux sur un ciel sombre et chargé.

Les charognards qui se rapprochent en cercles concentriques, planant comme de funestes voiliers.

La lune pleine à l'horizon, vierge et menaçante.

Toussa-toussa…

 

Non, hein ?

Oui : moi non plus.

D'habitude …

 

Mais cette fois…

Cette fois, c'est différend.

Et je suis beaucoup moins certain qu'on peut rester optimiste.

Tant j'ai l'impression qu'il faudrait plutôt prendre un ton biblique.

Doublé d'une voix sourde de menaces.

Pour gronder que le temps de la destruction est revenu.

Et clamer que l'ère de la haine et du malheur repointe le bout de son nez.

 

Vous allez me dire que j'en fais trop.

Que rien ne sert de servir ces accents mélodramatiques.

Ni de prendre le ton d'un mauvais prophète de fin du monde.

Pour sonner le gong d'inquiétudes trop vite montées en graine.

Et vous savez quoi ?

Je suis d'accord.

Sauf que…

 

Sauf que…

En fait : j'étais d'accord.

Avant d'aller faire un tour sur le blog de l'un des deux jeunes tués dans le dramatique accident de Villiers-le-Bel.

Avant de penser d'abord que Libération, qui livre le lien vers les quelques notes postées par Chamo6 avant sa mort, cédait là à un bien malvenu voyeurisme.

Puis de lire les quelques insignifiants sky-textes rédigés par un adolescent qui "aime sa maman" et attend "la fille sérieuse qui (le) fera tomber dans ses bras".

Et enfin de découvrir les centaines d'immondes commentaires laissés sur ce blog depuis la mort du jeune de 17 ans.

Oeuvres de pathétique vermisseaux

Qui d'hommes même pas ne méritent le nom.

 

Je vous vois venir.

Et vous arrête tout de suite. 

Je suis comme vous : je n'attache pas d'habitude grande importance aux écrits anonymes.

Non plus que ne concède une quelconque portée aux commentaires haineux lâchés dans la grande mare du net par une phalange des petits fachos en rut.

Tant je suis convaincu qu'il s'agit là de ces mêmes insignifiants personnages.

Qui sous Vichy écrivaient des lettres à tire-larigots pour dénoncer leur voisin juif ou leur épicier gaulliste. 

Et tant donner trop d'importance aux immondes phrases de ces extrêmistes débiles serait déjà une façon de leur concéder victoire.

Alors que ces tristes sires ne méritent rien d'autre que le silence et le dédain.

 

Mais là.

Là, je ne sais plus quoi dire.

Je crois juste que j'ai peur.

Que j'ai honte.

Et que je n'ai jamais été si pessimiste.

 

Voilà.

 

Ceux qui voudront voir de quoi il s'agit ne le pourront pas : à 23 h 30 hier, devant ce déferlement d'indécence et d'ignominie, la plate-forme (Skyrock) a supprimé ces centaines de commentaires.

Les compatissants (il y en avait quand même) et les ignobles.

Mais honnêtement : vous ne ratez rien.

Si ce n'est un immense malaise.

Tant l'image laissée par certains de nos prétendus frères humains, empressés de dire leur joie de voir mourir un ado et enchantés de clamer leur haine des jeunes des cités, est si déplorable.

Si incroyable.

Et si désespérante.

Que rien d'autre ne vient que l'envie de vomir.

Et de répondre à la haine par la haine.

 

Je cesse là.

Et je promets de ne plus faire grincer à l'avenir mon violon.

Non plus que de laisser libre cours à de tels accents mélodramatiques.

Mais honnêtement : je vois mal comment nous irions vers autre chose qu'un grand ciel noir.

Où les corbeaux croassent à qui mieux-mieux.

Et font rien tant que planer au dessus de nos têtes.

Comme de funestes présages.

 

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27/11/2007

Les droits de l'homme selon Bernie ? Facile. La Russie ? Ok. La Chine ? Ok. Mais la Birmanie : non !

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Le monde selon Nanard ?

Un truc plutôt basique.

Très, même.

Et la vision stratégique du gugusse en charge des affaires étrangères pourrait se résumer une épurée conception des choses.

Avec d'un côté, les méchants pays dictatoriaux.

Ceux qui foulent les droits de l'homme au pied tous les matins en se levant.

Et sur qui les grandes puissances doivent peser pour améliorer les choses.

Et de l'autre, les pays plus ou moins démocratiques.

Bande de bons copains qui n'ont de leçons à recevoir de personne.

Mais qui ont toute latitude pour en donner aux Etats de la première catégorie. 

 

Facile, non ?

Oui.

D'autant que Bernie-on-n'est-pas-toujours-fidèle-à-sa-légende a encore simplifié sa stratégie.

En limitant la deuxième catégorie au maximum.

Histoire d'être sûr de ne pas avoir à se couper de trop nombreux pays "amis".

 

Pour tout dire, Nanard n'a jusqu'à présent placé que deux pays dans cette seconde catégorie.

L'Iran.

Qu'il faudra peut-être se décider à bombarder un de ces jours.

Et la Birmanie.

Qui est le nouveau hochet trouvé par Bernie en guise de repoussoir.

 

Hors de ces deux Etats, point de problème.

Et nulle nécessité de gâcher la signature de futurs contrats.

D'assombrir de radieux avenir commerciaux.

Ou de menacer d'éventuels rapprochements.

En faisant référence à des notions aussi relatives, improductives et inutiles que les droits de l'homme.

 

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Une vision des choses qui permet de pas mal simplifier la fonction de grand chef des relations extérieures.

Et de botter en touche dès qu'un petit malin vient poser de gênantes questions sur des amitiés peu démocratiques.

Une tactique très utile.

Notamment quand il s'agit de justifier la visite française en Chine.

Et l'absence de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme dans la glorieuse tournée sarkozyste.

"L'essentiel, c'est la Birmanie en fait de droits de l'Homme", a expliqué Bernie.

Avant de regretter que certains s'entêtent à voir les choses "par le petit bout de la lorgnette".

 

Compris, bande de moules ?

Il faudrait un peu élever votre vision stratégique.

Et arrêter de voir "les choses avec le petit bout de la lorgnette".

 

Si vous voulez, on peut même s'y entraîner un peu.

Vite fait.

Par exemple, cette photo, elle vous inspire quoi ?

 

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Mouarf… 

Qu'est-ce que vous en dites ?

Que vous n'êtes pas sûrs qu'elle voit la différence avec la Birmanie, cette femme mise à mort lors d'une séance d'éxécutions collectives ?

Oui, je ne suis pas convaincu non plus.

Mais qu'importe : Nanard fait la distinction.

Et il sait, lui, que les 1 000 à 8 000 personnes exécutées chaque année en République populaire, de même que les milliers de prisonniers politiques, ne suffisent pas à faire de ce pays un fossoyeur des droits de l'homme.

Tandis que la Birmanie…

La Birmanie, c'est le mal.

 

Ça commence à rentrer ?

Ok.

On va réessayer une fois, juste histoire de vérifier.

 

Prenons un pays au hasard.

Disons… la Russie.

Vous diriez quoi, du régime à Poutine.

Démocratie ?

Mouais…

Droits de l'homme ?

Mouais…

Respect du pluralisme politique ?

Mouais…

 

Et bien : vous avez encore tout faux.

Prié de dire si la Russie devenait une dictature, notre bon ministre des Affaires étrangères a répondu au micro de RTL : "Non, l’élection se fait. Il y a des partis d’opposition malmenés, c’est vrai, mais n’oublions pas d’où vient la Russie. La Russie il y a vingt ans était dans une situation de dictature vraie."

Un point de vue courageux qui devrait aller droit au coeur de tous les ceux qui tâtent des geôles russes parce qu'ils ont osé l'ouvrir.

Et de tous les Caucasiens qui font les frais d'une politique impérialiste usant joyeusement de la torture et des punitions les plus raffinées.

En Tchétchénie, par exemple.

 

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Je sais, je sais…

Ce n'est pas la même chose.

Ce ne sont là que menus amusements entre amis.

Qui ne relèvent pas de véritable atteintes aux droits de l'homme.

Tandis que la Birmanie…

La Birmanie, c'est le mal.

26/11/2007

Les insurgés de Villiers-le-Bel n'ont rien compris : Sarkozy n'est pas là, rien ne sert de s'enflammer.

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C'est pas pour dire, mais… 

Il y en a qui n'ont vraiment rien compris.

Et qui gâchent leur belle énergie dans des heurts improductifs.

S'évertuant en pure perte à courir, caillasser et affronter

 

C'est pas pour dire, mais…

Les Beauvéllisois (si, si… ça s'écrit bien comme ça) sont un rien con.

Tant leur petite manifestation nocturne n'a strictement aucune portée.

Et leur colère est bien malvenue.

 

Non que le coup de sang ne soit pas justifié.

Au contraire, même.

Et le camarade Fontenelle a bien raison de pointer l'incohérence de la version policière de l'accident.

Laquelle évoque un choc latéral causant la mort des deux adolescents.

Quand à l'évidence, la collision a été frontale.

 

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Et quand il semble évident que le véhicule de police n'a pu que percuter la mini-moto de plein fouet.

Le pare-choc avant et le pare-brise en affichant les stigmates.

 

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Bref, rien de plus logique à ce que les jeunes occuppent la rue.

Qu'ils dénoncent la lenteur des secours, pointée aussi par l'ouverture d'une enquête de l'IGPN

Et qu'ils s'insurgent contre ce qui ressemble bien à une bavure déguisée.

Juste une de plus sur le front des banlieues.

 

Mais là où les révoltés de Villiers-le-Bel font preuve d'un absolu manque de sens politique.

Et se plantent totalement.

C'est dans le timing.

Tant leur équipée nocturne a été menée au plus mauvais moment.

Celui où la majeure partie de l'exécutif sarkozyste (sept ministres et secrétaires d'Etat, moins Alain Delon…) est allée prendre l'air en Chine.

Voir si le fond de l'air n'y était pas plus favorable à la récolte de quelques menues piécette…

 

C'est pas pour dire, mais…

On se prend à rêver des magnifiques déclarations qu'auraient pu lancer nos glorieux dirigeants, s'ils avaient été dans le coin.

Nul doute que le petit piètre de la nation se serait rendu sur place.

Pour apostropher et provoquer un peu les jeunes.

Qu'il aurait su fustiger les auteurs de violences.

Prendre la défense de la police injustement soupçonnée.

Et promettre de faire toute la lumière sur les conditions du drame, tout en enterrant discrétement l'affaire.

 

Nul doute aussi que Fadela Amara en aurait profité pour déballer son cash-discours.

Promettre qu'il n'y aurait pas de tolérance pour les glandouilleurs-lanceurs-de-projectiles.

Et expliquer qu'il faut "arrêter de se la raconter".

Tant il est temps de mettre un peu d'ordre dans les cités.

 

Nul doute encore que Jean-Louis Borloo n'aurait pas été en reste.

Ancien ministre de la Ville qui avait été l'un des premiers à promettre un plan Marshall pour les banlieues.

Tandis que Rachida Dati aurait su fustiger le manque de respect de ces jeunes.

Et s'engager à ce que les révoltés soient châtiés comme il se doit.

 

Mais non…

Rien de tout ça.

Et on rate un magnifique grand barnum ministériel.

Tout ça parce que les Beauvéllisois n'ont pas été capable d'attendre quelques jours, le temps que la fière équipée gouvernementale rentre de son joli voyage chinois.

Avant de mettre le feu à leur cité.

Un rien dommage…

 

 (Edit à 15 h : pour ceux qui n'auraient pas compris ou débarquent par Goggle actualité : ironie-blague-humour désabusé-toussa-toussa…)

 

1) Photo Le Parisien / Olivier Corsan.

2) Photo AFP.

24/11/2007

La perfide Albion a encore frappé ! Enrôlé dans le fier combat anti-gréviste du Figaro, Charles Bremner, le correspondant du Times, dénonce une "espèce de guerre civile permanente"…

Et la guerre ? Et les forfanteries de la perfide Albion tournant en eau de boudin ? Farce ! Farce !" Gustave Flaubert,  correspondances.

 

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C'est plus fort qu'eux… 

Ils ne peuvent pas s'empêcher de nous balancer un coup de poignard dans le dos.

Juste comme ça, de temps en temps.

Histoire de nous rappeller une évidence : l'Anglais est fourbe, cruel et sournois.

Et il ne faut jamais lui tourner le dos quand il est en train de préparer du gigot à la menthe.

Ou de boire une cervoise tiède.

 

Une véritable tradition de félonerie et de coups tordus, donc.

Qui ne s'est jamais vraiment interrompue depuis Azincourt.

Quand les Anglais avaient brisé tous les codes de la chevalerie en même temps qu'ils achevaient les gentilhommes français à terre.

Il y eu ensuite Du Guesclin, battu par les Anglais.

Jeanne d'Arc, brûlée par les Anglais.

Et Napoléon, embastillé par les Anglais.

 

Bref, une longue liste d'avanies.

Dont la dernière en date n'est pas la moins dégoûtante.

Même si elle n'aura sans doute pas la portée historique de ce bûcher allumé un soir de mai 1431 à Rouen.

 

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Quoiqu'il existe quelques troublantes similitudes.

Dans le rôle des Bourguignons ?

Le Figaro, dont on aurait pu croire qu'il comptait en son sein assez de fiers anti-bolchéviques et de courageux casseurs de grève pour ne pas faire appel à des talents étrangers…

Dans le rôle des Anglais ?

Charles Bremner, correspondant du Times à Paris, invité à donner son avis sur le conflit social qui vient d'agiter la France.

Dans le rôle de Jeanne d'Arc ?

Les grévistes de l'Hexagone, déclarés relapses, apostases et irrécupérables tant ils ne pensent qu'à bloquer le pays sans aucun égard pour ces pauvres usagers courbant l'échine sur un quai de métro en attendant la prochaine prise en otage.

 

Il faut dire que Charles Bremner n'y va pas avec le dos de la cuillère.

Et qu'il profite à fond de l'invitation qui lui a été faite de "donner sa vision de journaliste anglo-saxon des grèves et des blocages dans les transports".

A tel point que papa Dassault a dû pousser de petits gémissements de plaisir satisfait.

En écoutant cet enregistrement audio.

Que Le Figaro.fr a joliment agrémenté de plans fixes d'usagers poirautant sur les quais du métro.

Et de grévistes à l'aspect redoutables.

 

 

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Ce que l'énième avatar de la perfide Albion dit ?

Rien de bien neuf.

Après s'être demandé comment "les Français supportent une telle pagaille", le correspondant du Times note que c'est "une tradition" en France de "prendre en otage toute une population pour une revendication extrêmement minoritaire et pas très justifiable".

Une tradition "de la contestation", poursuit-il notamment, "du conflit social, une espèce de guerre civile permanente entre l'Etat, les entreprises et la classe soi-disante ouvrière".

Oui : rien de moins…

"Une espèce de guerre civile permanente"…

 

Alors, dear Charles, my friend.

(Je peux vous appeler Charles, n'est-ce pas ?)

Il faut que je vous explique.

Il y a encore chez nous, malgré les attaques récemment portées par Sarkozy et sa clique, un reste de sentiment de solidarité.

Une vague notion du collectif.

Et une ardente volonté (pour certains) de protéger ce qui reste de notre modèle social.

Je comprends que cela vous soit aussi étranger que l'est pour nous cette facheuse habitude de fermer vos débits de boisson à 23 h.

Mais de là à appeller ça "guerre civile"…

 

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Et puis, vous savez quoi, darling ?

Dans cette lutte, dans cette résistance à l'instauration d'un modèle socio-économique libéral, il y a un pays qui nous sert de modèle.

De contre-exemple.

De parfaite incarnation de ce vers quoi nous ne voulons pas aller.

Oui : le vôtre.

Nous ne voulons pas subir ce rouleau-compresseur dérégulateur que vous a imposé la dame de fer.

Nous ne voulons pas d'une société où les inégalités ne cessent de se creuser.

Et où triomphe cet individu égoïste.

Assez fort pour s'imposer à la force du poignet. 

Ou voué à mener une vie misérable.

 

C'est cela, dear Charles, la différence fondamentale.

Nous sommes encore beaucoup à croire à la solidarité nationale.

A avoir cette conviction que l'Etat doit corriger les excès du système.

Protéger les faibles.

Et obliger les puissants à se montrer partageurs.

 

Et c'est cela aussi que vous devriez expliquer à vos lecteurs du Times.

Plutôt qu'apporter de l'eau au moulin du Figaro.

Une bonne idée, non ?

Oui.

Ça serait l'occasion de rattrapper un peu le coup, pour Jeanne d'Arc…

 

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Pour vous prouver que les Français sont moins rancuniers qu'ils ne sont contestataires, dear Charles, nous pourrons fêter ça en buvant un peu d'eau chaude avec un nuage de lait.

Et en savourant le spectacle de ces grévistes.

Qui font rien tant que bloquer le pays au nom d'idéaux d'un autre temps.  

Les saligauds…

23/11/2007

Florent Pagny profane le grand Jacques : on a les Brel(les) qu'on mérite.

 

Ça faisait longtemps.

Alors, je me suis dit : pourquoi pas un petit jeu des devinettes ?

(Hein, pourquoi pas ?)

Ça vous dit ?

Non ?

Pas grave : je m'en fiche.

 

Une question, donc : qui est-ce ?

 

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Vous l'avez reconnu ?

Gnnniiiihhhh…

Oui, c'est bien ggnnnnihhhhh…

(Désolé, j'ai un peu de mal à l'écrire.)

(Je vais essayer d'une traite, sans respirer.)

Ouic'estbienFlorentPagny.

Ouf…

 

Deuxième étape : celui-là, vous le situez ?

 

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Facile, je sais.

Jacques Brel, donc.

Le grand, le magnifique, l'unique.

 

Un couple étrange, hein ?  

Oui.

On pourrait se dire que le margoulin horripilant et le maître génial n'ont rien à faire ensemble.

Qu'il est indécent de citer leur nom de concert.

Et encore plus d'afficher leur trombine dans le même billet.

On pourrait…

 

Sauf que : non.

Parce que la tête de gondole de Leclerc vient de sortir un nouvel opus.

Oeuvre grandiose à laquelle il a donné le seul nom à même de traduire l'ampleur de son crime de lèse-majesté : Pagny chante Brel.

Un attentat à la mémoire que le butor n'a aucun scupule à justifier : "Ah, se rendre compte que ce type a fait la synthèse de tout ce qui peut m’obséder ! Même dans À mon dernier repas, quand il écrit combien ce serait bien de savoir s’arrêter avec le sourire, dans des conditions que l’on a presque orchestrées…", déclare-t-il au Figaro.

Sans déconner…

 

Je ne sais pas pour vous.

Mais après avoir lu ça, j'hésite entre la consternation.

Et la consternation.

(Si, si…)

 J'ai envie de crier que Pagny incarne tout ce que Brel n'avait de cesse de dénoncer, le mensonge, la compromission et la médiocrité.

De hurler que l'exilé fiscal, celui qui avait eu le culot de chanter Ma liberté de penser pour dénoncer le poids des impôts et justifier ses fraudes multiples, n'a pas le droit de reprendre Les Bourgeois.

De trépigner que l'on ne camoufle pas sa nullité musicale en pompant ce qui a été fait avant.

Et de m'insurger que le hérault du Top 50 puisse s'imaginer proche du grand Jacques.

 

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En même temps, il faut que je me rende à l'évidence.

On s'en fiche un peu de ce chanteur à la mie de pain.

Et il y a mille choses tellement plus importantes.

(Comme l'art du tombé de cheval, la nécessité de cryogéniser Paris Hilton ou l'analyse de la peinture squelettique de James Ensor… Eheh…)

Pour vous dire : je regrette déjà d'en avoir fait un billet.

 

Je vais donc juste tenter de retomber sur mes pattes en constatant que Florent Pagny est bien dans son époque.

Tant il s'intégre parfaitement à un air du temps poujadiste et égoïste.

Et que l'on a les Brel(les) que l'on mérite.

Tant cet album de reprise n'est qu'une (toute) petite pierre de plus à l'immense chantier actuellement en cours.

Celui des petites trahisons et des grandes confusions.

Des vessies pour des lanternes qui n'ont qu'un seul but : légitimer la médiocrité.

Qu'elle soit musicale.

Médiatique.

Ou politique.  

 

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Après tout, Pagny reprenant Brel, c'est un peu comme Sarkozy citant Jaurès.

Ou Ségolène se réclamant du socialisme.

Non ?

22/11/2007

Laurence Parisot sent venir la curée. Tapie dans un coin, toutes babines sorties, la hyène s'apprête à fondre sur ce qu'il reste du droit du travail.

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Vous avez vu ?

Oui : c'est une hyène.

(Bande de petits malins…)

 

Celle-ci n'a l'air de rien, avec son côté chien battu et sa démarche humiliée.

Mais il ne faut pas s'y fier.

Elle se ferait un plaisir de vous boulotter la main, si l'occasion se présentait.

Et vous dévorerait même les intestins, pour peu que vous vous laissiez faire.

"Bien qu'également charognard, la hyène est un redoutable chasseur en bande (…). Ses mâchoires puissantes lui permettent de broyer les os des animaux qu'elle dévore et de les avaler avec le reste de la carcasse", explique Wikipedia.

Qui précise aussi, se faisant lyrique : "De jour, les hyènes sont capables d'attaquer une femelle buffle, après avoir dévoré le petit qu'elle venait de mettre au monde. Essoufflée, (…) la femelle buffle n'a plus la force de courir, ni d'écarter, par des ruades, les bourreaux qui lui mordent les flancs et déchirent sa chair en lambeaux. Aux abois, exsangue, la femelle buffle tombe : bientôt, il n'en restera rien. Les hyènes dépèceront leur victime, se vautreront dans ses entrailles, se barbouilleront avec son sang."

Pas de la petite bière, hein ?

Oui : méfiance…

 

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Un qui ne s'est pas suffisamment méfié, c'est ce fier berger kenyan.

Intrépide, Moses Lekalau a bêtement cru pouvoir crier victoire après avoir repoussé les attaques d'un lion.

Triomphant de l'animal avec sa seule lance.

(Ce qui, il faut en convenir, est assez couillu.)

(Quand même…)

Mais le bougre n'a rien pu faire contre la bande de hyènes qui a pris le relais.

Et l'a laissé pour mort, après lui avoir déchiqueté les deux bras.

Et lui avoir rogné une partie du visage.

(Quand même…)

Bref : les hyènes sont quand même de sacrés pétasses.

Et il faut s'en garder comme de la peste.

 

Quoi ?

Ça vous en touche une sans bouger l'autre ?

Vous vous en fichez comme d'une guigne ?

Vous n'êtes pas venus ici pour vous fader une (mauvaise) resucée des documentaires animaliers de votre enfance ?

Soit…

 

Je vous comprends.

Sauf que…

Sauf que vous négligez un point essentiel.

L'air de rien.

C'est qu'il n'y a pas si loin de nos provinces tempérées aux sauvages plaines du Serengeti.

Et qu'ici aussi, les hyènes rodent, s'apprêtant à fondre sur leur proie.

Les ?

Enfin : une surtout, en particulier.

 

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Oui : Laurence Parisot.

Patronne du Medef qui se comporte comme une hyène de basse extraction.

Et s'embarrasse tellement peu de scrupules inutiles.

Qu'elle serait prête à dévorer le Code du travail séance tenante, si on lui en laissant l'occasion.

 Dévorer ?

Justement : la hyène Parisot a décidé que le moment était venu de s'attaquer à la durée légale du travail.

Et a adopté pour ce faire une simplissime tactique en trois temps, dite du charognard.

 

Un, je feins de me soucier des problèmes quotidiens des travailleurs ne réussissant pas à joindre les deux bouts.

(Ce qui ne manque pas de sel quand on sait que la bougresse est une adversaire acharnée de toute augmentation du Smic.)

"C'est vrai qu'il y a un problème de pouvoir d'achat (...), c'est un ressenti totalement objectif", a-t-elle lancé devant des journalistes.

En rebondissant sans aucun état d'âme sur la thématique du moment.

 

Deux, je noye le poisson.

"La vraie question n'est pas comment je contribue à ce qu'il y ait plus de pouvoir d'achat, mais comment je contribue à ce qu'il y ait plus de croissance", a poursuivi la diablesse.

Dit autrement : l'important n'est pas que les salariés soient mieux payés, mais que les chiffres d'affaire des entreprises continuent à grimper.  

 

Trois, je fonds sur ma proie, toutes babines retroussées.

"Je me demande s'il ne faut pas accepter de mettre sur la table la question de la suppression de la durée légale du travail", a ensuite feint de s'interroger l'ingénue.

Avant d'asséner le coup de grâce : "Ma préconisation, c'est de rendre les choses beaucoup plus simples en balayant tous ces mécanismes très complexes, et en revenant à la détermination du seuil de déclenchement des heures supplémentaires, branche par branche, ou entreprise par entreprise."

Soit le retour à des pratiques sociales d'un autre âge.

Quand les exploiteurs fixaient eux-mêmes la durée hedomadaire du labeur dû.

Et que les hommes se tuaient à la tâche pour des roupies de sansonnet.

 

Ne nous y trompons pas.

Si la hyène Parisot chasse à découvert.

C'est qu'elle a senti proche le moment de la curée.

Et qu'elle pense la proie à sa portée.

 

Mais…

Il y a juste un truc, Laurence.

Moi, j'ai retenu ta leçon.

Maintenant, je sais que le monde est une jungle.

Et je préfère te prévenir : si je t'ai au bout de mon viseur…

 

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… je tire.

 

 

Ps : voir aussi le billet de Republicae, On veut travailler tout le temps. Ou comment tout dire en une seule illustration.

21/11/2007

Les députés mettent (discrètement) à bas une taxe rétrogade : avec la suppression de l'impôt sur les opérations boursières, ces pauvres traders ne se sentent plus mal-aimés. Merci pour eux…

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Vous avez vu ça ?

Sacré style, hein ?

Oui : aspect décontracté et branché, coupe de champagne négligement portée, allure conquérante et désinvolte, costume bien coupé, réception de standing, un peu de gel dans les cheveux, toussa-toussa.

La classe.

 

Vous l'avez reconnu ?

Bien sûr que si : c'est un trader.

Un courtier en bourse.

Soit l'un de ces dynamiques jeunes gens manipulant les millions de ses clients pour le plus grand bonheur de leur portefeuille.

En théorie, du moins

 

Les ignares…

(Ne niez pas, je sais qu'il en passe ici, quelquefois)

Les ignares (donc) seront enchantés de savoir qu'il existe des signes infaillibles permettant de reconnaître un trader au premier coup d'oeil.

Indices qu'il convient ici de relever avec brieveté, sans prétendre à l'exaustivité.

- Le courtier est jeune : on ne fait pas de vieux os dans le métier. Passé la trentaine d'ailleurs, la plupart des courtiers changent de statut et deviennent rentiers.

- Le courtier a (comme tous les gens de son âge) soif de dévorer le monde, histoire de le transformer en actions, obligations et bons au porteur.

- le courtier engrange des sommes incroyables en effectuant sur les marchés des opérations spéculatives qui, dans la vraie vie, s'apparenteraient plutôt à du brigandage de grand chemin. Mais dans le monde de la finance, cela devient une façon respectable de gagner sa vie.

- le courtier se doit d'être jeune, élégant et dynamique (voir photo infra). Ce qui a pu faire dire à beaucoup (à tort évidemment) que le trader était un acteur hollywoodien raté.

- le courtier n'a pas de morale, non plus que de vie de famille. Il passe sa vie devant son ordinateur et place sa foi dans le marché. Hors de ceux-ci, point de salut.

- le courtier aime les signes extérieurs de richesse : coke, costumes de prix, carte American Express platine et voitures de luxe sont les béquilles psychologiques de tout trader qui se respecte. Ce qui, en ces temps de places boursières florissantes, peut poser quelques problèmes d'approvisionnement : à Londres, la liste d'attente pour une Rolls Royce est désormais de cinq ans, à cause des bonus extraordinaires récoltés récemment par le monde de la finance.  

- le courtier travaille uniquement vêtu d'une chemise blanche (voir photo supra).

 

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Pourquoi je vous parle de tout ça ?

Euh… disons…

Parce que c'est intéressant ?

Non.

Parce que connaître les us et coutumes des traders a un quelconque intérêt ethnologique ?

Non plus.

(Ceux qui auraient soif de connaissances en ce domaine sont vivement encouragés à se reporter sur l'excellentissime American Pyscho de Bret Easton Ellis)

Parce que je fantasme sur les dynamiques golden boys ?

Encore moins.

 

Non, si j'évoque les traders, c'est pour pousser un cocorico.

Et pour me féliciter, en votre compagnie, de ce que la France se décide enfin à ratrapper son retard dans un domaine ou les places financières anglo-saxonnes font la loi depuis trop longtemps.

Tant Londres et New-York donnent le "la" de l'élégance financière.

Imposent les références de la profession.

Et fixent le cours du gramme de cocaïne.

 

Bref : notre nation était à la traîne.

Et les traders français s'expatriaient vers des territoires plus accueillants.

Où les bolchéviques ne pèsent pas de tout leur poids malsain.

Et où ils ne font pas rien tant qu'inventer des lois et des impôts rétrogades pour réguler la spéculation financière.

Beurk…

 

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Mais vous savez quoi ?

C'est fini !

Grâce en soit rendue à une dizaine de députés assez clairvoyants pour voter la suppression de l'impôt sur les opérations boursières dans la nuit de vendredi à samedi derniers.

Un impôt qui taxait (depuis 1893) à hauteur de 0,3% les opérations supérieures à 7 668 euros.

Rapportait chaque année un peu plus de 200 millions d'euros à l'Etat.

(Ce qui, en passant, est pile-poil le montant des économies attendues de la réforme des régimes de retraite…)

Et (surtout) brisait net la compétitivité de la place financière parisienne.

Gênant son développement international mieux que ne l'auraient fait tout un paquet de boulets attachés aux chevilles des sémillants traders.

 

Vous n'en croyez rien ?

Vous persiflez ?

Vous criez au scandale en pointant un nouveau cadeau fiscal fait à des gens qui n'en avaient nul besoin ?

Bande de moules…

Ce n'est pas ça du tout.

La preuve : "Le gouvernement est favorable (à la suppression) pour des raisons de compétitivité de la place de Paris. Cet impôt sur les opérations boursières rend la place de Paris peu compétitive, ce qui amène les transactions à se délocaliser", a expliqué le ministre du Budget, Eric Woerth.

"Le maintien de cet impôt, qui n'est applicable qu'aux opérations réalisées par des intermédiaires établis en France, crée à leur détriment une très grave distorsion concurrentielle par rapport à leurs concurrents étrangers", ont braillé de concert les auteurs de l'amendement, Gilles Carrez et Yves Censi.

Lesquels ont expliqué agir au nom de "la défense de l'industrie financière".

Compris ?

 

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Il y en a qui ne s'y sont pas trompés.

Et les responsables des marchés financiers n'ont pas tardé à dire toute leur satisfaction de voir supprimé un impôt aussi néfaste.

"Cette mesure (…) constitue un geste tangible et souligne la volonté des Pouvoirs publics de prendre des mesures concrètes en faveur de la compétitivité de la place financière de Paris", a gémi de contentement le président de Paris Europlace, Gérard Mestrallet.

Avant d'inviter le gouvernement à poursuivre son effort.

En "améliorant l'environnement réglementaire et fiscal pour les entreprises financières".

Et en faisant "de Paris une place plus ouverte au plan international, capable d'attirer les talents internationaux".

Les talents internationaux ?

Je vous avais bien dit qu'on parlerait des traders…

Bienvenue chez nous, les gars.

 

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20/11/2007

Les pique-niques organisés par les salopards se multiplient : l'époque épique vire au glauque.

"Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'histoire est la leçon la plus importante que l'histoire nous enseigne"   Aldous Huxley.

 

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C'est comme un refrain.

Une petite chanson entêtante qui se ferait entendre de plus en plus souvent.

Des notes éparses, un peu partout en Europe.

Sur une mélodie que l'on croyait disparue depuis longtemps.

 

C'est vrai : la composition, pour peu qu'elle existe, reste très vague.

Tout juste parvient-on à discerner quelques étranges envolées par ci.

Quelques autres par là.

Laissant ce désagréable sentiment que l'histoire piétine.

Que ses leçons sont peu à peu oubliées.

Et que ses enseignements ne valent pas une roupie de sansonnet.

  

Il y a d'abord ces anciens dignitaires de la Stasi.

Rouages essentiels d'un régime de la terreur.

Dirigeants aux mains pleines de sang.

Et fossoyeurs des libertés d'un peuple.

Qui se sont poussés du coude lors d'un conférence de recherche organisée au Danemark.

Clamant à qui mieux-mieux qu'ils ont d'abord "oeuvré pour la paix".

Et cherchant à justifier leur sale petit travail lors d'un colloque organisé pour "permettre une confrontation de vues entre experts et anciens de la Stasi, mais (qui) a viré au panégyrique de l'ex-police secrète", selon l'AFP.

 

Et j'ai beau me dire que ces 60 anciens responsables sont d'abord de vieils hommes effrayés par leur mort prochaine.

Pathétiques vermisseau en fin de course qui voient venir avec effroi le moment où ils ne pourront plus rendre des comptes devant leurs soi-disants frère humains.

Ça ne me console pas tellement.

Tant cette indécence vis-à-vis du passé est inquiétante.

 

Plus au Sud, il y a aussi ces nostalgiques de l'ordre franquiste.

Admirateurs de Primo de Rivera et membres de la Phalange.

Qui se sont retrouvés à près d'un millier pour un dernier bras levé collectif.

 

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Vaste démonstration de force de bas-du-front inquiets de savoir que la loi espagnole leur interdira désormais toute manifestation d'ampleur de ce genre.  

Mais surtout preuve éclatante qu'on en aura jamais fini avec les amoureux de l'ordre nouveau.

Tant ceux-ci ne cessent de sortir du bois.

Et étalent sans honte leur engagement dégueulasse.

Forts du soutien d'une église qui a récemment béatifié en grande pompe 498 de leurs comparses.

Et a rendu hommage à ces prétendus "martyrs des persécutions religieuses".

 

Alors… 

Je vous vois venir.

Vous allez me dire que l'ultime tentative de justification des dignitaires de la Stasi et le grand raout des nostalgiques de la Phalange n'ont pas grand chose à voir.

Vous avez raison.

 

Mais quand même…

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Je ne peux m'empêcher de penser que les deux sont liés.

Que le pire commence quand, un peu partout, les plus indécents des pantins peuvent pousser leur sale petite chansonnette sans se gêner.

Et que c'est le même climat.

Le même ordre mouvant des choses.

Qui permet à Sarkozy d'entonner depuis six mois son petit refrain pétainiste.

Sans que la plupart ne lèvent le petit doigt.

 

 

(*) Photo AP.

 

 
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